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En Chine, une nouvelle Ponzi immobilière? Chengcheng Zhaofang.

En Chine, une nouvelle Ponzi immobilière? Chengcheng Zhaofang.

Une étoile filante âgée de trois ans

Crée en 2017, Chengcheng Real Estate Management Co., Ltd.  城城找房 est rapidement passée en tête des agence immobilières en Chine. En décembre 2019, la société était présente dans 25 villes dont Xi’an, Pékin, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, Hangzhou, etc., avec 4000 employés, plus de 30000 unités de logement sous gestion, servant plus de 100 000 clients. Le principe est celui d’une agence immobilière tout ce qu’il y a de plus classique, prélevant 18% du loyer en commission.

En janvier 2020, Chengcheng Zhaofang a été officiellement côté à la Bourse de NY, amorçant ainsi une expansion internationale afin de devenir, selon les mots de son fondateur Hao Fei 郝菲, la plus grande agence immobilière du monde.

Hao Fei, cofondatrice et CEO de l’agence de gestion immobilière

Depuis quelques semaines, de nombreux messages en provenance de différentes villes indiquent cependant que la plateforme de gestion immobilière est en grande difficulté! Des locataires, après avoir payé une ou plusieurs années d’avance, se retrouvent mis en demeure de quitter leur logement par leur propriétaires qui ne reçoivent plus le loyer mensuel que doit leur verser l’agence. Les cas se sont multipliés en octobre, en particulier à Changshan.

Le 03 novembre, un journaliste s’est rendu  dans les locaux de la succursale locale, pour les découvrir fermé. la société avait déjà rendu les clefs du bâtiment. Un ancien salarié de Chengcheng (Changshan) interrogé par le journaliste témoigne ne pas avoir été payé depuis des mois. Selon lui, la direction ne donne plus de nouvelle depuis le 20 octobre.

Les portes du bureau de Changshan sont clos.

Dans une lettre d’excuse du même jour, le QG central de l’entreprise a déclaré qu’elle éprouve actuellement des problèmes de cash flow.

Le quotidien The Paper nous apprend que le 11 novembre 2020, la succursale de Jinan a également fermé ses portes, mettant en difficulté environ 2000 clients.  Le média de référence titre son article: l’effondrement de Chengcheng Zhaofang.

L’affaire reste encore en suspens. Elle témoigne néanmoins du grand déficit de supervision financière étatique et/ou de corruption en Chine.

 

Same old Story

Les Ponzi, très fréquentes en Chine, ne font souvent l’actualité que dans les médias les plus souterrains ou sur les réseaux sociaux. Une des raisons pour lesquels les médias de masse n’en font que peu mention a peut-être à voir avec les revenus qu’en tirent de nombreux membres du Parti communiste chinois. Par exemple, la pyramide de la plateforme de prêt en ligne Phoenix Finance 凤凰金融, soutenue par le très officiel média Phenix TV, s’est effondrée au début de cette année, laissant 70000 prêteurs (pour environ 1,2 milliards d’euros) le bec dans l’eau.

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Les répercussions médiatiques furent très faibles. Il est par conséquent difficile de se faire une idée réelle de l’ampleur et de la fréquence de ces arnaques en Chine. Malgré tout, il reste certain (1) qu’elles se répètent à des fréquences anormalement hautes depuis une dizaine d’année, en comparaison avec le reste du monde développé; (2) qu’elles prennent parfois des ampleurs de nature à provoquer des manifestations nationales (Voir le cas de la plateforme eZuBao e租宝); (3) qu’un certain nombre d’actions prenant la forme de pyramides de Ponzi sont soutenues par les autorités officielles de provinces entières, voire parfois promues par les médias d’Etat (voir le cas de Fanya Metal Exchange 泛亚有色金属交易所).

2015-2016, de nombreuses manifestations ont éclaté en Chine à la suite de l’effondrement de la plateforme d’échange de métaux précieux Fanya

 

 

 


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