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Passe Muraille n°67 – semaine du 15 juin

Passe Muraille n°67 – semaine du 15 juin

Editorial

Pas de commentaires particuliers cette semaine, allons droit au but.

Nous remercions Quentin Genaille, qui rédige la partie “relations sino-européennes” et Clémence de Gail pour la relecture.

Bonne lecture,

Pierre, rédacteur du Passe Muraille

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Affaires intérieures

L'essentiel

Foyer de Xinfadi

Le foyer de contagion de COVID-19 détecté à Pékin dans le marché alimentaire de Xinfadi la semaine dernière est finalement déclaré “sous contrôle” par les autorités, mais non sans débats. Le foyer concerne pour l’instant plus de 200 cas confirmés, dont 22 nouveaux cas confirmés le 20 juin. Le marché de Xinfadi est l’un des plus important de la capitale, avec une superficie de près d’un million de mètres carrés et un débit annuel de près de 17 million de tonnes de produits alimentaires. Aux mesures drastiques prises par la municipalité pékinoise (suspension des vols, réinstauration d’une limitation des déplacements et confinement de certains quartiers) s’est ajouté une campagne de test massive et une “traque” des personnes s’étant rendues sur le marché. Pour donner une idée de l’ampleur des tests, Caixin rapporte que le nombre de tests quotidien est passé de 8000 à près de 500.000 en une semaine, avec un total de plus de 2 millions de personnes testées. Les tests ont mobilisé près de 7000 personnes répartis dans plus de 400 lieux de tests. Ces chiffres donnent une idée de la mobilisation mise en place par Pékin pour contrôler l’épidémie. La mobilisation s’est aussi portée sur le terrain informationnel, puisque que 9 personnes ont été arrêtées pour avoir répandu des rumeurs.

Toutefois, Caixin rapporte également que le foyer de contagion se serait déjà étendu à d’autres villes proches de Pékin. En effet, qui dit marché agricole dit déplacements et mouvements de population importants. Ainsi, 21 cas liés au foyer de Xinfadi ont été recensés dans le pays, certains jusqu’à la province Sichuan, à près de 3000 km de la capitale. A cet égard, un journaliste faisait remarquer sur Twitter à quel point les pékinois sont privilégiés. Nous avions déjà évoqué les discriminations subies par les personnes de Wuhan et du Hubei en déplacement dans le reste de la Chine, stigmatisées comme “malades” et “infectées”. Dans le cas des pékinois, la municipalité fait pression sur les autres provinces pour qu’elles n’interdisent pas aux pékinois de venir dans celles-ci.

Dès le 18 juin, les autorités ont déclaré que le foyer était contrôlé dans la capitale, avec un impact minime sur les habitudes des habitants (transports fonctionnant à 80 ou 90% de leurs capacité). Les experts appellent tout de même à la prudence et à ne pas relâcher les mesures de sécurité.

Loi sur la sécurité nationale - Hong Kong

C’était l’une des principales informations des deux sessions tenues il y a juste un mois. L’Assemblée Nationale du Peuple avait alors dévoilé une résolution par laquelle le Comité Permanent de cette assemblée s’apprêtait à rédiger et imposer une loi sur la sécurité nationale à la région autonome spéciale de Hong Kong. Samedi 20 juin, Xinhua a donné des détails sur le projet de loi. Il ne s’agit toujours pas du projet de loi complet mais d’un résumé fait par l’agence de presse officielle après une réunion du comité permanent de l’ANP. Parmi les principales informations dévoilées et inquiétants relevés par les observateurs, la loi donnera à Pékin la possibilité d’instruire et de juger des affaires liées à la sécurité nationale, elle établira un procureur spécial pour les affaires liées à la sécurité nationale, qui aura une capacité de “collecter des renseignements et informations”. Surtout, en cas de conflits entre la Basic Law et la présente loi sur la sécurité nationale, le comité permanent de l’assemblée nationale du peuple aura pouvoir d’interprétation. Notons que la loi n’est pas encore votée : comme le note Sebastian Veg, il faut en moyenne deux à trois lectures pour que le comité permanent valide et vote une loi. Le comité permanent pourrait donc se réunir à nouveau dans les prochaines semaines pour passer la loi rapidement : l’objectif est qu’elle entre en vigueur avant les élections législatives de septembre qui pourraient donner une majorité au camp pro-démocratique. Or, le “Basic Law Comittee” devrait se réunir d’ici là pour valider la loi et vérifier son adéquation avec la loi fondamentale de Hong Kong. Il est possible que Pékin s’assoie complètement sur cette procédure ou que le comité, mis sous pression, donne un blanc seing à Pékin. Réponse dans les prochaines semaines.

Brèves

Marxisme du 21e siècle

A l’occasion de l’anniversaire de Xi Jinping, le 15 juin, un article publié dans le Study Times (un magazine lié à l’école centrale du PCC) fait l’éloge de la pensée socialiste de Xi Jinping comme le marxisme du 21e siècle. Un tel texte a fait sourire certains ou s’interroger sur la flagornerie de certains fonctionnaires. L’auteur, He Yiting (何毅亭) n’en est pas à son coup d’essai. Directeur adjoint de l’Ecole du Parti, et d’un centre de recherche dédié à la pensée de Xi Jinping, il est un important promoteur de “l’idéologie” du président chinois. En 2018, il avait déjà signé un article dans Qiushi sur le même sujet.  Le ChinaMediaProject propose une belle contextualisation des faits et de la signification de cette “élévation” de la pensée de Xi Jinping au rang de “marxisme du 21e siècle”. Un signal certain du renforcement du culte de la personnalité et du pouvoir personnel de Xi au sein du Parti.

Economie

L'essentiel

E-commerce : la guerre des prix reprend

Si certains pans de l’économie chinoise sont fermés aux concurrents étrangers, ils ne sont pas pour autant dénués de compétition. Dans le domaine du e-commerce, la compétition est même acharnée. Ainsi, à l’occasion du “festival de la consommation du 18 juin” (618 – l’un des deux “festivals” créés de toute pièce par les géants du e-commerce pour booster leurs ventes à coup de réductions), Jingdong (JD), Alibaba, Pinduoduo et Suning se sont lancés dans une course aux promotions. 618 est une “création” de Jingdong qui avait lancé cet événement depuis 2010. Cette année, l’événement est d’autant plus important pour les vendeurs qui y voient un moyen de rattraper leur manque à gagner dû à l’épidémie de COVID-19. Les géants du e-commerce chinois espèrent donc provoquer une surconsommation temporaire à coup de promotions – et donc de subventions pour les vendeurs. Pinduoduo, Jingdong et Suning sont particulièrement agressifs dans ce domaine : le but étant de vendre les produits le moins chers possible pour attirer les consommateurs, Suning ayant même annoncé que ses prix seraient 10% chers que ceux de JD. Cette année est aussi une année charnière, dans la mesure où la vente par livestreaming ou via des applications de vidéos courtes a explosé (sur Douyin ou Kuaishou en particulier). Ainsi, selon Yi’ou, la rumeur court que Bytedance (détenant Douyin et Tiktok) serait en passe d’abandonner son partenariat avec Alibaba pour proposer son propre service de e-commerce, commun à Douyin mais aussi à Xigua video (service à mi chemin entre Youtube et de la vidéo à la demande).

Brèves

Relancer l’économie du Hubei

Ying Yong (应勇), nommé secrétaire général de la province du Hubei durant la crise du COVID-19 s’est entretenu dans la semaine avec les représentants de plusieurs groupes industriels chinois. Le Hubei est en effet une région économique importante pour l’industrie automobile, militaire mais aussi dans les hautes technologies. Parmi les représentants notables, Lei Jun (雷军), PDG de Xiaomi, a annoncé la construction d’un second siège dans le Hubei et un renforcement de sa présence dans la province. Zhao Weiguo (赵伟国) est quant à lui président directeur général de Tsinghua Unigroup. Il a également annoncé un renforcement de la présence du groupe au Hubei, en profitant notamment “du support du gouvernement central” et en s’inscrivant dans le projet national de “base nationale pour la mémoire vive” (国家存储器基地) localisé dans la province.

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Industries et Technologies

L'essentiel

Semiconducteurs

Du côté de l’épopée chinoise vers l’indépendance dans la production de semi-conducteurs, Yi’ou se penche sur les mesures exceptionnelles prises par les fabricants. Dans l’article de cette semaine, ce sont les fabricants de “wafers” (les plaques de silicones sur lesquelles sont gravés les circuits intégrés) et les possibilités de substituer les importations chinoises avec une production nationale. En effet, alors que la Chine importe près de 54% des microprocesseurs produits dans le monde, son industrie est aussi dépendante de l’étranger en ce qui concerne les wafers, notamment ceux de 12 pouces (300 mm), qui constituent aujourd’hui près de 60% du marché. Parmi les entreprises qui reçoivent un soutien massif du gouvernement chinois : Shanghai Xinsheng (上海新昇), seule entreprise chinoise capable de produire en masse des “wafers” d’une taille de 12 pouces (300 mm). Entreprise stratégique, Shanghai Xinsheng participe à des projets nationaux comme la construction de “centre de productions d’équipements [pour l’industrie] et est soutenu par l’entreprise d’Etat “National Silicon Group” (沪硅产业) qui est présente au capital. D’autres acteurs luttantpour l’amélioration des wafers chinois sont les entreprises issues de la filière photovoltaïque, dont “Tianjin Zhonghuan Semiconductor Joint-Stock Co, Ltd”  (中环股份), qui utilisent également les cristaux de silicones, bien qu’avec une pureté inférieure.

Développer une industrie nationale de wafers coûte cher, très cher. Tout comme les fonderies de microprocesseurs, dont la construction peut facilement atteindre plusieurs milliards de dollars, la production des wafers est complexe et requiert une accumulation technologique. Aujourd’hui, les projets les plus prometteurs sont ceux menés par Shanghai Xinsheng, fondée par Zhang Rujing (rival de Zhang Zhongmou, fondateur de TSMC). Comme le précise Yi’ou, la stratégie a été simple : un recrutement agressif de “talents” étrangers et des investissements d’Etat quasi illimités. Selon l’article toutefois, la qualité des wafers produits n’était pas toujours au rendez vous, témoignant de la complexité de ces technologies. Toujours d’après Yi’ou, sur les 1.000.000 de wafers en 12 pouces produits par le National Silicon Group, seulement 75.000 ont été utilisables pour la production de microprocesseurs. Une performance qui a fait perdre plus d’un milliard de RMB à l’entreprise. D’autres projets d’usines de wafers semblent avoir été mis en pause voire abandonnés, comme celui de “Chengdu Super Silicon Semiconductor Project” (成都超硅半导体项目). La longue marche vers l’indépendance en matière de wafer n’est donc pas près de s’achever.

Un autre article a attiré notre attention, sur le recrutement de talents dans la filière des semi conducteurs chinois. L’article se base sur plusieurs interviews d’étudiants ou “d’insiders” de la filière, et présente une situationcontrastée. D’une part les étudiants en micro électroniques sont courtisés par les entreprises, en particulier Hisilicon, ZTE, Cambricon, la filiale processeurs d’Alibaba, etc. Un étudiant ayant reçu plusieurs offres a choisi ZTE : 250.000 RMB par ans -(31.000€ par an), soit un (très) bon salaire en Chine avec une garantie de ne pas faire d’heures supplémentaires. 250.000 RMB est en effet un bon salaire, mais Cambricon propose près de 300.000 RMB (37.000€) par ans pour un étudiant finissant un master . Les étudiants notent également une simplification drastique des méthodes de recrutement, où un simple test et un entretien suffisent alors qu’il fallait autrefois plusieurs “round” d’interviews.

Mais la situation n’est pas si  rose : certains pensent que ces embauches massives sont le prélude à un hiver de la filière déclenché par “l’incident ZTE” (les sanctions américaines contre ZTE en 2018, coup de semonce qui a mené à la mobilisation chinoise vers l’indépendance technologique). En effet, la poursuite de l’indépendance a amené les entreprises à modifier les horaires et à imposer des conditions de travail pénibles aux employés. Une personne explique qu’après la suspension par ARM de la licence vendue à Huawei, les ingénieurs qui ont revu l’architecture des processeurs Kirins ont vu leur charge de travail exploser. La pression était telle qu’au centre R&D de Chengdu, une ambulance était en permanence stationnée devant les bureaux et une équipe médicale suivait en permanence les ingénieurs.

Une autre inquiétude est celle liée au coût d’acquisition de nouveaux talents par rapport aux bénéfices immédiats. En effet, un étudiant recruté après ses études nécessitent encore 3 ans de formation au sein de l’entreprise pour atteindre un niveau “décent”. Ce délai est “normal” dans l’industrie, expliquent les personnes interrogées, mais influence  nécessairement les plans de recrutement. Les entreprises ont le choix entre recruter plusieurs diplômés qui seront moins chers mais peu efficaces pendant trois ans, ou bien choisir deux ou trois personnes avec 2 à 3 ans d’expériences qui coûtent le double d’un diplômé (environ 500.000 RMB par ans) ou encore une personne avec plus de cinq ans d’expérience dont les prétentions salariales commencent à partir de 800.000 RMB par ans. Par conséquent, les entreprises font face à des choix difficiles. Ce qui entraîne certains observateurs à se demander si cette période d’embauche massive n’est pas temporaire, en d’autres termes : les embauches supplémentaires de cette année sont des embauches en moins les années suivantes.

Affaires extérieures

L'essentiel

Chine - Europe

Par Quentin Genaille

Vendredi, les députés européens ont voté, à une large majorité, une résolution autorisant l’UE à saisir la Cour internationale de justice si Pékin devait renforcer encore son contrôle dans le cadre de sa politique de sécurité à Hong Kong. Le vote du texte, qui demande également au Service européen d’action extérieure (SEAE) de protéger les intérêts de la région, a eu lieu après que Josep Borrell s’est adressé au Parlement jeudi. Celui-ci a concédé que les tensions avec la Chine grandissaient et rappelé que l’UE devait approcher le problème de manière indépendante et selon un modèle multilatéral, sous-entendu, différemment des États-Unis. Il a également avoué que la loi de sécurité à Hong Kong n’était “pas conforme” aux accords internationaux, allant à l’encontre des arguments chinois martelés depuis quelques semaines.

Le Parlement européen, qui a traditionnellement une approche plutôt critique de la Chine (les députés européens se sont récemment fait particulièrement entendre sur la question ouïghoure), s’est vu accusé d’ingérence par la représentation chinoise à Bruxelles et de non-respect du droit international par le bureau hongkongais du MAE chinois. Le porte-parole de la Commission des affaires étrangères du Congrès national du PCC, You Wenze, s’est également opposé à une initiative basée sur des faits “infondés”.

Plus tôt dans la semaine, Borrell avait déjà fait part de ses craintes vis-à-vis de la participation chinoise dans des campagnes de désinformation sur la COVID-19, allant jusqu’à accuser la Chine de se présenter comme “un meilleur système”, au-delà de ce qu’il évoque comme les limites raisonnables de la propagande. En effet, d’un côté le PCC perpétue sa stratégie de multilatéralisme sélectif en organisant, par exemple, une vidéoconférence sur les nouvelles routes de la soie de la santé à laquelle étaient conviés plusieurs pays du projet 17+1 (Grèce, Hongrie ont participé mais pas l’Italie); de l’autre, certains médias chinois continuent de diffuser la théorie d’une éventuelle origine européenne du virus, parfois de manière implicite, parfois en visant directement certains pays comme la République tchèque avec qui les tensions diplomatiques se sont envenimées ces derniers mois.

Si le SEAE se voit proactif dans la discréditation de fake news, il est toutefois lui-même soupçonné par certains députés européens de masquer des informations concernant le(s) rapport(s) sur la désinformation qui auraient été allégés suite aux pressions de Pékin. Dans un premier temps, Borrell avait nié les pressions puis admis que la Chine s’était manifestée après la fuite du document, tout en affirmant que son service n’avait pas flanché. Finalement, cette semaine, une analyste tchèque travaillant à la communication stratégique est devenue le visage de la débâcle, remerciée car accusée d’avoir (peut-être de manière préméditée) fait fuiter l’email dans lequel elle dénonçait “l’auto-censure” de ses collègues.

Si le front diplomatique est marqué par des faiblesses et une certaine schizophrénie, il semble que l’UE ait malgré tout pris les devants sur le plan économique. Alors que l’Europe devrait continuer de prioriser les États-Unis, qui restent le plus grand importateur de produits européens, la Commission européenne a présenté un outil de lutte contre les subventions étrangères frauduleuses ou injuste, visant tout particulièrement la Chine et ses entreprises dopées aux subventions d’État. Suivie d’une consultation publique, la mise en place d’un tel mécanisme impliquera notamment une supervision systématique des investissements étrangers à destination du marché unique et des acquisitions à plus de 35% par des acteurs étrangers. L’outil, qui sera agrémenté d’un système punitif, a fait réagir la mission chinoise à Bruxelles qui a émis ses craintes et s’est justifiée en se démarquant des “pays développés” occidentaux.

En outre, cette semaine, la Chine a perdu une bataille à l’Organisation mondiale du commerce, l’UE refusant depuis 2016 d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché. Ainsi, non seulement l’OMC maintient le statu quo en terme de pénalités sur ses exportations, mais la nouvelle fait également écho au règlement entré en vigueur le 12 juin sur les importations de fibre de verre depuis l’Égypte qui est vu par certains observateurs comme un pied-de-nez de l’Europe inédit aux nouvelles routes de la soie. La Chine ayant massivement investi dans cette industrie en Égypte, l’UE y aurait vu, après enquête, un contournement des tarifs européens sur les investissements directs chinois.

Alors que la bataille fait rage, entre récits, systèmes et intérêts économiques, un sondage mondial montre que la réponse de la Chine face au virus est globalement considérée meilleure que celle des États-Unis. Selon l’enquête, la Chine est aussi le pays où cette réponse est la mieux perçue par ses ressortissants (95% d’opinion positive).

Affaires militaires

L'essentiel

Confrontation sino-indienne

Alors que les parties indiennes et chinoises avaient signé un accord de désescalade et de repli de la ligne de contrôle le 6 juin, une confrontation a eu lieu le 15 juin entre les troupes chinoises et indiennes dans la vallée de Galwan. Les deux parties ont déploré des morts et des blessés, avec au minimum 20 morts côté indien. La Chine a pour habitude de ne pas communiquer les chiffres de ses pertes humaines lors d’un conflit. Plutôt que de répéter ce qui a déjà été dit sur ce sujet, nous souhaitons plutôt vous renvoyer vers l’excellente synthèse de Mathieu Duchâtel et Christophe Jaffrelot (Institut Montaigne) ou encore un article de Yun Sun dans Warontherocks, qui présente les événements du point de vue de Pékin. Pour le détail du déroulement des événements, nous recommandons l’article de Shiv Aroor, dans IndiaToday. Là où nous apportons une “plus-value” c’est sur le traitement de ces événements à l’intérieur du Grand Pare-feu. La première chose à souligner est le peu d’information sur le sujet dans la presse sinophone. Les principaux articles sont des reprises et commentaires des communiqués du ministère des affaires étrangères chinois (qui accusent l’Inde de provocation et rejette la faute de la confrontation sur l’armée indienne). Le sujet suscite pourtant de l’intérêt, comme le montre Weibo, où le hashtag “Conflits à la frontière sino-indienne” (#中印边境冲突#) a atteint près d’1.8 milliards de vues cumulées depuis l’incident. La plupart des messages commentent l’événement avec le prisme chinois relayé par le ministère, auquel s’ajoute une bonne dose de nationalisme : les internautes,au premier rang desquels les dibas, se moquent fortement de l’Inde et de la défaite qu’elle vient de subir. Les “analystes” ou experts grand public comme Zhang Shaozhong (张绍忠) reprennent également la ligne officielle et indiquent qu’il s’agit d’une démonstration de la puissance chinoise. Les médias chinois abondent également d’image d’exercices militaires (CCTV) repris par le Global Times sur Twitter, tandis que des internautes filmaient (à confirmer) des véhicules militaires en route pour la frontière.

Brèves

Régulations sur les académies militaires

Mardi 16 juin, le président Xi Jinping a signé de nouvelles régulations sur l’enseignement dans les académies militaires. D’après le résumé publié dans le Quotidien du Peuple, les nouvelles réglementations visent à standardiser certains enseignements, tant sur le plan militaire que politique et régulent également différentes pratiques dans les universités militaires.

Régulations sur les académies militaires

Le CSIS a publié mardi 16 juin une étude sur le réseau de senseurs chinois déployés à proximité de Hainan, tant sur terre qu’en mer. La publication du CSIS explique que ces capteurs, s’ils ont officiellement une fonction de surveillance météorologique, sont utilisés pour accroître la couverture radar chinoise en mer de Chine du Sud et améliorer sa capacité à recueillir l’information dans cette vaste région contestée.

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