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Ces jeunes qui veulent s’enfuir de leur banque !

Ces jeunes qui veulent s’enfuir de leur banque !

Pour la génération post 1995, le monde du travail a des recoins pénibles. C’est particulièrement frappant pour les jeunes qui ont travaillé à la banque. La majorité d’entre eux ont passé de longues séries d’examens pour y parvenir. Ils avaient des rêves de prestige et de fortune en tête. Pourtant, à l’arrivée, tous rencontrent les mêmes problèmes : KPI inatteignables, salaires bas ou en baisse, voies de promotions bouchées et travail ennuyeux. Nombreux sont ceux qui attendent désespérément de démissionner.

Conditions d’entrée plus difficile

Les grandes banques recrutent dans les plus grandes universités. Le processus de recrutement des banques est toujours le même : une candidature sur Internet, puis examen écrit et un entretien.

Les candidats dépensent souvent beaucoup d’argent pendant la phase de préparation car ils ont besoin de circuler entre toutes les villes pour passer des entretiens d’embauche. Certain ont payés des formations dans leurs établissements d’enseignement pour obtenir le job. Il faut dire que les tests des grandes banques sont d’une difficulté drastique. Un étudiant postulant à la Banque de Chine (09/20) témoigne: “j’ai l’impression qu’ils recrutent des académiciens de réserve de l’Académie chinoise des sciences.” La concurrence est intense, la sélection aussi: seul 1-13ème des candidats, en moyenne, est retenu chaque année. Autant dire que la pression est à son comble pour ceux qui désire décrocher ce saint-Graal.

KPI élevé, salaire stagnant

La génération de nos parents pense qu’un travail à la banque est stable, bien rémunéré et décent. Il reste encore quelque chose de cette légende dorée, selon laquelle la banque est un « bol de riz d’or », par contraste avec le « bol de riz de fer » des entreprises publiques ordinaires. C’était peut-être vrai il y a 20 ans. Mais les temps ont changé.

Le secteur bancaire s’est développé rapidement de 2003 à 2013. Ensuite, avec la démocratisation des produits financiers, une grande quantité de gens se sont mis à utiliser des services de banques en ligne. Le 23 septembre 2020, PricewaterhouseCoopers a publié le «Revue semestrielle du secteur bancaire chinois et perspectives pour 2020», montrant qu’au premier semestre 2020, le bénéfice net des banques cotées en Chine a diminué de 9,05% d’une année sur l’autre, marquant la première croissance négative globale de l’histoire bancaire. Résultat : les salaires baissent, et les exigences de productivités des employés de banque augmentent considérablement.

D’autre part, la relation exigé des employés de banque avec les clients est épuisante. La guichetière Chun Yu témoigne: “il n’y a pas de temps pour soi, la vie et le travail sont mélangés, les amis sont des clients, les clients sont des amis. Par exemple, à l’approche de la fête de la mi-automne, un collègue est venu lui demander une boîte de gâteaux de lune à offrir à ses clients pour entretenir les liens”.

 Management procédurier et sans flexibilité

Lever à 6h30, arrivée au point de vente à 7h45, pause entre 13h30 et 14h, et personne ne quitte son poste à l’heure prévue sur le contrat (17h). Bien entendu, aucune heure supplémentaire n’est comptabilisée. Tel est le quotidien de la plupart des guichetiers. Pour ne rien arranger, les employés de banques ont un travail terriblement répétitif. Une témoin guichetière (Chen Zhen) raconte qu’elle a l’impression d’être une nouvelle ouvrière à sa chaîne de montage. Cette même personne raconte que tout retard, même d’une minute, est sanctionné de 200 yuans d’amende.  Travailler dans une banque, c’est ne pas prendre de congé. Même si vous souffrez d’angine de poitrine, il faut passer par une série extravagante d’autorisations. Et il ne reste aucun temps de cerveau disponible pour acquérir une nouvelle compétence, quelle qu’elle soit.

De nombreux jeunes ne parviennent plus à se fondre dans cet ensemble de règles écrasantes.

Pour Chen Zhen, les jeunes personnes qui restent un an ou deux finissent enchaînés à leur poste, paresseux et fatigués, incapable de trouver la force de changer de métier. Selon elle, la banque est l’une des industries les plus exigeantes à l’entrée. Pour y travailler, les étudiants doivent vraiment se donner à fond. Mais après leur arrivée, ils doivent accepter des salaires au rabais, et sont progressivement «aliénés».

Pour sa part, Chen Zhen cherche à démissionner. Mais elle ne trouve aucune voie de sortie, sans parler du fait que cette décision serait mal accueillie dans sa famille où son oncle a fait fortune à la banque, quelques vingt ans auparavant.

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Article original: ICI

Traduit par: 杨雪松 – Evelyn Yang / Revu par Noé Hirsch.

 

 


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