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La moitié des postes publics de Chine seraient réservés aux hommes.

La moitié des postes publics de Chine seraient réservés aux hommes.

L’équipe de bénévole pour l’égalité des sexes devant l’emploi « Jiancha » [煎茶队] vient de publier un rapport « Rapport de recherche sur les restrictions liées au genre dans l’examen national d’entrée 2022 » [2022年国考招考性别限制研究报告][BAIDU] qui indique que sur les 16 745 postes publics disponibles sur concours en 2022 . Près de la moitié de ces postes seraient réservés à des hommes. 

Une discrimination sexuelle dans les examens nationaux répandue et persistante

Aujourd’hui, le marché du travail est férocement concurrentiel et de plus en plus de jeunes se tournent vers les concours de la fonction publique pour obtenir une position stable. Le nombre de candidats à l’examen national en 2022 a dépassé 2,02 millions, un record.

Ces concours sont divisés en 93 systèmes, dont 18 appliquent une discrimination de genre, dont une seule au détriment des hommes (le département de la trésorerie nationale). Le service le plus discriminant envers les femmes est Le département de la sécurité publique [公安部门]. La discrimination sexuelle dans les examens nationaux existe depuis longtemps. Le << Rapport d’enquête 2011 sur la discrimination dans l’emploi lors de l’examen national de recrutement des fonctionnaires >> publié par l’Institut des affaires constitutionnelles de l’Université chinoise des sciences politiques et du droit avait déjà souligné que le nombre de postes caractérisés par une discrimination fondée sur le sexe représentait 15,6 % du nombre total de postes publics. Aujourd’hui, 11 ans plus tard, la situation de discrimination sexuelle à l’examen national d’entrée s’est aggravée.

Des motifs intenables

Il ressort du « rapport » qu’une forte intensité de travail, des conditions difficiles, des exigences physiques élevées et des déplacements fréquents en heures supplémentaires sont les principales raisons avancées par les organes publics pour justifier la restriction du recrutement des femmes. Un motif illégal au regard de la loi chinoise, qui interdit, comme la loi française, les discriminations liées au sexe sauf pour des raisons impérieuses. La faille se trouve dans une vieille loi dérogatoire de 1990, qui engage l’employeur à « protéger la santé physique et mentale de ses employés ainsi que le développement et la croissance normaux de leurs enfants« . C’est notamment en application de cette loi que la Poste de Pékin refuse d’employer des femmes comme coursier, jusqu’en 2015, où l’institution a été condamnée à payer une indemnité négligeable à une femme exclue qui l’avait esté en justice [LVNGO].

Ma Hu, celle qui a fait condamner la poste de Pékin

La fin de la discrimination en vue?

Ces dernières années, les actions et les voix des féministes et des femmes ont conduit à l’introduction de politiques et de lois visant à réglementer l’égalité des sexes dans l’emploi. En février 2019, neuf départements, dont le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale et le ministère de l’Éducation, ont publié l’« Avis sur la poursuite de la réglementation du recrutement et la promotion de l’emploi des femmes » mettant l’accent sur le renforcement des mécanismes de recours disponibles pour les victimes de discriminations. [GOV]

En décembre 2019, le Parquet populaire suprême et la Fédération des femmes de Chine ont également publié un « Avis sur l’établissement d’un mécanisme de coopération pour la promotion conjointe de la protection des droits et des intérêts des femmes et des enfants » proposant la possibilité d’engager des poursuites d’intérêt public. [GOV]

Les associations donnent également de la voix: @CatchUp Gender Equality Sisters a lancé un hashtag « Voir le travail des femmes » [#見女工#] qui a été vu des millions de fois.

Cependant, les résultats tardent encore.

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D’une part, ces lois déclaratives n’ont pas été mises en œuvre par des politiques, d’autre part, les hommes politiques défavorables à l’emploi des femmes restent cramponnés à leurs postesLa mise en place de la politique des deux enfants a encore accru la défiance des employeurs envers les femmes sans enfants. En dernière analyse, affirme *Jiancha » on ne voit pas la volonté de l’État et du gouvernement de libérer les femmes des tâches ménagères et des responsabilités parentales non rémunérées.

 

 


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