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La sonde spatiale Tianwen-1 décolle vers Mars 

La sonde spatiale Tianwen-1 décolle vers Mars 

Le 23 juillet, la sonde spatiale chinoise Tianwen-1 a décollé de la base de lancement de Wenchang sur l’île de Hainan à bord d’une fusée Longue Marche-5, et a rejoint l’orbite de transfert de Hohmann en direction de Mars.

Un article synthétisé et traduit par Marion Venus, collaboratrice à EIR et étudiante à l’ESIT.

Avril 2021 – atterrissage du rover.

 

Selon l’agence de presse Xinhua, le nom choisi pour cette mission, Tianwen 天问 ou “Questions célestes”, est tiré de l’oeuvre éponyme du poète Qu Yuan, écrit à l’époque des Royaumes Combattants. Ce nom exprime la persévérance et la ténacité du peuple chinois dans la quête de la vérité, incarne l’héritage culturel lié à l’exploration de l’espace et de la nature, et représente le long voyage de la recherche de la vérité scientifique ainsi que la poursuite sans fin de l’innovation technologique. 

La mission Tianwen-1 doit effectuer en un seul voyage une orbite de la planète rouge ainsi qu’un atterrissage et une exploration de ses sols. Pour atteindre ce triple objectif – orbite, atterrissage et exploration – la sonde est équipée d’un orbiteur et d’un rover. Pour cette raison, mais aussi parce qu’à peine six années se sont écoulées entre le lancement et la concrétisation du projet, la mission Tianwen-1 est jugée très ambitieuse. 

Ce n’est pas la première tentative d’exploration martienne menée par la Chine. En 2011, l’orbiteur Yinghuo-1 avait été expédié dans l’espace à bord d’une fusée Zenit-2SB russe, mais la mission avait échouée car la fusée n’avait pas réussi à modifier sa trajectoire.

La sonde Tianwen-1 devrait entrer en orbite autour de Mars en février 2021 et le rover devrait se poser en avril de la même année. Fin 2019, la Chine a identifié deux sites possibles pour l’atterrissage, dans la plaine d’Utopia Planitia, mais l’emplacement précis sera choisi après l’entrée en orbite de la sonde, sur la base de photos en gros plan de la surface de la planète.  

Le calendrier de lancement n’est pas anodin : tous les 18 à 24 mois, le temps de voyage entre la Lune et Mars diminue, passant de 9 à 7 mois. Une mission qui ne serait pas prête à décoller pendant cette fenêtre de tir verrait son lancement retardé de deux ans.

A l’image d’autres missions spatiales, l’exploration de Mars par Tianwen-1 a pour objectif d’approfondir les connaissances scientifiques de la planète rouge. Aujourd’hui, les scientifiques ne savent pas expliquer pourquoi il y a environ 4 milliards d’années, l’atmosphère de Mars s’est transformée et les liquides se sont évaporés. Il est d’ailleurs possible que de l’eau à l’état liquide subsiste sur Mars. L’objectif de la mission Hope des Emirats Arabes Unis est ainsi de procéder à une analyse détaillée de l’atmosphère de Mars, et de chercher à comprendre pourquoi et comment l’oxygène et l’hydrogène en ont disparus. La Chine espère par ailleurs faire de Tianwen-1 un tremplin à ses missions futures afin d’être en mesure de ramener des échantillons sur Terre aux alentours de 2030

Des répercussions espérées… sur Terre

 

La Chine aime souligner la coopération internationale au sein de la mission Tianwen-1 : la Chine a coopéré avec la Russie mais aussi avec des organismes comme le Space Research Institute autrichien (IWF), qui a contribué à l’élaboration du magnétomètre et au calibrage des instruments de vol, par exemple. 

Cependant, la Chine fait également face à la concurrence des Emirats Arabes Unis, des Etats Unis, de l’Iran ou encore d’Israël, qui renforcent tous leurs capacités d’exploration spatiale. 

Si l’espace a toujours été un théâtre de la lutte de pouvoir entre les grandes puissances mondiales, notamment au moment de la guerre froide, certains estiment qu’aujourd’hui, le combat se déroule entre la Chine et les Etats-Unis. 

En effet, d’après l’auteur de cet article, la Lune serait la colonie de Jeff Bezos et Mars, celle d’Elon Musk. Les deux entrepreneurs seraient le symbole d’une génération de d’entrepreneurs biberonnée aux films de science-fiction, de 2001 odyssée de l’espace à La guerre des étoiles en passant par Solaris, et qui se verrait bien coloniser l’espace. 

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Musk, “l’homme fou”, a même élaboré un plan pour sa conquête personnelle de Mars : deux missions de ravitaillement en 2022, lancement d’un vol spatial habité en 2024, arrivée sur Mars en 2025, construction d’une ville en 2030… Musk prévoit même d’envoyer un millier de personnes sur Mars d’ici 50 à 100 ans. 

Pour Bezos, plus terre à terre, la Lune deviendra un centre industriel approvisionnant l’humanité en minéraux et autres ressources grâce à son ensoleillement 24h/24, ses ressources d’eau souterraines et ses terres et métaux rares inépuisables. 

Comme si, dans un avenir proche, les grands voyages d’exploration d’il y a 500 ans allaient se répéter… dans l’espace. 

L’espace ne doit pas échapper à la Chine

 

Mais pendant que les milliardaires américains se partagent la Lune et la planète Mars, ils oublient que l’exploration de l’espace n’est pas un rêve qui leur appartient, mais un rêve partagé par l’humanité toute entière depuis des milliers d’années. Et c’est pour cela que la Chine ne peut pas se permettre de prendre davantage de retard dans son programme d’exploration de Mars

Sinon, elle n’aura pas le temps de réaliser son rêve, d’imaginer un avenir à 100 millions de kilomètres de la Terre. Et quand le peuple chinois lèvera les yeux au ciel, il n’y aura plus au-dessus de lui la NASA, grande exploratrice reconnue par l’humanité, mais une ribambelle d’hommes riches et puissants, de toutes nationalités, en train d’y bâtir leurs fortunes. 

Articles d’origine:
虎嗅APP – lien
DW – lien

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