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Les travailleurs-migrants « trop âgés », source de la pénurie de main-d’œuvre en Chine.

Les travailleurs-migrants « trop âgés », source de la pénurie de main-d’œuvre en Chine.

Alors que la presse s’alarme soudainement du chômage en Chine, EastIsRed vous alerte sur le sujet depuis près de six semaines.

Nous sommes heureux de vous présenter une traduction de Xavier, première d’une série consacrée au travail et chômage en Chine.

Bonne lecture,

Le travailleur migrant de plus de 60 ans : trop âgé, trop usé

Un récent article publié par le média privé Huxiu souligne les difficultés que rencontrent les travailleurs migrants considérés comme « trop âgés » (超龄民工) pour les chefs de chantier. Depuis le renforcement des règles encadrant les conditions de travail dans le secteur de la construction, les chantiers ne sont plus autorisés à recruter des travailleurs-migrants âgés de plus de 60 ans. Se retrouvant dans l’impossibilité de travailler, une part importante de ces travailleurs-migrants sont mis « en retraite forcée » et se ont contraints de rentrer dans leur province natale. Pour la grande majorité d’entre eux, ce départ à la retraite « forcé » représente un coup dur porté aux finances de toute la famille. En effet, ces dernières reposent en grande partie sur les revenus tirés des travailleurs-migrants parti sur les grands chantiers de construction des grandes métropoles chinoises.

Sur les chantiers, les conditions de travail de ces travailleurs-migrants étaient autrefois cauchemardesques : travail dans la boue et la saleté, proximité avec la pollution, nuits passées dans des conteneurs ou des logements insalubres avec plus de dix personnes, repas limités, conditions de sécurité parfois mortelles, le tout pour gagner quelques dizaines de yuans par jour seulement. Si ces conditions se sont améliorées au fil du temps, les travaux dans les chantiers ont été pour les travailleurs-migrants un moyen d’améliorer les conditions de vie de toute leur famille. Pour ceux restés au village, le salaire d’un travailleur-migrant pouvait permettre l’achat d’une maison, le paiement d’une dot de mariage et des frais de scolarité pour un enfant. C’est pour ces raisons que ces travailleurs-migrants expriment aujourd’hui une forme de frustration et de regret quant à leur mise à la retraite prématurée, nombre d’entre eux s’estimant encore capables voire obligés de travailler pour subvenir aux besoins de toute une famille.

En réalité, ce phénomène de mise à l’écart brutale des « travailleurs migrants trop âgés » (超龄民工) concerne des dizaines de millions de personnes en Chine. Il illustre également une tendance plus globale : celle d’une main-d’œuvre vieillissante en Chine, qui, après avoir bâti la Chine moderne des années Deng aux années Xi, est progressivement mise sur le côté d’un marché du travail plus régularisé et plus soucieux des règles. Pour exemple, un responsable de projet dans la construction à Nanjing affirme être contraint de refuser chaque année un très grand nombre de travailleurs-migrants en raison de leur âge. La cause ? Une régulation beaucoup plus stricte qu’auparavant sur la sécurité des travailleurs, fruit d’une directive de l’État de mars 2022 portant sur les conditions de retraite dans le secteur de la construction. Dans ce contexte de renforcement de la régulation, les contrôles gouvernementaux – par le haut (上级检查) – se sont accentués sur les chantiers et les amendes peuvent être importantes pour qui emploierait encore des travailleurs qui ont passé l’âge.

Parallèlement à cette régulation progressive, les chantiers chinois se sont modernisés, certains utilisant désormais la reconnaissance faciale pour identifier chaque travailleur. Sur les grands sites de construction, le port du casque est devenu obligatoire et la reconnaissance faciale y est presque systématique. Dans les faits, les travailleurs migrants « trop âgés » sont donc tenus éloignés d’une grande majorité des chantiers, à leur dépens. Mais certains constructeurs profitent encore d’un flou règlementaire puisque seule une poignée de villes comme Shanghai, Tianjin, Shenzhen, Taizhou, Nanchang ont publié des directives explicitant avec précision la limite portant sur l’âge de ces travailleurs migrants. Pour la plupart des chantiers, l’âge limite est désormais fixé à 60, voire parfois 55 ans. Or, si ces directives interdisent formellement aux travailleurs-migrants de s’adonner à des travaux de construction – plus physiques – elles leur permettent malgré tout d’effectuer des tâches plus secondaires sur le chantier, telles que le nettoyage, la sécurité ou la gestion des entrepôts, mais pour un salaire bien moins élevé. Toutefois, dans cette Chine vieillissante, la pénurie de main-d’œuvre actuelle force sur les chantiers pousse certains grands groupes de la construction à fermer les yeux sur la sélection des travailleurs en fonction de leur âge. Ce phénomène serait particulièrement prégnant dans la très dynamique région de Canton – Hong Kong – Macao (粤港澳).

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Les conditions de travail des travailleurs migrants : sur le chantier et au-delà

Quelles sont les conditions de travail actuelles de ces travailleurs-migrants ? De manière générale, les estimations indiquent qu’un contrat correct dans la construction leur offre aujourd’hui un revenu moyen d’environ 8000 yuans par mois (1 100 euros), ce qui constitue une hausse salariale moyenne relativement importante depuis quarante ans. Mais ce salaire se traduit également par d’énormes sacrifices. La plupart des travailleurs migrants « migrent » plusieurs fois par an sur différents chantiers, allant de ville en ville ou de province en province, laissant derrière eux leurs enfants, dont l’éducation est confiée aux grands-parents dès le plus jeune âge. Dans un article récent, EastisRed analysait déjà ce phénomène portant sur cette « population flottante », estimée à 376 millions d’habitants, dont une grande majorité est composée de travailleurs-migrants. À ce titre, il est essentiel de se rappeler que le caractère « flottant » de ces travailleurs-migrants est finalement la principale source de leur précarité et de leur insécurité.

Et sur le chantier ? Les travailleurs-migrants sont toujours les plus exposés aux problèmes de sécurité (physique, sanitaire, sociale) et aux risques parfois mortels qu’ils entraînent. Sur ce point, il est à noter que les autorités nationales, comme le Ministère des Ressources humaines (人社部), se sont saisies de la question. Désormais, une formation de sécurité est obligatoire sur les chantiers et a pour but de prévenir tout incident. Le nombre d’agents de sécurité sur le chantier a également été augmenté, parfois doublé. Des dépistages de santé sont également prévus pour les travailleurs confrontés à des travaux polluants, comme le creusement de tunnels. Les contrôles officiels ont aussi été renforcés, ce qui suscite la peur des chefs de chantiers. En 2015, le Ministère des Ressources humaines, conjointement avec quatre ministères, avait publié un avis sur une amélioration quant à l’assurance des accidents du travail dans le secteur de la construction (« 关于进一步做好建筑业工伤保险工作的意见 »). Cet avis proposait le blocage de toute autorisation de construction si une preuve d’assurance contre les accidents du travail n’était pas fournie, avec pour principal objectif de garantir une couverture sociale sur les accidents à tous les travailleurs-migrants présents sur chaque chantier.

Toutefois, cette protection ne concerne pas les travailleurs dits trop âgés car, sur le plan légal, dès l’âge de 55 ou 60 ans passé, ceux-ci ne peuvent plus être couverts par une assurance. Les travailleurs-migrants pointent souvent cette impossibilité d’obtenir une couverture sociale comme le principal obstacle à leur embauche. Car si le travailleur-migrant « trop âgé » ne bénéficie plus de couverture sociale, il ne peut plus non plus ouvrir de compte bancaire. Ce cercle vicieux pousse bon nombre de travailleurs à abandonner leurs efforts pour travailler sur les chantiers, mais il est aussi à l’origine d’une impossibilité d’embaucher de la part des patrons, pour qui cette main-d’œuvre demeure essentielle en raison de la pénurie de travailleurs. Toutefois, si les chantiers restent marqués par des conditions de travail très difficiles (notamment sur la durée de travail), en parallèle, la situation en matière de sécurité et de salaires s’est donc sensiblement améliorée. Le ressenti des travailleurs-migrants est donc celui d’une frustration : celle d’avoir été mis au ban des chantiers au moment où les conditions de sécurité commencent à s’améliorer réellement.

Et hors du chantier ? Le principal problème des travailleurs-migrants est celui des pensions de retraite. Pour ces travailleurs-migrants trop âgés, la volonté de travailler toujours plus s’explique d’abord par une pension de retraite beaucoup trop faible – environ 200 yuans par mois pour 15 ans de cotisations l’heure de la retraite venue –, qui ne permet ni de survivre, ni d’entretenir une famille entière.

Le deuxième phénomène important réside dans l’incapacité des villes à absorber les travailleurs-migrants. Pour rappel :

  • Au début des années 1990, le nombre de travailleurs-migrants s’élevait à 62 millions, pour atteindre 292,51 millions en 2021 selon les statistiques nationales.
  • Sur cette même période, entre 1991 et 2021, le taux d’urbanisation (城镇化率) de la Chine est passée de 26% à 65%.

Autres chiffres clés de ce décalage, qui montre l’absence d’intégration des travailleurs ruraux aux zones urbaines :

  • En 1980, le secteur primaire représentait 60% du PIB chinois, mais le taux de résidence en zone rurale était de 80%.
  • En 2021, la part du secteur primaire s’est réduite jusqu’à atteindre moins de 7%, mais le taux de résidence en zone rurale demeure fort, aux alentours de 35%.

Les travailleurs migrants représentant une très forte majorité de ces 35% de personnes vivant en milieu rural, ils ont donc peu profité de l’urbanisation de la Chine. Paradoxalement, si les travailleurs migrants ont été à l’origine de la construction des grandes infrastructures nationales, cette catégorie de main-d’œuvre a donc été laissé au ban de l’essor urbain dont elle est pourtant à l’origine. En effet, les villes offrent de meilleurs salaires. Pour un travail de serveur, le salaire peut parfois doubler voire tripler, pour un même travail effectué en zone rurale. Un salaire de serveur peut passer de 2000 yuans dans une zone rurale à 5000 yuans dans une zone urbaine. C’est pourquoi l’absorption de ces travailleurs migrants par les villes est un élément essentiel pour une amélioration de leurs conditions de vie. Les économistes chinois s’accordent donc à dire que la bonne santé de l’économie chinoise est fortement corrélée à la progression de l’urbanisation et de l’intégration des travailleurs migrants aux villes. Cette faible urbanisation est donc un obstacle important au bon développement de l’économie chinoise ainsi qu’un frein majeur à la « prospérité commune » (共同富裕) que le président Xi appelle de ses vœux. Ce phénomène s’explique aussi par les conditions de logement en ville, souvent insalubres, dans lesquelles les migrants sont accueillis. Dans ces mêmes villes, un esprit de rejet et de discrimination touche également les travailleurs-migrants, qui ne se sont donc jamais réellement sentis « appartenir à la ville ».

Viennent ensuite une série de problèmes tout aussi importants, comme l’insertion des travailleurs retraités une fois rentrés à la campagne, cause importante de leur précarité. Beaucoup de travailleurs migrants se reconvertissent en effet dans des métiers précaires des secteurs de service : nettoyage, agent de sécurité. Mais dans les zones rurales, les salaires sont bien plus faibles. La problématique de l’insertion des travailleur migrants – souvent sans diplômes ni formation – est donc à la base de leur précarité et d’une forme d’insécurité de l’emploi.

Les provinces jouent aussi pleinement leur rôle en augmentant les offres de formation et en diversifiant les métiers proposés : électricien, cuisinier, éboueur. L’offre est flexible, elle peut se faire en ligne ou en présentiel. L’objectif de ces mesures est d’offrir une flexibilité plus importante pour ces travailleurs migrants une fois l’âge limite atteint. Ainsi, la question de la formation professionnelles des catégories sociales les moins bien formées ou diplômées sera fondamentale dans la résolution de l’équation démographique de la main d’œuvre vieillissante en Chine. Un député de l’Assemblée Populaire chinoise a ainsi confirmé par exemple que le 14ème plan quinquennal est à l’origine d’un réajustement du marché de l’emploi. Ce dernier souhaite que la Chine entre enfin dans l’ère des travailleurs qualifiés, dans laquelle la productivité du travail augmentera parallèlement à la qualification de ces travailleurs. Avec 30 % de travailleurs qualifiés parmi les plus de 200 millions de travailleurs migrants, l’objectif est d’atteindre 50 % de travailleurs qualifiés rapidement afin d’atteindre le niveau des grandes puissances industrielles mondiales. Dans ce contexte, la formation des travailleurs relève d’ores et déjà d’un défi stratégique pour les autorités chinoises.

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Travailleurs-migrants et pénurie : un défi de taille pour la Chine

La mise à la retraite forcée de ces travailleurs migrants qui ont passé l’âge suscite de nombreux débats sur les réseaux sociaux chinois. Ceux-ci portent sur la protection – physique et sociale – de ces travailleurs. Une source au sein du gouvernement relate ainsi à Economic Observer (经济观察报) que ce sujet est une priorité pour le pouvoir politique, affirmant qu’un groupe de travail sur la retraite des travailleurs migrants rattaché au Conseil des Affaires d’État (国务院农民工工作领导小组) mène actuellement une étude pour mieux répondre à cette problématique. Au sein du Parti, certains cadres souhaitent une meilleure protection de ces travailleurs migrants retraités qui ont contribué à l’industrialisation massive du pays ainsi qu’à son urbanisation. Pour rappel, les travailleurs-migrants représentent encore l’essentiel de la main-d’œuvre dans l’industrie : ils sont 292,51 millions selon une estimation de 2021 du Bureau national des statistiques.

Ces travailleurs représentent aussi une catégorie sociale à part entière dont la précarité croissante est surveillée de près par le pouvoir, par peur des contestations sociales. Leur sécurité et leur bien-être social est donc une question très politique, d’autant plus que le vieillissement de l’ensemble des travailleurs migrants représente le défi démographique du siècle pour une puissance chinoise qui demeure encore essentiellement industrielle et manufacturière.

Quelques chiffres viennent appuyer cette réalité. Selon une enquête récente du Bureau national des statistiques (国家统计局), les travailleurs migrants étaient 285,6 millions en 2020, dont plus d’un quart ont déjà dépassé les cinquante ans. En 2022, l’âge moyen des travailleurs-migrants dans leur ensemble est d’environ 41,4 ans. Il y a onze ans, cet âge moyen était de 34 ans. Chiffre plus inquiétant encore, 75,4 millions de travailleurs auront atteint 60 ans dans dix ans. Ce chiffre est à mettre en corrélation avec la diminution, année après année, des travailleurs migrants de la catégorie 16-30 ans, qui passe de 31,9 % à 22,7 % entre 2016 et 2020.

Alors que retenir de ces chiffres ?

  • D’abord, sur le court terme, le secteur de la construction fait déjà face à une pénurie de main-d’œuvre problématique. Celle-ci est le résultat de deux phénomènes croisés : les jeunes ne veulent plus travailler sur les chantiers et les vieux sont écartés de ces mêmes chantiers. Tout cela créé donc une pénurie croissante de travailleurs qui retarde les projets et qui impacte sérieusement la croissance du secteur, créant un réel déséquilibre socio-économique.
  • Sur le moyen-long terme, le vieillissement de cette main-d’œuvre précaire, peu diplômée et mal formée aux autres métiers, va devenir un réel problème économique pour la puissance industrielle chinoise et ce, malgré sa réorientation économique vers le secteur tertiaire. Ce phénomène pourrait devenir une source de tensions sociales si ces travailleurs trop âgés forcés de partir à la retraite se retrouvaient dans l’incapacité de subsister à leurs besoins alors qu’ils se sentent encore en capacité ou dans l’obligation financière de travailler pour survivre.

Cette question de la précarisation des travailleurs migrants sera certainement moins problématique pour la jeune génération de travailleurs migrants, qui est plus instruite – 80% d’entre eux qui ont poursuivi des études dans le secondaire ou le supérieur – et mieux formée, selon un rapport de 2021 sur les compétences professionnelles de ces travailleurs (2021新生代农民工职业技能现状调研报). Le diplôme et la flexibilité permettent aux travailleurs plus jeunes de choisir de travailler dans les services offerts par l’essor des entreprises technologiques, ceux-ci pointant souvent de trop difficiles conditions de vie dans les chantiers et les usines : uniformes, niveau de salaire, problèmes sanitaires.

Conclusion : la jeune génération, solution à la pénurie de main-d’œuvre en Chine ?

L’équation de la main-d’œuvre vieillissante en Chine peut se résumer ainsi : les jeunes ne veulent plus aller sur le chantier, les plus âgés en sont empêchés (年轻人不愿进厂,老年人进厂难), comme l’affirmait le député de l’Assemblée nationale populaire Zhang Xinghai (张兴海) lors de la double session de 2022 (全国两会). Ce dernier appelait d’ailleurs les jeunes à prendre un emploi dans les nombreuses usines plutôt que de s’adonner à des travaux de livraison de repas ou de coursier dans les villes. Ce fossé illustre les difficultés rencontrées par le secteur de l’industrie en Chine, mais pointe également une précarisation importante du secteur tertiaire – celui des services. Chez les jeunes chinois, le calcul coût-bénéfice en termes de conditions de travail et de salaire est vite fait : ces derniers préfèrent être livreurs plutôt qu’ouvriers sur un chantier. Ce nouvel état d’esprit de la jeune génération de travailleurs en Chine fera d’ailleurs l’objet d’une autre analyse à paraître prochainement.

Les travailleurs-migrants chinois, vivier de main-d’œuvre de centaines de millions d’entreprises de construction, est une catégorie sociale à observer de près. Car si leur niveau de vie venait à chuter, ces derniers représenteraient une possible source de contestation sociale dans une Chine dont la croissance économique va ralentir dans les années à venir. Comment maintenir de bonnes conditions pour ces travailleurs parfois discriminés, et dont le sentiment de précarité et d’insécurité augmente en même temps que les inégalités ? Le gouvernement central et les provinces ont bien du mal à résoudre cette équation vitale. Ils sont par exemple les premiers touchés par le regain épidémique en Chine, qui amène à des confinements stricts – la plupart perdant leur travail sans compensation. Récemment, le PCC a mis en avant le récit d’une « prospérité partagée », mais le concept reste flou et le processus de redistribution ne semble pas encore se faire ressentir chez ces travailleurs migrants. Finalement, dans une Chine où la main-d’œuvre vieillissante est empêchée de retourner sur les chantiers, la question d’un réajustement du marché de l’emploi est essentielle.


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