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Longue Vue n°9 – spéciale intelligence artificielle

Longue Vue n°9 – spéciale intelligence artificielle

Vous trouverez ci-après un exemplaire du bulletin mensuel thématique qui reprend le flambeau de la « Longue Vue ».

Elle traite de l’actualité de l’industrie et de la recherche chinoise dans le domaine de l’intelligence artificielle, des big-datas et de la cybersécurité. Ce premier exemplaire a pour vocation de montrer l’étendue du possible en termes de choix de traduction.

Notez que ce format est susceptible d’évoluer, au gré des retours et du raffinement des sources et des publications qui servent à la composer. L’objectif est bien sûr de rendre ce format toujours plus pertinent.

Pierre Sel, président d’EastIsRed

Politiques gouvernementales

Le ministère de l’industrie et des technologies de l’information sur le travail préparatoire pour les projets pilotes dans le développement de l’industrie des big datas – 工信部publication le 12 novembre ; dernière consultation le 19 novembre Ces projets pilotes concernent l’application commerciale et industrielle des technologies de big data. Le ministère sollicite des projets dans les directions suivantes : la fusion de donnée industrielle (en particulier dans l’industrie automobile, construction navale, l’acier, l’énergie, etc.) ; l’amélioration de la vie des individus (smart cities, médecine, etc.) ; les technologies clés (enrichissement des données, sécurisation des systèmes d’information) et enfin les capacités de gestion des big datas. Une fois les candidatures reçus, le ministère sélectionnera des projets qui bénéficieront du statut de projet pilote pour deux ans. Le document ne précise pas les fonds qui seront alloués ou non à ces projets.

Le bureau dédié à la cybersécurité du ministère de la sécurité publique récompense 100 entreprises et 50 individus pour avoir mis en place avec brio la loi sur la cybersécurité au sein de leur entreprise – 新浪publication le 14 novembre, dernière consultation le 19 novembre Pour plus de détails sur les exigences de la loi sur la cybersécurité de 2016, voir la traduction en français sur Github. L’article en lui-même est la liste complète des équipes récompenses au sein des entreprises, on retrouve Qihoo360, Qi’anxin, Alibaba, NetEase, Xiaomi, China Mobile, etc. Pour les individus, on parle des responsables techniques au sein des entreprises et administrations. (Archive de la page)

Tendances & actualités de la filière

Le désenchantement de la blockchain : avec le retrait du cercle des cryptos, l’armée régulière entre en scène – 全天候科技publication le 6 novembre, dernière consultation le 19 novembre Le 25 octobre Xinhua révèle que le Politburo, l’organe de décision suprême du Parti communiste chinois, a suivi une session d’étude consacrée à la blockchain. Sur le marché, la réaction est instantanée, la bourse explose, les investisseurs se ruent sur toutes les entreprises du secteur, le bitcoin passe de 7000 à 10000 dollars.

Cour du bitcoin entre le 23 octobre et le 30 octobre.

L’engouement est tel que le Parti, par l’intermédiaire des médias d’Etat, appelle à la “rationalité” dès le 28 (voir notre Passe Muraille n°36). Le message est clair : la blockchain n’est pas un objet de spéculation – en particulier pour les crypto-monnaies. Désormais, les crypto-entrepreneurs ont dû céder la place aux gouvernement locaux. Les projets utilisant la blockchain foisonnent : au Zhejiang, une plateforme « blockchain » de reçus et factures électroniques, travaillant avec plusieurs hôpitaux de la province et plus de 400 institutions médicales. Qingdao met en place un système d’automatisation du suivi des déchets. Guiyang, Xiong’an ont des projets pour le suivi des appels d’offres publics, ou encore des douanes. Certaines municipalités, comme Guangzhou, ont annoncé un fond d’un milliard de yuan (129M€) pour développer cette technologie. Par ailleurs, les municipalités commencent à organiser des sessions de formations sur ces technologies (Hangzhou). Aussi, Hangzhou, ville-mère d’Alibaba a publié en 2018 un rapport sur l’état de la filière blockchain. Les investisseurs pensent que le gouvernement donnera les opportunités pour développer et rentabiliser l’utilisation de la technologie. Subsiste toutefois un problème, selon les personnes interrogées dans l’article : “le triangle de l’impossible” (entre sécurité, efficacité et décentralisation), dans un modèle de blockchain, peu importe le mécanisme de consensus choisi : il est difficile d’ajouter un nouveau bloc sans impacter l’un des trois au profit des deux autres. Par ailleurs, les puissances de calculs requises pour des systèmes de blockchain à grande échelle restent trop importantes pour les capacités des serveurs actuels. Le journaliste conclut donc sur la révolution technique nécessaire dans la blockchain, et comment Tencent et Huawei ont déjà commencé à plancher à ces solutions.

Cloud computing, intelligence artificielle et télédétection, l’âge d’or de l’étude de la terre – 36氪publication le 12 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Le 6 novembre, l’agence spatiale chinoise a annoncé ouvrir l’accès aux données et images (d’une résolution de 16 mètres) de ses satellites Gaofen 1 et 6. Les données seront accessibles sur la plateforme CNSA-GEO. Un article en anglais traite également de cette annonce.

Screenshot de la plateforme

Toujours dans le domaine de l’observation spatiale, l’entreprise China 4D Survey mapping (中国四维测绘技术有限公- rattachée à la CASC) et Huawei ont développé un service de traitement des données satellitaires permettant une analyse en temps réel des informations météorologiques, afin de mettre au point des prédictions plus précises. L’enjeu est celui du stockage et du traitement de grandes quantités de données. A cet égard, ce n’est pas la seule utilisation du Cloud de Huawei dans ce domaine : l’entreprise travaille l’administration météorologique chinoise pour créer une plateforme de partage des données scientifiques utilisant le cloud et l’intelligence artificielle. Huawei travaille aussi en collaboration avec les autorités sur le projet SKA.

Hurun : la Chine est le pays qui dépose le plus de brevets dans le domaine de l’intelligence artificielle – 新浪publication le 13 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Le 13 novembre, le centre de recherche Hurun a publié son classement des 100 entreprises chinoises les plus compétitives dans les brevets sur l’intelligence artificielle. Sans surprise, Huawei arrive en tête, suivi de Tencent, Baidu AI, Xiaomi, Alibaba, Hikvision. Les domaines dans lesquels la Chine se place en tête est celui du “traitement de langage naturel”, de la reconnaissance visuelle (et faciale) et le machine learning. Parmi les autres domaines, le rapport cite la robotique, l’intelligence artificielle médicale, l’analyse de données et les microprocesseurs IA. En ce qui concerne Hikvision, notons que deux membres du comité de direction sont la cible d’une enquête pour violation des règles en matière de divulgation de l’information (EastMoney)

Intelligence artificielle & élevage porcin – 中国企业家 & 36氪publications le 12 novembre, dernières consultations le 19 novembre. La grippe porcine a décimé le cheptel de porc chinois. L’heure est à la reconstruction. Et les géants de l’internet et de la tech chinoises sont, aussi, à la manœuvre. Pour rappel : avant la grippe, la Chine comptait 700 millions de cochons, et le porc compte pour 60% de la viande consommée. La modernisation de la filière est déjà enclenchée : NetEase (网易), Alibaba, Jingdong (京东) ont tous investis dans l’élevage. Yang Qian, pour le magazine “China Entreprise” s’est rendu dans plusieurs fermes dotés d’IA pour l’élevage.

  • La première, dans le Jilin, a reçu le soutien technologique de Jingdong, premier des géants de la tech à s’attaquer à l’agriculture, il y’a quatre ans. Dans un premier temps, l’entreprise s’est confrontée à de nombreuses difficultés : peu de fermes volontaires, écart culturel entre les fermiers éleveurs et les ingénieurs ou data analysts, développement compliqué d’une technologie de “reconnaissance porcine”. La technologie développée par JD permet de réguler l’environnement de l’élevage (température, gestion des “gaz”, humidité, robots pour la nourriture, de “patrouille” : permettant de peser ou vérifier l’état de santé des cochons, leur “niveau d’exercice”, etc. Selon Jingdong, ils ont ainsi pu baisser de 50% le coût de travail humain et baisser le temps hors des enclos de 8 à 10%. Pour aller plus loin, voir le site de Jingdong consacré à l’agriculture. D’après le site, l’entreprise propose aussi ses solutions pour l’élevage de poulets, de poissons. On peut également consulter un pdf décrivant sommairement la solution technique.
  • Le seconde, dans le Sichuan, travaille avec Alibaba Cloud, et la solution « cerveau de l’agriculture » (ET农业大脑 – siteweb). Les ingénieurs d’Alibaba travaillent eux aussi avec des caméras montées sur robots, des algorithmes d’intelligence artificielle, des algorithmes de reconnaissances “animales” pour analyser les comportements des truies : leur temps de sommeil, le temps qu’ils passaient debout, couchés, à manger, etc, afin d’établir des diagnostics médicaux. La solution permet, selon Alibaba, d’augmenter la fertilité des cochons, leur permettant de mettre à bas trois fois par ans, et réduisant le taux de décès des jeunes animaux à 3% – (dans la filière porcine, PSY – porcins par porcs femmes par an est capital, il est de 23,5 aux Etats-Unis)
  • Là où Alibaba et Jingdong proposent une solution IA + IoT + SaaS, NetEase, autre géant, lui a fait le pari radical d’élever des cochons de manière écologique (avec un complément technologique) pour les vendre sur sa plateforme.

Cependant, l’élevage “intelligent” du porc n’est pas pour toute suite celui 36kr : si la grippe porcine a décimé les élevages, elle a aussi mené à une augmentation des prix du porc. Mais les coûts sont encore trop élevés dans un pays la plupart des éleveurs sont de petits producteurs, qui n’ont pas de moyens financiers importants et manquent aussi d’expérience avec la technologie.

Entreprises

Baidu passe à l’attaque et renforce PaddlePaddle sur le marché – AI科技大本营publications le 12 novembre, dernières consultations le 7 novembre. PaddlePaddle, le “deep learning framework” de Baidu a été lancé en 2013 et rendu en open source en 2016 – le lien vers Github. PaddlePaddle, compatible avec Tensorflow est une solution intégrée proposant le “core development” ; les cadres d’apprentissage (training framework) ; ainsi qu’une libraire de modèle. Cerné par les concurrents à l’étranger, PaddlePaddle s’est réorienté vers le marché intérieur et a renforcé son offre. En particulier, sur l’année 2019, l’entreprise a sorti 21 nouveaux produits, qui se répartissent dans deux catégories. Les produits facilitant l’utilisation de la plateforme et ceux facilitant l’utilisation industrielle du produit. Pour aller plus loin, l’article contient la description des principaux produits ainsi que leur lien vers Github – voir par exemple PaddlePaddleLite.  Le tableau original est disponible dans l’article. Services disponibles en novembre 2019

 En l’espace d’une demi-année, PaddlePaddle a publié 21 nouveaux produits, comme la version 2.0 de PaddleLite (voir ci-après) ou encore EasyDL. Par ailleurs, la version 1.6 du « core framework » uploadé sur Github propose trois améliorations principales : une base d’algorithme très riche (qui contiendrait tous les algorithmes utilisés aujourd’hui) ; et une « interface API simple et efficace » (简单高效的API接口), qui elle mène se divise en deux couches. Une couche consacrée aux données, et en particulier à gérer plus facilement l’input et l’output de donnée ainsi que la vitesse. La seconde couche vise à améliorer la facilité d’utilisation de l’entrainement distribué (distributed learning). Enfin, troisième « amélioration », la documentation a été retravaillée, du moins dans sa version chinoise.

Focus sur quelques produits choisis open source Baidu

Paddle-Lite : Paddle Lite n’est pas développé pour être à la pointe de la recherche, mais un logiciel « léger » qui contient les principaux algorithmes d’IA et qui est capable de fonctionner sur la plupart des environnements, notamment les smartphones ou l’IoT – voir la documentation Le logiciel  effectue en ce moment de lourds travaux pour avoir un portage stables sur des environnements comme IOS, Mac OS X, OpenCL, CUDA et les architectures x86/ARM.Cela montre la volonté de Baidu d’obtenir un logiciel léger mais optimisé au maximum pour les environnements mobiles et IoT. Car beaucoup des contributeurs de ce logiciel travaillent chez Baidu et semblent suivre une feuille de route dans leurs contributions.

Paddle Detection : vise à fournir un outil de détection d’objets dans les images pertinentes à la fois pour l’industrie et la recherche. Sur Github, il semble que l’outil a été développé/mis à jour à partir de juin 2019. Les contributeurs les plus actifs sont des employés de Baidu. Parmi les contributeurs, on remarque un certain nombre de personnes ayant récemment travaillé sur le l’algorithme YOLO (You Only Look Once). La « V3 » de cet algorithme a pour but d’améliorer la détection d’élements en temps réel (dernière mise à jour en octobre). Sur ce sujet, il semblerait que les équipes chinoises talonnent leurs concurrents américains.

EasyDL : (site internet) est une plateforme unique pour les ingénieurs en algorithmes.  PaddleHub repose sur le principe d’un « master mode » où l’utilisateur sélectionne des données et des algorithmes de PaddleHub. Ce « hub » fonctionne sur un « master mode » (大师模式) dont le principe repose sur la puissance de calcul (localisée sur IA Studio, un autre produit de Baidu) + les données et la connaissance (数据和知识) et les algorithmes, afin de proposer un modèle de pré-entrainement industriel (产业级预训练模型). Celui-ci, associé à une « plateforme d’outils de transfer learning (paddlehub) » (迁移学习工具平台) forment le cœur du « master mode ». Il s’agirait de permettre de donner à l’utilisateur la possibilité d’importer et de configurer à la volée un grand nombre d’algorithmes proposés par PaddleHub En termes de capacités, PaddleHub permet la classification d’images, détection de cible, analyse lexicale, analyse sémantique et analyse de sentiments. Sur Github, PaddleHub a reçu une nouvelle release le 5 novembre, avec en particulier de « nouveaux pretraining model » et des optimisations.

Zuo Yingnan : nous devons avoir de nouvelles idées en matière de cybersécurité – CINNpublications le 8 novembre, dernières consultations le 19 novembre. Zuo Yingnan (左英男) est vice-président de Qi’anxin (奇安信) l’une des entreprises membres de “l’équipe nationale (chinoise) pour la cybersécurité – 网络安全国家队). Pour Zuo Yingnan, il faut développer la sécurité “endogène”, c’est à dire à l’intérieur de l’entreprise et non se reposer sur des forces de sécurité externe. En d’autres termes, les entreprises doivent se doter de plateforme interne de surveillance des risques, de processus visant à trouver les failles et les corriger, et d’équipes dédiées à ces questions. En octobre, Qi’anxin et China Electronic Group (国电子集) ont présenté un système de cybersécurité “endogène” en trois couche (搜狐) : les infrastructures fondamentales (couche inférieure – serveurs, routeurs, cables, etc.), un système de protection des données (couche médiane – système « IPDS » Intrusion, Detection, Prevention, System) et un système d’application (应用系统) (couche supérieure – dashboard). La couche inférieure est construite à partir de « l’écosystème PK » de China Electronic (et Qi’anxin – sur ce système, voir ce rapport sur les entreprises impliquées et quelques images ici), utilisant les processeurs Feiteng et le système d’exploitation Kirin de conception nationale, garantissant ainsi la sécurité de conception des serveurs. La seconde couche est construite à partir d’une architecture “zero-trust”, afin de protéger les terminaux et les données. L’échelon supérieur promeut les applications d’informatisation des activités urbaines (activités de smart-cities : dans les transports publics, la médecine, la gestion des infrastructures, etc. Pour reprendre les mots d’un employé de Qi’anxin : “En termes simples, la couche inférieure consiste à informatiser l’infrastructure, la couche intermédiaire est la plate-forme de protection des données, et les diverses applications du dernier étage sont celles que les gens ordinaires peuvent voir, comme les “soins médicaux intelligents”, le “transport intelligent”, les applications de e-gouvernement, etc. Le système peut protéger la ville dans tous ses aspects”.

Focus sur le « le système PK » (PK体系)

Ce « système » développé par le CEC (China Electronic Corporation – une entreprise d’Etat stratégique) a été révélé en 2017. Le nom « PK » renvoie à ses deux principaux composants : les processeurs Feiteng (Phytium飞腾) et le système d’exploitation Qilin (Kilin – 麒麟). Les deux éléments ont tout deux des origines militaires, car développés en collaboration avec l’université nationale de technologies de la défense et le CEC.

See Also

  • Les processeursont été développés par l’équipe de Xing Zuocheng (邢座程) de l’université de nationale de technologie de la défense, puis commercialisés par l’intermédiaire de la filiale du CEC « Tianjin Phytium » (dont nous parlions dans une Longue Vue). Les processeurs (pour leur version -2000A, la plus récente) sont construits selon une microarchitecture ARM V8, d’une taille de 28 nm/16 nm ; ils disposent de 64 cœurs, chaque cœur dispose de 32kb en cache, (32 en ressource – 资料快取 et 32 en commande – 指令快取), le second niveau est de 32Mb par circuit intégré (集成), enfin le dernier niveau s’étend jusque 128Mb. Le processeur est cadencé entre 1500 et 2400 MHz). Le processeur est utilisé dans les supercalculateurs chinois Tianhe 2A et Tianhe-3. Selon certains documents le processeur serait moins efficace que la gamme Intel CPU E5 en « mono-core » (单核性能) mais aussi efficace en « multi-core » (多核性能).
  • Le système d’exploitation est lui aussi le résultat d’un développement conjoint de l’université nationale de technologie de défense, de ChinaSoftware (中国软件与技术服务股份有限公司), Lenovo et de Langchao Group (浪潮集团 – Inspur). La version publiée en décembre du logiciel (v. 4.0.2) a été développée à partir d’Ubuntu Kylin 16.04 (la variante spéciale pour la Chine d’Ubuntu) et utilise le bureau UKUI. Il est difficile de déterminer la version la plus récente, car il semble exister plusieurs versions du logiciel (disponibles ici ou encore ici (Neo Kylin) avec plus de précisions techniques). D’après le rapport cité précédemment, PK system a déjà commencé à remplacer le duo ‘Windows et Intel’ dans les supercalculateurs du pays.
  • Enfin, en octobre 2019, le CEC et ChinaSoftware ont établi à Hainan un centre de recherche dédié au perfectionnement de PK System (le laboratoire s’appelle : CEC (Hainan) Joint Innovation Laboratoire Ltd. – 中电(海南)联合创新研究院有限公司) Le rapport mentionné précédemment (lien) donne un détail des partenaires (étrangers et chinois) ainsi que de la structure actionnariale. Voir aussi cet article.

Les publications de chercheurs chinois mises en avant lors d’une conférence sur les modèles de traitement automatique de langage naturel – 机器之心publication le 8 novembre, dernière consultation le 19 novembre. La conférence sur les méthodes empiriques de traitement automatique de langage naturel s’est tenue à Hong-Kong du 3 au 7 novembre. Les juges ont enregistré 2870 articles soumis pour revue, provenant principalement de Chine, des Etats-Unis, d’Angleterre, d’Allemagne et du Japon. Parmi les institutions chinoises de rattachement des chercheurs présents, on trouve sans surprise Tsinghua, Beida (Université de Pékin), l’Institut de Technologie d’Harbin, Beihang, l’université du Zhejiang, etc. Parmi les professeurs dont le nombre de papier accepté est le plus haut, un professeur de l’Institut Technologique d’Harbin, Liu Ting. Ses publications ainsi que les autres papiers importants sont consultables dans l’article.

Zhang Yongqian (Horizon) : réflexions sur l’IA et “l’edge computing” – EDN电子技术设计 publicatios le 9 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Zhang Yongqian, vice-président de Horizon Robotics (地平线) a présenté lors de la conférence d’ASPENCORE “DoubleSummit” leurs micro-processeurs l’IA pour explorer l’edge computing (ou informatique en périphérie – mode d’optimisation des données dans le cloud computing permettant de traiter localement des informations au lieu de les envoyer dans le cloud, et donc économisant bande-passante et énergie). Les solutions développées visent le marché de l’AIoT (Artificial Intelligence of Things – série de processeurs jiuri 旭日) ou les voitures autonomes (série chuzheng – 出征). L’article reprend en outre les grands points de la présentation de Zhang Yongqian.

Directrice de service du ministère de l’industrie : “le développement de l’IA chinoise offrir au monde une grande contribution” 人工智能产业发展联盟AIIApublication le 4 novembre, dernière consultation le 19 novembre. C’est une citation de Hu Yan (胡燕), chef du service technologie au sein du MIIT (le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information) lors d’une conférence à Hangzhou sur le développement de l’industrie de l’IA en Chine, tenu le 2 novembre. Elle a salué les succès chinois, puis a donné trois lignes directrices. Premièrement une innovation osée et courage, dans des domaines “aux frontières” du savoir : les neurosciences, les algorithmes fondamentaux, les micro-processeurs et la recherche fondamentale. Deuxièmement, valoriser l’écosystème industriel : travailler en collaboration (avec l’étranger également), voire en open-source entre différentes entreprises, penser à l’application commerciale des innovations, renforcer la concentration de talents dans l’industrie. Troisièmement, renforcer la protection de la propriété intellectuelle tout en établissant des mécanismes de transfert de PI pour favoriser le partage. Notons que l’article était posté sur le site de l’Alliance pour le développement de l’industrie de l’intelligence artificielle, une association appuyée sur des grands groupes chinois (BATX ; Huawei, Qihoo 360, etc.) ainsi que différents centres de recherches d’Etat et universités.

Développer la “data intelligence”, au cœur d’une conférence à Hangzhou – 36氪publication le 9 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Plusieurs participants de marque étaient présents à cette “Hangzhou Human Resource Exchanges and Cooperation Conference” tenue le 9 novembre. Alibaba Cloud (le CTO en charge du département IoT), iwhale cloud (浩鲸科技), Qidianyun (奇点云), pour ne citer qu’elles. L’invité principal était Steve Chen (陈世卿) académicien taïwanais qui insistait sur l’importance de développer la puissance de calcul” pour soutenir le développement de l’industrie numérique. L’objectif pour la Chine n’est pas seulement de contrôler 80% de la production d’équipements 5G (ce qui serait le cas) mais aussi de récupérer 50% du marché du logiciel. Le reste de l’article décrit succinctement les interventions des entreprises.

L’entreprise hollandaise ASML, SMIC réagissent à l’interdiction de vente de machines du premier au second – 电子工程专辑publication le 11 novembre, dernière consultation le 19 novembre. L’entreprise chinoise avait commandé une machine permettant de réaliser des micro-processeurs de moins de 7 nm, pour la somme de 120 millions d’euros. L’information a été reprise au début du mois de novembre par plusieurs médias anglophone, mais cet article propose une analyse de l’importance de cette machine “EUV de photolithographie” (EUV光刻机) : ASML est l’un des seuls vendeurs de ces machines au monde, et les entreprises chinoises souhaitent préparer l’avenir et la production de processeurs de 7 voire 5 nm : ces machines sont vitales à la production de microprocesseurs.

23 villes ont choisi le “cerveau urbain d’Alibaba” pour construire leur smart city – CINNpublication le 3 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Le “big brain” (城市大脑) d’Alibaba Cloud couvre 11 secteurs comme les transports publics, le “management urbain” (城管 – c’est à dire les autorités publiques locales), le tourisme et la culture, l’hygiène et les services sanitaires. Il permet de réduire les encombrements routiers en modulant les feux rouges ; de faciliter les prises de rendez-vous chez le médecin, d’automatiser les péages, faciliter l’appel d’ambulances, etc. Parmi les 23 villes sont les suivantes : Hangzhou, Haikou, Beijing, Shanghai, Chongqing, Guangzhou, Tianjin, Lhasa, Wuhan, Zhengzhou, Shijiazhuang, Taiyuan, Xi’an, Chengdu, Suzhou, Hefei, Xiong’an, Jincheng, Zhangzhou, Huzhou, Zhangzhou, Macau, Kuala Lumpur.

Articles et recherche scientifiques

Une équipe de Tsinghua en couverture du magazine “Nature” – AI科技大本营publication le 4 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Le directeur du centre de “brain computing” de Tsinghua Shi Luping a été mis en valeur pour des travaux sur les micro-processeurs et l’intelligence artificielle. L’article titré “Towards artificial general intelligence with hybrid Tianjic chip architecture” (lien), présente les travaux sur un micro-processeur construit avec en 28 nm, mesure 3.8 X 3.8mm2 et 156 Fcore (计算单元 – computing element ?). En termes moins technique, il s’agirait du premier microprocesseur “inspiré d’un cerveau” avec fusion isotopique. (异构融合类脑芯片). Plus concrètement, il intègre les leçons de travaux en sciences informatique et neurosciences sur une seule plateforme, permettant ainsi d’utiliser des algorithmes de machine learning et des algorithmes “inspirés du cerveau” (类脑计算算法). Ils ont également réussi à intégrer ce processeur sur une bicyclette autonome, lui permettant de détecter, reconnaître et éviter les objets en temps réel. Par ailleurs, le vélo pouvait réagir au contrôle vocal, dispose d’une fonction de prise de décision, etc. L’objectif n’est pas ici le développement d’une intelligence artificielle précise mais le développement d’une intelligence artificielle dite “générale”, et pour cela Shi Luping travaille sur un réseau informatique “similaire au cerveau”. Pour aller plus loin : Zhihu (post technique) ; l’article du 13 août sur le site de Tsinghua ; CCTV.

Etudiez le : le livre “méthodes d’apprentissage algorithmiques” de Li Hang est disponible – 机器之心publication le 11 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Li Hang (李航) a commencé à écrire ce manuel en 2005 et l’a terminé en 2012. La version actualisée a été publiée en mai de cette année. Il introduit les principaux modèles d’apprentissage statistiques, répertoriés dans les catégories “d’apprentissage supervisé” ou “non supervisé”. La seconde partie traite du partitionnement de donnée. Li Hang, docteur en sciences informatique à l’université de Tokyo, a travaillé pour le bureau de recherche Asie de Microsoft, a été l’un des scientifiques en charge du projet “Arche de Noé” de Huawei, et travaille désormais pour Bytedance. Son livre est désormais recommandé dans plusieurs universités dans le cadre de cour sur le machine learning, donc Tsinghua. Le livre est disponible sur Baidu Yunpan

Est-ce que l’analogique (plutôt que le digital) et les “mix mode circuit” sont l’avenir des processeurs IA de type “système on chip” – 电子技术设计 publication le 11 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Traduction d’une présentation (en anglais) lors de la Asian Solid State Circuit Associate à Macau. Avant d’entrer dans le détail technique, l’article explique que les publications chinoises des universités prestigieuse (Tsinghua en tête) comptent aujourd’hui parmi les plus “acceptées”.

Recrutement en doctorat dans des universités américaines (et chinoises) – 机器之心­ – publication le 7 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Jiqizhixin, média réputé sur l’intelligence artificielle en Chine, a compilé et traduit des offres de doctorat avec des chercheurs (majorités chinois) installés dans les universités américaines.

Brèves & événements

Les “mots clés” de la tech sont-ils vides de sens ? – 36氪  – publication le 8 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Article basé sur un podcast (préparé par l’animateur d’émission scientifique Wang Wei et une équipe de la Shanghai Development Bank – le but est d’explorer le futur technologique) qui s’interroge sur les réalités derrière l’engouement technologique : est-il sûr d’utiliser la reconnaissance faciale pour payer ? La 5G, la réalité augmentée ou virtuelle apportent-ils de réel bouleversement ? L’IA va-t-elle nous mettre au chômage ? L’article, court au regard des questions posées, tend plutôt à nuancer ces questions, tout en reconnaissant que les technologies n’apportent pas de réponses en-elles même.

COSCO s’allie avec des groupes étrangers pour développer des standards de construction et d’utilisation des données des “navires intelligents” – CINNpublication le 11 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Le but est de développer l’interopérabilité et l’échange de données issus d’équipements intelligents pour navires. La liste des partenaires est plutôt longue. On peut citer MAN Motors (Allemagne), Wartsila Chine (Finlande), Kongsberg Marine (Norvège), Alfa Laval (Suède), ainsi que plusieurs centres de recherche ou entreprises chinoises de la construction navale.

Comment 12306 gère les millions de requêtes pour les milliers de billets achetés lors du Nouvel An chinois ? – AI科技大本营publication le 12 novembre, dernière consultation le 19 novembre. Long article technique, lignes de codes incluses, sur la manière dont le site d’achat de billet de train national chinois 12306 gère les centaines de milliers de requêtes d’achat de billets de train.

Dassault System (Chongqing) installe un centre d’innovation sur la “construction intelligente” dans la ville – CINNpublication le 5 novembre, dernière consultation le 19 novembre.

L’entreprise c’est installé dans le nouveau district de Liangjiang. Le centre pourra incuber de jeune startup et collaborer avec les différentes industries locales pour améliorer sa plateforme logicielle.

Deuxième forum sur la guerre aérienne du futur et l’intelligence artificielle – 凤凰publication le 12 novembre, dernière consultation le 19 novembre. La conférence débutera le 30 novembre jusqu’au 1 décembre, à Hangzhou (informations dans l’article). Elle est organisée par un certain nombre de centre de recherche militaires liés à AVIC ou la CASIC, ou spécialisés dans les munitions, l’ingénierie électronique, etc.) Parmi les intervenants et angles de recherche, le directeur de AVIC, un professeur du Beijing Institute of Technology, deux chercheurs affiliés respectivement à l’académie de recherche de la Marine et de l’armée de l’air. La liste des thèmes de recherche et des intervenants est disponible dans l’article. Citons, en thèmes : les réseaux de combats aériens (cloud de combats), technologie de contrôle et de collaboration entre “de larges plateforme furtives” et des drones ; contre-mesures ciblant les contrôles de systèmes intelligents ; systèmes de guidages avancés : collaboration entre munitions et “multiplateforme”, combat en essaim ; technologie de fusion de l’information (la liste est bien plus longue).

Ouverture de la compétition sur l’utilisation d’algorithmes dans la création d’applications innovantes des données de la ville Qingdao – 机器之心publication le 11 novembre, dernière consultation le 19 novembre. La ville de Qingdao met à disposer ses données publiques dans le cadre de cette compétition. Trois thèmes sont ouverts pour les participants : “application et traitement de données innovantes” ; “reconnaissance des entreprises manquant de crédibilité” (thème en lien avec le crédit social) ; mesure en temps réel et prédiction du trafic urbain. La compétition durera jusqu’en 2020. Pour la compétition, la ville a construit une base de données colossale, 460.000 personnes morales, une base de données géographique composée de 248 couches ; 500 millions d’information de crédit public (l’un des types d’information du crédit social) ; les données 8 millions d’habitants. Il n’est pas clair dans quelle mesure ces données seront « proposées » aux participants. L’article mentionne qu’une telle quantité de donnée « inspirera les participants ». Site web de la compétition

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