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Passe Muraille n°49 – semaine du 10 février

Passe Muraille n°49 – semaine du 10 février

Editorial

Nouvelle semaine, nouveau Passe Muraille. Les nouvelles venant de Chine sont mauvaises, pour le dire franchement. Dans le Hubei, l’épidémie ne semble pas encore sous contrôle, et Xi Jinping a multiplié les appels au renforcement des mesures de contrôle, tant de l’épidémie que de l’opinion publique mais aussi des masses populaires. En d’autres termes, la reprise en main par Pékin signifie des mesures plus répressives. L’impact économique de l’épidémie sera tout aussi douloureux pour la Chine et le peuple chinois, l’hôtellerie, la restauration, le tourisme sont les secteurs les plus touchés. Mais ce ne sont pas les seules : le secteur des semi-conducteurs anticipe des retards dans les livraisons et d’autres secteurs industriels pourraient suivre. Les prochains Passe Muraille suivront bien entendu ces sujets avec rigueur.

Nous remercions les contributeurs habituels, Camille Liffran, Clémence de Gail, Paul Miazga, Stéphane Mouly.

Affaires intérieures

Coronavirus

L’épidémie de coronavirus est le principal sujet de ce Passe Muraille, nous avons donc fait le choix de regrouper les différentes catégories de politique intérieure sous ce thème. Nous remercions tout particulièrement Camille Liffran pour son travail dans cette section.

La situation mi-février 

La situation ne semble toujours pas stabilisée. La Commission nationale aux affaires sanitaires a déclaré le 15 février un total de 68 500 cas confirmés et 1665 morts dans 31 provinces chinoises (Site de la Commission nationale aux affaires sanitaires)

La Commission aux affaires sanitaires du Hubei a publié le 12 février un “Plan de diagnostic et de traitement du nouveau coronavirus”. (Site de la Commission). Le plan a introduit une révision des méthodes de diagnostic et de classification des cas diagnostiqués.  Ces nouvelles méthodes de calcul expliquent l’ajout le 12 février de 14 840 nouveaux cas dans le Hubei (dont 13 436 à Wuhan), faisant monter le nombre total de cas dans la province ce jour à 48 206 cas.

L’attention des cadres et du groupe dirigeant central chargé de la lutte contre le virus dans le Hubei se tourne vers d’autres localités, comme Huanggang, deuxième foyer de la crise après Wuhan (CCTV). Caixin évoque l’existence de plusieurs “clusters” épidémiques au Hubei mais aussi dans d’autres provinces. Le journal enquête ainsi sur la situation à Xinyang, dans le Henan, où le nombre de cas a connu une croissance à deux chiffres pendant neuf jours consécutifs. La ville est en effet proche du Hubei, à 200 kilomètres de Wuhan, et de nombreux habitants font des déplacements réguliers dans la province. Les médecins interrogés dans l’article expliquent que les ressources médicales sont encore très insuffisantes. Caixin publie également un article sur l’état déplorable de l’hôpital d’urgence Lei Shenshan à Wuhan qui déplore de nombreuses fuites causées par des pluies intenses, tandis que, toujours selon Caixin, un petit nombre de malades n’ont toujours pas pu être admis.

Une reprise en main vigoureuse des autorités centrales 

La volonté de reprise en main des autorités centrales sur la situation se poursuit avec la visite officielle de Xi le 10 février auprès d’un comité de résident local et l’hôpital Ditan à Pékin, depuis lequel a été organisé une vidéoconférence avec le “front” de la lutte contre le virus à Wuhan. Cette tournée, mise en scène durant 17 minutes au journal de CCTV du 10 février (CCTV), a été l’occasion pour le président chinois de lancer un appel à la remobilisation des troupes dans ce qu’il appelle la “guerre du peuple” face au nouveau coronavirus.

Plusieurs réunions au sommet ont également été organisées. Lors de la réunion du Comité permanent du Bureau politique du 12 février (Sina), Xi a déclaré que la situation était arrivée à son point le plus critique. Il a récapitulé les grands points de la stratégie officielle face à l’épidémie, en rappelant que la priorité absolue restait Wuhan et la province du Hubei, l’approvisionnement en équipements médicaux ainsi que la protection du personnel médical. Il a encouragé les autres provinces à mettre en oeuvre une classification rigoureuse de leurs divisions administratives en fonction de la situation épidémique locale. Les provinces sont également chargées de formuler des stratégies de prévention efficaces, notamment via le recours aux nouvelles technologies (intelligence artificielle, big data ou encore cloud computing). Tous les secteurs économiques et sociaux sont amenés à participer à la mise en oeuvre des mesures de prévention et de contrôle du virus.  Li Keqiang a repris ces points clefs à l’occasion de la réunion du groupe dirigeant de travail sur le nouveau coronavirus le 13 février (WeChat, Xinhua) Le 14 février, dans un discours prononcé lors de la 20e réunion de la Commission centrale sur l’approfondissement des réformes, Xi Jinping a insisté sur le besoin de renforcer les mécanismes de prévention des épidémies mais aussi la lutte contre la vente et la consommation d’espèces animales sauvages et enfin l’achèvement de la loi sur la biosécurité (Xinhua).

De nombreux corps de métiers dont l’armée sont mobilisés. Ainsi le 13 février, l’APL a déployé près de 2600 membres du personnel médical pour soutenir les équipes de Wuhan (CCTV), En outre, de nouvelles mesures de contrôle et de confinement sont mises en oeuvre et étendues. A la même date, la ville de Huanggang a ainsi été entièrement placée “sous quarantaine” (Jiemian). l’ensemble des communautés de quartier fonctionnent sur le mode d’une “gestion fermée” (封闭管理) : les résidents ne sont plus autorisés à sortir de chez eux, les voitures sont systématiquement contrôlées ; la logistique et la distribution de vivres sera effectuée par les comités de quartiers, etc. La ville de Shiyan (450 km de Wuhan) a pris, d’après Jiemian, des mesures similaires pour contrer le virus.   Pékin aussi passe en mode “gestion fermée” (QianlongWang / SCMP), de même que Wenzhou, troisième foyer de l’épidémie après Wuhan et Huanggang (Sixth Tone).

Remaniements à la tête du Hubei 

La reprise en main de Xi s’affirme également de manière drastique par le renvoi de très hauts responsables au Hubei, d’abord le 10 février de Zhang Jin et de Liu Yingzi, secrétaire et directeur de la Commission aux affaires sanitaires du Hubei (WeChat), puis le 13 février de Jiang Chaoliang, secrétaire du parti de la province, remplacé par Ying Yong, et Ma Guoqiang, le chef du parti à Wuhan  remplacé par Wang Zhonglin (Caixin).

Ying Yong, né en 1957, membre du 19e Comité central, a commencé sa carrière dans le système de sécurité publique de la province du Zhejiang avant d’accéder en 2006 aux fonctions de président de la Cour suprême de la province. Il est envoyé à Shanghai à partir de 2008 et devient maire de la municipalité en janvier 2017 (un article sur les premiers pas de  Ying Yong au Hubei 新京报 WeChat). Wang Zhonglin, né en 1962, a quant à lui fait sa carrière dans les instances politiques et juridiques de la province du Shandong. Il a été nommé maire de Jinan en 2017, à la faveur d’une vaste purge de l’équipe dirigeante provinciale alors en place (pour un portrait plus détaillé, voir notamment 政知圈 WeChat).

Ces nominations ont été amplement commentées: Comme le note Jun Mai (Twitter), si de tels remaniements ne sont pas inédits (cela avait été fait à l’époque du SRAS en 2003), ils restent des faits relativement rares et témoignent de la gravité de la situation politique. Il  est également frappant de constater que la nouvelle équipe mise en place (dont Chen Yixin, secrétaire général de la Commission des affaires politiques et juridiques, envoyé à Wuhan pour co-diriger le groupe central en charge de l’épidémie) concentre des protégés de Xi ayant fait une partie de leur carrière à ses côtés au Zhejiang et/ou ayant évolué dans le secteur de la sécurité publique ou des affaires politiques et juridiques. (New Zhijiang Army – Wikipédia).

Cette nouvelle équipe contraste fortement avec les dirigeants destitués : Jiang Chaoliang avait fait carrière dans le système financier et était secrétaire du Parti de la province depuis seulement deux ans, tandis que Ma Guoqiang venait du monde de l’entreprise (président de la première entreprise sidérurgique de Chine, le groupe Baowu) et comptait uniquement deux ans d’expérience politique (sur Ma Guoqiang, voir WeChat) Si l’on rappelle, comme le fait l’article de Caixin, que Gao Qiang et Wang Qishan avaient été nommés à la tête du Ministère de la santé pour gérer la crise du SRAS en 2003, les dernières nominations peuvent être interprétées comme un geste politique fort de la part de Xi qui resserre ses rangs autour de lui et fait monter en puissance ses protégés. Des responsables dans d’autres provinces ont également été évincés ou sanctionnés cette semaine pour leur mauvaise gestion de la crise : ce serait le cas de 26 fonctionnaires sanctionnés en Mongolie intérieure (WeChat) et, d’après Jiemian, d’un total de plusieurs centaines de cadres.

Le 15 février, le magazine théorique du Parti communiste Qiushi (求是) a publié un article reprenant un discours de Xi Jinping lors d’une réunion du politburo le 3 février. Xi indique dès le début avoir donné les premières instructions pour lutter contre le virus le 7 janvier, soit une semaine et demie avant que les autorités locales n’admettent, autour du 20 janvier, que la situation était plus grave que prévue. Le texte met en avant la réactivité du gouvernement central et l’adéquation des réponses et mesures prises dans la gestion de la crise. Il souligne la nécessité de redoubler d’efforts quant à la gestion de l’opinion publique.

En clair : la machine de la propagande doit désormais réécrire l’histoire de l’épidémie et montrer que le Parti et son centre (Xi Jinping) ont agi avec efficacité dès le début de la crise. (Compte rendu lors du JT du 15 février). En même temps, les autorités marchent sur des oeufs; la mise en récit officielle des derniers remaniements et de l’action du gouvernement doit être examinée avec attention. Il est permis de s’interroger sur la date du 7 janvier à laquelle Xi Jinping aurait donné ses premières directives. S’il s’agit de souligner la réactivité des autorités centrales, cela peut aussi suggérer que l’Etat chinois avait déjà pu avoir accès à une connaissance fine de la situation avant cette date.

Renforcement du contrôle et nouvelles critiques

La répression à l’égard des lanceurs d’alerte et le resserrement du contrôle de l’opinion publique se poursuivent également. Susan Finder propose sur son blog une analyse des dernières directives publiées par la Cour suprême (CSP) au sujet de l’épidémie : “l’Avis sur la sanction des infractions et des crimes obstruant le travail de prévention et de contrôle de l’épidémie de nouveau coronavirus » (6 février) et la  « notification sur la nécessité de garantir la sécurité du personnel médical et de maintenir un ordre médical positif en période d’épidémie » (7 février). Publiées le 10 février, ces directives tendent à renforcer les mesures coercitives. Elles présentent un caractère éminemment politique dans la mesure où elles n’ont pas de statut de document juridique à proprement parler mais servent d’orientation aux juges pour faire appliquer la loi dans le contexte de l’épidémie actuelle. Pour un suivi des derniers textes officiels et réglementations autour du coronavirus, nous recommandons à nouveau la consultation du site China Law Translate 

Après Li Wenliang et Xie Linka, Liu Wen, un troisième médecin de Wuhan, a révélé le 7 février avoir subi des pressions après avoir tiré la sonnette d’alarme face au coronavirus (Caixin). Encore en service, il serait une des huit personnes accusées par le gouvernement local d’avoir répandu des rumeurs. Certains médias, comme Fenghuang (Phoenix News), ont également été la cible d’accusations (Wechat).

Malgré une certaine reprise en main de la communication officielle à partir de la première semaine de février et le resserrement du contrôle, de nombreuses analyses critiques de la crise, pour certaines relativement audacieuses, ont continué à être publiées sur les réseaux sociaux chinois. Le professeur de droit Wang Yan a par exemple écrit le 14 février une lettre au Comité permanent de l’ANP pour souligner des contradictions juridiques entre la loi sur les maladies infectieuses et la loi sur la gestion des situation d’urgence (Wechat/ 法治研究智库). Une autre critique, anonyme, publiée par le compte Wechat 说刑品案 / archive consacré aux questions juridiques, a retenu notre attention  : elle constitue un véritable plaidoyer en faveur de réformes systémiques de nombreux pans de la vie politique et sociale chinoise. L’auteur appelle à une réflexion profonde à la fois sur les conséquences à venir de l’épidémie et sur les graves failles qu’elle révèle en termes de gouvernance et de mécanismes d’urgence et de prévention, défaillances qui ne doivent pas être imputées à de seules erreurs individuelles ou au contexte local. L’article, long et dense, propose des transformations pratiques très détaillées du système national de lutte contre les urgences sanitaires (mise en place d’un état d’urgence à différents niveaux, réforme du système de gestion du personnel médical et des équipements,…). Il critique une communication officielle jugée fébrile et peu habile et dénonce les méthodes de propagande en cours ainsi que l’incompétence des hauts fonctionnaires, invoquant la nécessité de “ré-orienter l’esprit national”. Il prône également l’édification d’un système de gouvernance sociale moderne plaçant la société civile au coeur, autorisant la critique et invitant tous les citoyens à participer activement à la vie publique à travers des mécanismes de démocratie participative.

Hong Kong & Taiwan

Série d’exercices militaires autour de Taiwan (Reuters) Autour du 9 et 10 février, les avions de l’armée de l’aire et de la marine chinoise ont fait le tour de Taiwan et franchit au moins une fois la ligne médiane (qui sert de ligne de démarcation) au milieu du détroit, forçant les chasseurs taïwanais à intervenir

Le bureau pékinois en charge de Hong Kong et Macau change de dirigeant (Twitter) Sebastian Veg a compilé sur son Twitter une série d’article depuis la récente nomination de Luo Huining (en janvier) a la tête du bureau de liaison à la place de Wang Zhimin. Or, le 13 janvier, le supérieur hiérarchique de Luo Huining (Zhang Xiaoming, à la tête du comité en charge des affaires de Hong Kong et Macau (un poste ministériel) a été remplacé par Xia Baolong, un autre conservateur (qui a supervisé la démolition d’églises au Zhejiang) (SCMP / Twitter).

Economie

Généralités

Long format sur les perspectives du marché immobilier (WeChat) Article de l’agence de notation financière chinoise Dagong (大公) sur les risques dans l’industrie immobilière. L’article est l’analyse est placée sous le signe de la stabilité, mais entre les lignes on décèle une inquiétude : la rentabilité de l’industrie décroît, la pression pour le paiement des dettes des petits et moyens promoteurs s’accroît, tandis que les perspectives économiques générales sont mauvaises. Les auteurs notent que la politique gouvernementale reste inchangée : lutte contre la spéculation immobilière et pas de relance par l’immobilier. Seule lueur d’espoir : après le coronavirus qui aura un impact certain dans le Hubei, les auteurs espèrent que la demande dans des “villes dynamiques de deux rang” continuera de s’accroître.

Les autorités réfléchissent à une compensation pour les compagnies aériennes durement touchées (WeChat) Le 15 février, Li Jian (李健) sous directeur du bureau pour l’aviation a indiqué que des subventions pour les compagnies aériennes étaient à l’étude. En effet les compagnies chinoises ont déjà déboursé plus de 20 milliards de RMB en remboursement, ce qui pèse naturellement dans leurs comptes. Selon les informations obtenues par l’auteur de l’article, le plus probable est une réduction des frais d’aéroports au décollage et atterrissage (机场起降费). Voir aussi ce graphique sur la chute du nombre de voyageurs tous médiums confondus (Twitter).

Agriculture

Article sur l’impact de l’épidémie dans l’agriculture (Jiemian) Le journaliste de Jiemian s’est rendu à Shunyi, dans la banlieue de Pékin, pour rencontrer Shi Yan, directrice d’une ferme et AMAP. La crise du coronavirus a fortement impacté son commerce. Au total, Shi Yan revend les produits de 150 producteurs ! Le riz vient de petits producteurs du Heilongjiang, le porc du Gansu, les pommes de Yantai, etc. Or, les barrages routiers et les quarantaines empêchent l’approvisionnement : le riz est bloqué dans les entrepôts au Heilongjiang, tandis que le porc ne peut sortir du Gansu, tandis que les abattoirs n’ont pas reçu la license renouvelée pour continuer à opérer. Et même si certaines entreprises offrent des liaisons logistiques, le coût du transport a explosé. Enfin, le dernier problème est celui de la main d’oeuvre : la ferme de Shi Yan emploie 20 ouvriers, mais cette année la plupart d’entre eux sont bloqués dans leur province. Ils ne peuvent rentrer à Pékin alors que la saison va bientôt débuter. Le problème est l’approche “one size fits all” employée par le gouvernement, qui a imposé des barrages routiers sans tenir compte des besoins économiques locaux. Le ministère des transports a ensuite tenté de rectifier le tir, en proposant des “passages prioritaires” pour le transport de denrée agricole notamment. Mais les petits producteurs restent néanmoins durement touchés.

Industrie et entreprises

Brèves par 36Ke et  Yi’ou (WeChat) Parmi les brèves intéressantes : Taobao met en place un fond de soutien pour les agriculteurs doté d’un milliard de RMB pour les aider à écouler les marchandises non vendues ; tandis que Zhifubao (Alipay) met en place un système de compensation pour les PME qui reprennent leur activité (jusqu’à 800 RMB par jours pendant 14 jours). Notons que la plupart des grandes entreprises de l’internet s’engagent par l’intermédiaire de subvention, de procédures spéciales ou autres à aider les entreprises. Selon Yi’ou (WeChat), le ministère de l’industrie va réviser les réglementations sur le véhicules à énergie renouvelables ; le ministère du commerce demande aux plateforme e-commerce de publier sous 48 heures les activités illégales de commerces et commerçant menées sur les plateformes. Le Conseil des Affaires de l’Etat a quant à lui souligné l’importance de lutter contre le chômage et “prévenir les licenciements massifs”. Côté entreprise Haier annonce que 52% de ses employés ont repris le travail, la majorité de la production étant dirigée vers les appareils touchant à la santé ; Jingdong Pharmacy (京东大药房) met en place une plateforme en soutien aux personnes atteintes de maladies chroniques qui, à cause de la situation n’ont plus accès à leur traitement. En s’inscrivant sur la plateforme, ils permettraient à Jingdong d’organiser leur ravitaillement.

Les grandes entreprises de la téléphonie mobile chinoises se liguent contre Google (Reuters) Huawei, Xiaomi, Oppo et Vivo s’unissent pour créer une plateforme permettant aux développeurs (chinois) de mettre en ligne leurs applications et leur médiatisation dans les marchés étrangers. Selon les analystes, c’est une tentative de se placer en position de force par rapport à Google

Impact de l’épidémie sur l’industrie des semi-conducteurs (WeChat) Comme les autres industries, les semi-conducteurs sont sous pression. Si les principales fonderies situées de part et d’autres du détroit (celles de TSMC à Taiwan) et celles des constructeurs nationaux (SMIC, Yangtze Memory Technologies Co., Ltd. – 长江存储 et Wuxi CRC Shanghua Technology – 无锡华润上华科技 ou encore Shanghai Huahong Grace Semiconductor Manufacturing Corporation (华虹集团) n’ont pas subi d’arrêt ou interruptions du travail, il n’en va pas de même pour les centres de tests et d’intégrations, majoritairement situés en Chine, qui eux ont été affectés. Selon les informations obtenues par Leifeng, un vrai risque de pénuries peut se présenter. En effet, si pour l’instant les ouvriers chinois devraient retourner au travail le 24 février, ce délai dans la reprise de l’activité provoque mécaniquement un retard d’un mois dans la production, qui retrouvera son niveau normal en mars. En ce qui concerne les smartphones, l’ensemble des livraisons devrait être inférieures aux estimations initiales, avec une baisse des ventes des smartphones en Chine de 9% tandis que la croissance de la production des semi-conducteurs est révisée à la baisse de 2%.

Baisse drastique du recrutement de nouveaux salariés par les petites et moyennes entreprises (Yicai) Selon le site de recrutement ‘BOSS’, les recrutements de talents par les PME et TPE (entreprises de moins de 100 salariés) a chuté de 60% dans les dix jours ayant suivi le nouvel an chinois, sauf dans les secteurs de la logistique et de l’éducation qui ont vu une augmentation. La période suivant le nouvel an chinois marque habituellement le début de la saison du recrutement. Les baisses les plus nettes ont eu lieu dans le secteur du tourisme, du marketing et de la publicité, l’hôtellerie, la restauration et enfin la fintech. Les entreprises de plus de cent salariés sont moins touchées par cette baisse du recrutement.

L’épidémie frappe de plein fouet les petites entreprises (36kr) Étude menée par Tsinghua et HSBC sur 1000 entreprises 85% n’ont que des liquidités pour 3 mois. Si la situation est préoccupante, 36Kr note que près de 60 fonds d’investissements ou entreprises se sont unies pour porter secours aux PME et TPE, ayant donné au total 5 milliards de RMB en fonds de soutien. 36kr annonce participer à un plan d’autorités locales pour aider ces entreprises.

See Also

Impact du virus sur l’industrie alimentaire (Caixin) Selon un rapport de l’association des arts culinaires chinoise (中国烹饪协会) l’épidémie de coronavirus a eu un profond impact sur la filière de la restauration chinoise : près de 78% des entreprises de la filière ont accusé une baisse de revenus de 100% par rapport au nouvel an chinois de l’année précédente. Selon l’association, l’impact du coronavirus est bien plus important que lors de l’épidémie de SRAS il y a 17 ans. Si l’épidémie venait à durer, les restaurants serait durement impactés alors que la majorité d’entre eux n’ont de liquidités que pour 3 mois. Selon le rapport, une fois l’épidémie terminée, il faudra encore 2 à 3 mois pour que les restaurateurs se remettent des mois difficile, période pendant laquelle il sera peut être nécessaire de licencier des employés. L’association préconise un soutien du gouvernement sous la forme de réduction de loyers, prêts bancaires et subventions. Sanlian a publié un long article sur les difficultés de restaurateurs dans le pays (WeChat)

Les pompes à essences touchées par la crise (Jiemian) : les ventes sont en baisse depuis le début des vacances de printemps. Un patron de station essence dans le Shaanxi parle même d’une possibilité de baisser les salaires de ses employés si le gouvernement n’apporte pas d’aide sous forme d’allègement fiscal. L’impact de l’épidémie double la baisse de consommation saisonnière habituelle.

Sciences et Technologies

Les brevets de la banque centrale chinoise et ce qu’ils annoncent (FT) Selon le Financial Times, la Banque centrale chinoise a déjà déposé plus de 80 brevets relatif au développement de la monnaie virtuelle. Les différents brevets attestent non seulement du sérieux du travail de Pékin mais aussi de ses ambitions.

5G : la Chine critique la France et menace Ericsson et Nokia (SCMP) Dans un communiqué publié sur le site de l’ambassade chinoise en France et depuis largement médiatisé, la Chine explique que toute mesure discriminatoire européenne sur la 5G reviendrait à heurter les positions de Ericsson et Nokia en Chine.

La CZ-5B est arrivée à Wenchang pour des tests (CCTV) Le 12 février, le journal télévisé diffusait un reportage sur l’avancée de la Longue-Marche 5B pour une préparation au vol prévu à la mi-avril. Ce tir préparerait la Chine à la reprise des vols habités mais aussi des missions vers la lune, la construction d’une station spatiale et vers mars.

Publication de directives en matière de big data (DigiChina) Les réglementations chinoises pour la protection des données comportent souvent des exceptions en cas d’ « urgence nationale ». Ces directives, publiées le 4 février dernier, pourraient constituer une ligne directrice quant aux limites de ces exceptions, en terme de collecte de données. Elle rappellent notamment sur quelles lois se fonde la collecte de données personnelles en cas d’épidémie, que la collecte doit respecter un principe de “portée minimale”, c’est-à-dire se limiter aux cas confirmés, aux cas suspects, et aux personnes ayant été en contact proche avec une personne contaminée, afin d’éviter une discrimination géographique. Elles incitent les entreprises qui en ont les moyens à coopérer avec le gouvernement pour l’analyse big data tout en rappelant que chaque institution est responsable de la protection des données qu’elle traite.

Affaires extérieures

Relations sino-américaines

Déclaration du ministère de la justice regardant le piratage d’Equifax (DOJ) Quatre membres du 54ème Institut de Recherche de l’Armée Populaire de Libération (APL) ont été accusé par le ministère de la justice américain de fraude et d’espionnage économique, pour avoir hacké l’agence de notation de crédit américaine « Equifax ». Les accusés auraient passé plus de 3 semaines à infiltrer la base de données d’Equifax, à laquelle ils auraient eu  accès via une faille dans le logiciel Apache Struts Web Framework, utilisé pour le portail de résolution des conflits d’Equifax. Au total, les accusés auraient eu accès au nom, date de naissance et numéro de sécurité social d’environ 500 000 Américains. Les prévenus sont également accusés d’espionnage économique pour avoir volé des secrets commerciaux tels que les modèles de compilation de données et de base de données d’Equifax.

Étude sur le National Security Council (NSC américain) (WeChat), qui conclut que la structure du Conseil de Sécurité Nationale n’a pas subi de changements majeurs sous l’administration Trump, notamment car Trump n’avait pas, selon l’auteur, l’expérience politique nécessaire pour procéder aux réformes souhaitée par certains depuis l’administration Obama. Les inclinaisons notables sont liées au style de gouvernement de Trump, qui a tendance à contourner les mécanismes formels de prise de décision, s’appuyant davantage sur une prise de décision en petit cercle. Le rapport décrit les stratégies des conseillers à la sécurité nationale pour faire en sorte que Trump lise les documents jusqu’au bout, par exemple en mentionnant son nom bien en évidence pour que cela attise sa curiosité ou en incluant des photos et vidéos. Le rapport souligne également les changements répétés du conseiller à la sécurité nationale.

Indonésie

Xi Jinping a appelé le président indonésien (CCTV) Échange téléphonique le 12 février. Le compte rendu du journal télévisé est largement centré sur les assurances de Xi Jinping qui la Chine fait son maximum pour contrôler l’épidémie. Le communiqué affirme que le président chinois remercie chaleureusement l’aide et la compréhension du président indonésien.

Émirats Arabes Unis

Xi Jinping a appelé l’Émir du Qatar (CCTV) Échange téléphonique le 11 février. Communiqué similaire à celui ci-dessus avec le président indonésien.

Malaisie

Xi Jinping a appelé le premier ministre malaisien (ChinaMil) Entretien ayant eu lieu le 13 février, contenu du compte rendu similaire à ceux mentionnés précédemment.

Suède 

Les difficultés de la relation sino suédoise (Politico) Long format de Politico sur le conflit diplomatique entre la Suède et la Chine, conflit qui court depuis plusieurs années déjà. Il est largement dû à la personne de Gui Minhai, libraire dissident (devenu citoyen suédois) qui a été plusieurs fois enlevé par les autorités chinoises.

Eswati (Swaziland)

Pékin met la pression sur l’un des derniers pays africain allié à Taiwan (DailyMaverick) La République populaire menace entre autres la monarchie absolue africaine de couper tout contact commercial si elle n’abandonne pas Taiwan pour Pékin. L’ambassadeur chinois s’est fendu d’une longue menace en sept pages dans lequel il menace notamment d’encourager les autres Etats africains à ignorer et marginaliser le pays tant que celui ci n’aura pas abandonné son allié taïwanais.

Militaire

De l’importance de Wuhan dans le secteur de l’industrie militaire (Sina) Wuhan est un centre économique et industriel de la Chine, et son industrie militaire est importante. Ainsi, dans les environs de la ville plusieurs centre de recherche et chantiers sont présents. Parmi lesquels : le chantier naval de Wuchang (武昌造船厂) ; l’université d’ingénierie navale (海军工程大学) ; plusieurs centre de recherche dont le centre d’étude et de design naval (中国舰船设计研究中心) connu aussi sous le nom de centre n°701 (701所) ; des centres d’intégration d’électronique ; le centre n°709 (709所), appelé autrefois 中国科学院武汉数学计算研究室 – le laboratoire de recherche informatique et mathématique de l’Académie des Sciences de Wuhan – qui s’occupe des systèmes de commandement, des ordinateurs de bords, des traitements de l’image, contrôle de tirs, etc. ; le laboratoire n°719 (719所) qui s’occupe de la propulsion nucléaire ; le centre n°717 (717所) qui s’occupe d’équipements lasers et d’optiques et encore le centre n°722 (722所) qui s’occupe des communications navales.

Promotions et changement de personnels à Hainan (Caixin) Selon Caixin, le major général Yang Zheng (杨征) précédemment membre du comité du Parti et commandant des forces de la province de l’Anhui est devenu commandant des forces de Hainan. De son côté, He Qingfeng (何清凤), précédemment directeur du bureau politique de l’académie de commandement naval est devenu commissaire politique de la province de Hainan. L’article mentionne en outre d’autres promotions dans d’autres provinces. Ainsi, le LG Wang Haijiang est devenu commandant de la région militaire du Tibet (汪海江) ; le MG Zhang Fandi est devenu commissaire politique de la garnison de Pékin (张凡迪) ; le MG Zhang Lihong est devenu commandant de la région militaire du Jiangsu (张黎鸿) ; le MG Wu Xihua (吴喜铧) est devenu commandant de la région militaire du Fujian ;  le MG général de l’armée de l’air Liu Xiaohua (刘孝华) est devenu commandant de la région militaire de l’Anhui et enfin Xu Guifu, MG, est devenu commissaire politique de la région militaire du Jiangxi.

Réglementations sur les drapeaux militaire (ChinaMil / ChinaMil) Réglementations en 8 chapitres et trente articles qui standardisent les pratiques en matière d’affichage des drapeaux militaires.

Equipments

Y-20 avec pod de ravitaillement en vol ? (Sina) Le Y-20 en renfort à Wuhan (WeChat) Le Y-20 a fait deux fois la une des médias cette semaine. La première fois c’est car il aurait été aperçu équipé de pod de ravitaillement en vol. Cette image n’a pas été confirmée et est en débat au sein de la communauté des spotters. La seconde raison c’est que l’appareil a servi au déploiement des 2600 renforts de l’APL déployés à Wuhan, comme nous le précisions plus haut.


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