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Passe Muraille n°48 – semaine du 3 février

Passe Muraille n°48 – semaine du 3 février

Editorial

L’actualité chinoise est, sans surprise, centrée sur le coronavirus. En tant qu’observateurs extérieurs, il est illusoire de vouloir offrir un compte rendu exhaustif de la situation. Néanmoins, au regard des articles publiés en Chine, aux premiers desquels ceux de Caixin (财新), nous pouvons souligner quelques tendances qui ne sont, malheureusement, pas réjouissante. La première, c’est que l’épidémie ne semble pas être contrôlée, dans le Hubei ou ailleurs. La seconde, c’est l’échec des autorités chinoises à détecter correctement la crise et à prendre les mesures adéquates. Comme le note Da Shiji dans le China Media Project et l’auteur de Chublic Opinion, les leaders politiques provinciaux ont été brillant dans leur incompétence. Dans le Hubei, il aura fallu l’intervention des autorités centrales et de l’armée pour simplement organiser correctement les flux logistiques visant à ravitailler Wuhan. Troisièmement, notons le rôle des entreprises (notamment les géants du numérique, de la distribution) dans l’organisation des réseaux de solidarités dans les villes sous quarantaine. En dernier lieu, rappelons que cette épidémie est une tragédie humaine, que des familles sont entières peuvent être emportées en l’espace de quelque jours, comme le raconte sur douban cette jeune wuhanaise. Ces hommes et femmes ordinaires, comme Li Wenliang et les milliers d’autres, ne doivent être oubliés.

Nous remercions les contributeurs, Clémence de Gail, Quentin Genaille, Paul Miazga.

 

Pierre, président d’EastIsRed

Affaires intérieures

Politique

Essai de Xu Zhangrun très critique sur la gestion de crise du Coronavirus (Matters / CDT) Xu Zhangrun, célèbre juriste chinois qui s’était déjà exprimé lors de l’élimination de la limite des mandats décidées par Xi Jinping au printemps 2018 est revenu à la charge avec un long et cinglant essai critiquant la gestion de la crise par le parti et Xi Jinping. L’essai est long, heureusement Sense Hofstede a résumé les points principaux sur Twitter. Le South China Morning Post y a également consacré un article.

Justice / lutte contre la corruption

Nouvelles réglementations de travail du PCC sur la gestion des accusations et informations soumises aux organes de supervision et de discipline (QdP / CCTV) Ces réglementations s’inscrivent dans la suite du travail juridique lié à la loi sur la supervision (supervision law – 检查法). Cette loi sur la supervision, comme l’a indiqué à maintes reprises Jeremy Daum (CLT) est l’un des changements juridiques les plus importants des dernières années, créant de facto une nouvelle branche du gouvernement dédiée à la supervision du gouvernement et du Parti. Pour plus de détail sur les règlements de travail, voir le communiqué en anglais (gov), pour davantage d’éléments sur la loi de supervision, voir Jeremy Daum sur Twitter.

Coronavirus

Résumer l’actualité du Coronavirus est une tâche bien trop importante pour notre équipe. Nous devons donc faire des choix dans son traitement. Nous avons décidé de consigner les principales informations ci-dessous et nous mettrons un maximum de liens vers des ressources permettant l’analyse. L’essentiel des lois, réglementations et décrets publiés ayant trait au Coronavirus est disponible sur le site de ChinaLawTranslate.

Avant d’entrer dans les détails, nous recommandons fortement la lecture de deux articles essentiels à la compréhension et enchaînements des événements. Le premier est celui du Da Shiji, pseudonyme pour un journaliste vétéran de Wuhan, publié par le ChinaMediaProject dans la dernière semaine de janvier. L’autre est celui de ChublicOpinion, qui propose une des analyses les plus fines de la situation et en particulier de la faillite des autorités politiques.

La situation 

Pour suivre l’épidémie “en temps réel”, Dingxiang Yisheng tient une carte qui permet de visualiser l’évolution par province voire par ville. Mardi 04 février, les autorités confirmaient 20.000 cas, samedi 8 février, la carte affiche 34.000 cas. Bien sur, les chiffres sont à prendre avec des précautions, en particulier le chiffre des décès (724, ce qui donne un taux de mortalité de 2,1%, incroyablement stable depuis le début de l’épidémie – Twitter), tandis que Caixin écrivait au sujet des “personnes hors statistiques car non diagnostiquées dans un hôpital (Twitter). New Beijing News (新京报) reporte le 3 février de nouveaux cas dans de nombreuses provinces et une situation “épidémique collective” (聚集性疫情).

Le weekend du 8 février, il apparaît clairement que la situation n’est pas sous contrôle, alors que davantage de villes sont mises en quarantaine. En effet, la situation attire moins l’attention mais Wenzhou (9 millions d’habitants dans l’agglomération) s’est barricadée tandis que Hangzhou (11 millions) est partiellement bloquée également. La ville aurait en outre restreint considérablement la vente de médicaments pour forcer les gens ayant des symptômes à aller voir le médecin (Twitter). Le Zhejiang est en effet la seconde province avec le plus de cas (voir le fil de Simon Leplâtre).

Autres exemples de mesures prises par les autorités : l’Anhui demande que toute personne ayant été en contact avec des gens “suspectés” d’avoir été infecté par le virus soient mises en isolation (WeChat). Sur le plan matériel, il semblerait que les provinces soient en compétition les unes avec les autres pour l’approvisionnement de masque, en témoigne ces faits divers survenus dans le Liaoning ou le Yunnan (Twitter / WeChat). Une autre tendance, inquiétante et triste, est celle du climat de suspicion généralisé qui peut se développer dans le pays. Le New York Times a consacré à ce phénomène un article saisissant. Enfin, soulignons que les personnes les plus à risques dans l’épidémie sont les plus pauvres, puisqu’elles sont forcées de travailler. (ForeignPolicy)

Après l’intervention de Xi Jinping le weekend du 18 janvier, les autorités centrales ont pris la main sur la gestion de la crise. Le 26 janvier un “petit groupe dirigeant” (领导小组) est mis en place. Il est dirigé par Li Keqiang. Une analyse pertinente de ce groupe est proposée par John Doston (Jamestown). A partir du 30 janvier et du weekend du 2 février, le gouvernement central a pleinement pris le contrôle sur les autorités locales. Dès le 30 janvier, les premiers responsables locaux commencent à être révoqués (Twitter) tandis que l’armée prend en charge la distribution des ressources dans la ville (Twitter). Les récentes inspections menées par les autorités centrales, dirigée sur le terrain par Sun Chunlan confirment cette pression, comparant les cadres qui ne ferait pas leur travail à des déserteurs (CCTV – 6 février) Au 8 février, alors que le virus se répand dans les campagnes (WeChat) de nouveaux cadres ont été envoyé dans le Hubei, dont Chen Yixin, un fidèle de Xi Jinping (SCMP) qui avait été en poste à Wuhan, ayant donc une connaissance des réseaux locaux et Wang Hesheng qui travaillait pour la commission nationale de la santé lors du déclenchement de la crise (SCMPTwitter avec l’analyse de Bill Bishop sur l’annonce de Taoran Biji).

Traitement médiatique de l’épidémie

Entre le 20 janvier et le 2 février, une relative ouverture médiatique a été permise par le gouvernement. Même s’il ne s’agit que de spéculations, ce relâchement de la censure a été possible en partie pour mettre sous pression les autorités locales, en partie à cause de la confusion qui devait régner entre les différents échelons administratifs. Durant cette période, les médias chinois au premier rang desquels Caixin (财新) ou encore NewCapital (新京报) ont permis une couverture inédite de la situation, témoignant de la qualité des journalistes chinois, lorsqu’il leur est permis de s’exprimer. Des volontaires ont commencé un travail d’archivage et de traduction en anglais des documents. Ceux ci sont trouvable sur Github, GoogleDoc ou Twitter. Sur douban (l’un des réseaux sociaux chinois), les gens s’organisent également pour recueillir les témoignages de gens de Wuhan (GoogleDrive). Parmi les figures marquantes, Chen Qiushi, journaliste expérimenté (introuvable depuis le 6 février, probablement “interné” par les autorités) a publié une vidéo poignante sur la situation à Wuhan (Twitter).

Après le weekend du 2 février, le gouvernement central a repris le contrôle sur la communication officielle. Sur internet, les entreprises du numérique ont reçu le 5 janvier une notice de l’Administration du Cyberespace de la Chine (le gendarme de l’Internet chinois) leur ordonnant une reprise en main stricte de la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux (CMP). Le 4 février, le ministère de la sécurité publique a tenue une réunion lors de laquelle les autorités ont réaffirmé l’importance de maintenir la stabilité politique et lutter contre “les forces extérieures qui provoquent des troubles” (Global Times). Autour du 5 février, un grand nombre de compte WeChat ont été supprimés, ce qui a de lourdes conséquences pour l’utilisateur (CDT). Dans le même temps, les forces “pro-gouvernement” sur internet se sont organisées pour contrer la vague de critique – en particulier en accusant le camp adverse d’être irresponsable : on ne critique pas le gouvernement en temps de crise (voir Lotus Ruan sur Twitter).

Les journaux télévisés de la semaine mettaient l’accent sur le combat contre l’épidémie et l’implication des leaders centraux. Xi Jinping avait brièvement “disparu” fin janvier, donnant lieu à de nombreuses spéculations que nous préférons écarter, mais il est réapparu dès le 3 février, réunion du comité permanent du politburo (CCTV). Xi Jinping est présenté en retrait, mais aux commandes de la situation. La priorité est donné à la détection, la prévention, et le contrôle de l’épidémie. Voir aussi le communiqué de Xinhua en anglais. Le journal montre également l’équipe dirigeante envoyée de Pékin dans le Hubei inspecter l’hôpital militaire construit en un temps record. (CCTV) ou encore Li Keqiang présider une réunion du groupe dirigeant de lutte contre le virus (CCTV / Wechat). Sur la semaine, le nombre de reportages consacrés au virus au JT varient entre la moitié voire l’ensemble des sujets abordés dans le JT. La reprise en main de l’opinion s’est accompagnée en outre par l’envoie de 300 journalistes dans le Hubei (NYT).

Notons également que sur les réseaux sociaux et certains médias internationaux, l’engouement pour les vidéos non vérifiées ou conformant l’opinion dans une certaine représentation de la Chine pullulent – exemple sur cette histoire de “citoyens surveillés par des drones”. Celles-ci portent atteinte à la qualité du journalisme sur la Chine et contribuent indirectement au racisme inacceptable que subissent les personnes asiatiques et chinoises en France. Pour les personnes qui comprennent ou lisent le mandarin, nous recommandons en outre l’écoute de storyfm (故事FM) qui propose une série de récits de personnes vivant à Wuhan, de médecins, etc. Guyu Lab (谷雨实验室) propose un reportage photo touchant sur les livreurs à domicile de Wuhan. Sur Twitter, Sixth Tone a regroupé ses publications (en anglais) portant sur l’épidémie.

Le docteur Li Wenliang

L’un des éléments les plus marquant de cette semaine est sans conteste le décès du docteur Li Wenliang (李文亮). Li Wenliang a fait parti des 8 personnes arrêtées le 31 décembre 2019 pour avoir “disséminé des rumeurs” au sujet du coronavirus. Sa faute ? Avoir communiqué sur un groupe WeChat privé avec des collègues médecin, alertant sur les risques de transmissions d’hommes à hommes. Notons qu’il n’a pas transmis d’informations aux médias : sa faute est simplement d’avoir communiqué sur le virus dans un groupe privé. Il sera interrogé par la police qui lui fera signer un document dans lequel il reconnaît (comprends – 明白) sa faute -avoir porté atteinte à la stabilité sociale- et affirme être capable (能) de ne plus refaire cette erreur (voir la lettre et la traduction Twitter ainsi qu’une analyse). Début février, lui et les autres médecins arrêtés sont réhabilités par les médias (y compris les médias d’Etat) ainsi que la Cour Suprême chinoise. Or, Li Wenliang a par la suite été infecté par le coronavirus. Dans la nuit du 6 au 7 février, il décède de la maladie. Une flambée de colère et de tristesse embrase les réseaux sociaux dans des proportions rarement atteintes ces dernières années. Sur Weibo et WeChat les gens affirment leur solidarité, notamment en écrivant “je ne peux pas comprendre et ne suis pas capable de me taire” – 不能 ,不明白 – en référence à la lettre mentionnée plus haut (Twitter). La presse salue unanimement son courage et l’injustice qu’il a subi. Notons par exemple “普通人李文亮” (l’homme ordinaire Li Wenliang) de Renwu (人物) repris par de nombreux journaux ou encore le Southern Weekend (南方周末). Dans la foulée de l’annonce de son décès, les autorités centrales ont lancé la Commission de Discipline et Supervision dans une enquête pour identifier les coupables ayant arrêté à tort le docteur (CCTV). Néanmoins la colère a était telle que les consignes des départements de la propagande sont claires : laisser la colère s’exprimer, dans un certain cadre, mais ne pas attiser les braises (CDT). Samedi 8 février, un rapport d’une entreprise chargée d’analyser les sentiments de l’opinion publique sur internet a fuité sur les réseaux sociaux (voir le PDF complet et l’analyse sur Twitter). Il montre l’ampleur de la mobilisation autour de son nom, et donne quelques pistes pour le gouvernement pour calmer la colère, dont reconnaitre la contribution du docteur à la découverte du virus et punir des responsables dans les échelons subalternes. Dans tous les cas, Li Wenliang est déjà devenu un symbole.

Hong Kong & Taiwan

Nos équipes n’ont pas pu non plus suivre dans le détail l’évolution de la crise du coronavirus à Hong-Kong et à Taiwan. Nous renvoyons donc vers les articles en anglais qui sont abondamment disponible dans les médias. Pour l’affrontement qui oppose la Chine et les Etats-Unis pour l’accession de Taiwan à l’Organisation Mondiale de la Santé, nous y avons dédié un paragraphe dans la section diplomatie.

A Hong-Kong, la situation est compliquée par le conflit politique latent qui dure depuis le printemps 2019. La crise du coronavirus crée un nouveau point de confrontation entre le gouvernement de Carrie Lam et les demandes populaires. En l’occurrence, une partie de la population dont le personnel médical s’est vite opposé aux mesures du gouvernement, accusé de faire trop peu pour la sécurité pour ne pas froisser Pékin. Ainsi la frontière n’a pas été fermée avant fin janvier, tandis que le choix de la localisation d’un quartier de quarantaine a amené à des conflits avec les résidents (SCMP). Par ailleurs, Carrie Lam fait face à une grève du secteur hospitalier et médical qui demande davantage de moyen et protection pour faire face à l’épidémie (SCMP)

Economie

Généralités

Impact économique du coronavirus La croissance chinoise va connaître un ralentissement du fait de l’épidémie de coronavirus : les flux de personnes et de marchandises ont chuté et de nombreuses entreprises ont gelé leur activité. Le 3 février, la bourse de Shanghai a chuté de 8%, et entraîne une perte de près de 400 milliards de dollars malgré les mesures de soutien de l’Etat, explique Reuters. La Banque du Peuple de Chine et les régulateurs financiers ont pris diverses mesures qui sont considérées comme adaptées par les analystes extérieurs. Toutefois, l’impact sur la croissance du virus est certain, la question est de savoir son ampleur. Capital Economics a publié un ensemble de graphique proposant différentes prévisions pour le premier trimestre. Plus récemment, le secrétaire général d’Evercore (conseil bancaire) prévoit une croissance nulle au premier trimestre. (CNBC) Mais prévoir l’impact du virus sur l’économie mondiale n’est pas mince affaire, comme le note Bloomberg qui a interrogé plusieurs économistes. Ces derniers mettent en avant la difficulté de trouver des indicateurs fiables mais aussi pertinent.

De grosses sommes engagées pour faire face au virus (CCTV) Au 3 février 2020, 47 milliards de Yuan (environ 6,5 milliards de dollar US) avait été versés par différentes institutions financières chinoises pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Ces sommes servent au traitement des patients, au soutien du personnel médical et aux investissements en matériel.

See Also

Agriculture

Craintes pour l’approvisionnement alimentaire à cause du virus (DimSum) L’administration nationale pour la nourriture et les réserves de denrées de base a déclaré que l’approvisionnement alimentaire et la stabilisation des prix étaient les tâches politiques les plus urgentes. Les médias nationaux sont priés de diffuser des images de réserves alimentaires abondantes et de supermarchés fonctionnant normalement, afin d’éviter tout “achat panique”. Les officiels au niveau local et municipal sont en charge d’assurer l’acheminement de riz, farine et huile de cuisine vers les marchés de chaque ville, et de suivre quotidiennement l’évolution des prix.

Industrie et entreprises

Quelques nouvelles d’entreprises (WeChat / WeChat) Le China Entrepreneur Magazine publie une série de brève en ces temps troublés. Outre le résumé des actions des autorités, on note l’implique de certaines entreprises.

  • Les entreprises de l’Internet sont actives. WeChat (Tencent) par exemple a mis en place une garantie de 1000 RMB par jours et par personne pour les petits commerçants dont l’un des membres de la famille serait touché par le virus. Jingdong lance une chaîne de produits alimentaires semi transformés et envoyés par des réseaux de distributions de l’entreprise, afin de faciliter l’approvisionnement des restaurants et des personnes en ces temps troublés. L’entreprise a également rendu gratuit ses services de consultations médicales en ligne, et pas seulement ceux liés à l’infectiologie. De son côté, Meituan a amélioré la couverture santé de ses livreurs et de leur famille en cas de contagion par le coronavirus. Ce n’est ici qu’un échantillon mais Alibaba, Baidu, VIPKIDs et d’autres entreprises ont toutes annoncé des mesures d’aide.
  • Dans l’automobile, la joint venture SAIC-GM-Wuling (上汽通用五菱) a converti une chaine de montage pour la production de masques. Quatorze chaînes de productions seront construites, dont 4 consacrées aux masques type N95 et dix autres consacrés à des masques généraux. Autre exemple, une filiale de BYD à Shanghai a modifié sa production pour produire des solutions désinfectantes.
  • Pour les promoteurs immobiliers, l’année s’annonce difficile, si Wanke (万科) est toujours en première position en termes de revenus, beaucoup d’entreprises ont déjà connu des baisses ou les anticipent, que ce soit pour les logements neufs ou les locations. Le Financial Times prévoit ainsi un impact certain sur les promoteurs immobiliers et par conséquent le secteur de la construction, secteur déjà fragilisé ces derniers mois et sous la pression d’une dette très importante.

Quel est l’impact économique de l’épidémie sur les entreprises (NewCapital) Plusieurs entreprises côtées en bourse font état de l’influence du coronavirus sur leur activité. Certaines, comme ST Shuanghuan, une entreprise de production de produits chimiques, indiquent que les difficultés de transport et la baisse en commande des clients ont eu un impact certain sur leur activité. D’autres, comme Muyuan, une entreprise d’agro-alimentaire, considèrent que l’influence de l’épidémie sur leur activité est limitée, en partie du fait que leur stock en matière première sont jusqu’à présent suffisants.

Le secteur de la restauration est parmi les plus touchés (Caixin / Twitter) Dans un article rapidement censuré sur WeChat, le patron de la chaîne de restaurant Xibei (西北) a annoncé ne disposer de réserve que pour payer les 3 prochains mois de salaires. En effet, les salaires représentent aujourd’hui 30% des coûts des restaurants. Il critique les politiques d’aide “stupides” du gouvernement, et demande une exemption de taxes pour 2020 ainsi qu’une prise en charge partielle des salaires. L’hôtellerie est aussi fortement en difficulté (WeChat). Même si seuls les services minimums sont garantis et une partie du personnel est “en vacances”, les rentrées d’argents journalières ne sont pas suffisantes pour couvrir les coûts, raconte un gérant d’hôtel d’une ville touristique du Sichuan. Alors que la période du nouvel an chinois est traditionnellement une période de nombreux voyages, le pays est complètement bloqué. Dans la ville de Dujiangyan (都江堰市), 90% des 2000 hôtels de la ville sont fermés, tandis qu’à l’échelle nationale le taux d’occupation des hôtels a chuté de 80%.

Ucloud a fait son entrée en bourse le 20 janvier 2020, avec une capitalisation dépassant 30 milliards de RMB. (WeChat) Ucloud représente une troisième et nouvelle voie  au sein d’un environnement industriel composé de géants tels que Huawei Cloud et Jinshan Cloud. Son PDG Ji Xinhua a déclaré que son entreprise prouvait qu’il y avait des opportunités de croissance et de R&D pour des startups dans ce domaine en Chine. Ucloud est la première entreprise dotée d’une structure actionnariale différenciée (structure à deux paliers du capital social) à entrer la sur la bourse chinoise.

Nuit de folie pour les fournisseurs de service en ligne (WeChat) Les 3 et 4 février, dates de rentrée à la suite des vacances du Nouvel an chinois, ont été l’équivalent du jour des célibataires (双十一) pour les fournisseurs d’accès internet et cloud. Le 3 février à 9h, Wechat Corporate et Dingtalk (钉钉) ont toutes les deux planté simultanément. Ces entreprises ont été prises de court par l’augmentation exponentielle du nombre de télétravailleurs, due à l’épidémie. Le trafic internet a explosé, multiplié par 10 par rapport à la moyenne, avec la création de 10 000 serveurs par jour sur le cloud d’Alibaba. Certains fournisseurs internet avaient cependant pris les devants, en élargissant les capacités de stockage sur cloud de leur clients et en proposant une ouverture de compte gratuite. Un certain nombre de compagne (Huawei Cloud We link, Kingsoft office …) ont annoncé qu’elle allait rendre accessible gratuitement leur service de vidéoconférence.Cette augmentation est également lié aux écoles qui tentent de faire classe à distance, aux médecins qui incitent les patients à se déplacer le moins possible etc …

Sciences et Technologies

Coronavirus et robots médicaux (WeChat) Utilisation de plus en plus de robots dans le traitement de l’épidémie. Robot de désinfection (animé par des algorithmes d’intelligence artificiel qui calcule la taille de la pièce et choisisse la méthode de désinfection en fonction de la présence d’humain ou non), robot qui mesure la température, robots pour la livraison de nourriture aux personnes en quarantaine, mais également pour les premières consultations. Développé par Alibaba Dharma Institute, ce type de robot a permis de réduire la pression sur le “personnel de première ligne”. Grâce aux données fournies par le service de santé du Dharma Institute ces robots ont été capable de répondre à la plupart des demandes de routine concernant l’épidémie. D’autres géants d’internet et certains médias ont lancé des plateformes d’informations en ligne sur l’épidémie. Aux avantages de ces robots s’ajoute toutefois la contrainte de la désinfection, afin d’éviter qu’il ne soit des facteurs de contamination et le fait qu’ils sont difficile à produire en très grande quantité.

Affaires extérieures

Nations Unies 

Bataille sino-américaine à l’ONU (SCMP) L’élection du directeur de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l’une des quinze agences spécialisées de l’ONU, voit s’opposer la chinoise Wang Binyin au candidat singapourien Daren Tang soutenu par les démocraties occidentales. Des observateurs soulignent le fait que l’élection de Wang Yibin permettrait à la Chine d’étendre son influence mondiale et de renforcer l’alternative chinoise de Pékin au modèle occidental. Il a été noté par le passé que le gouvernement chinois a offert des réductions de dette en échange de vote, tandis que l’occident a souvent des difficultés à s’organiser pour soutenir un candidat unique. Ce vote est d’autant plus capital que l’OMPI est actuellement en crise après une gouvernance entachée de scandales.

Organisation mondiale de la santé (NYT) Le New York Times rapporte que la Chine refuse l’aide américaine du Center for Disease Control (CDC) ainsi que celle l’organisation mondiale de la santé (OMS). Si la Chine est coutumière de ce genre d’attitude, les dirigeants voulant montrer qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure, le cas est intéressant. En effet, l’OMS est régulièrement critiquée depuis le début de la crise du coronavirus. En cause, ses atermoiements au début de la crise, sa lenteur à décréter l’alerte et troisième point : le refus catégorique de l’organisation d’octroyer à Taiwan un siège ou une qualité d’observateur (Quartz). Taipei se plaint par ailleurs que la Chine transmet à l’OMS de fausse information concernant la situation de l’épidémie sur l’île (Reuters) L’influence de Pékin sur l’organisation est évidente, en particulier lorsque les instances dirigeantes félicitent la Chine pour la gestion de la crise alors que les médecins s’inquiète du manque de transparence. Les appels à l’adhésion de Taiwan se sont pourtant multipliés ces dernières semaines (TaiwanMag) ce qui a conduit la Chine et les Etats-Unis à avoir des échanges tendues aux Nations-Unies (Reuters)

Relations sino-américaines

Xi rassure Trump sur la situation économique (WeChat) Lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, Xi Jinping s’est voulu rassurant. Celui-ci a rappelé que la nation entière était mobilisée contre le virus et que les mesures les plus strictes étaient appliquées. Soulignant le soutien de l’OMS, le secrétaire général a aussi salué la collaboration des Etats-Unis tout en affirmant que la crise n’aura aucun impact sur le développement économique de la Chine sur le long terme.

Cambodge

Le Cambodge, “ami” de la Chine même en temps de crise  (MAE) En visite à Pékin, le roi du Cambodge Norodom Sihamoni et son Premier ministre Hun Sen ont témoigné de leur soutien à la Chine dans un contexte de crise sanitaire. Xi Jinping a encouragé la poursuite de la coopération avec la Chine pendant que son homologue cambodgien prônait son « amitié solide » avec le peuple chinois dans le cadre de leur « destins communs ».

Arabie Saoudite

Conversation entre Xi Jinping et le Roi d’Arabie Saoudite (CCTV) Toujours dans un esprit rassurant, Xi Jinping a appelé au maintien du développement des relations bilatérales avec l’Arabie Saoudite qui a reconnu l’efficacité des autorités chinoises dans la gestion de la crise et proposé son assistance en ces temps “difficiles”.

Colombie

Appel avec le président colombien pour les 40 ans des relations diplomatiques (CCTV) Entre crise sanitaire et célébration des 40 ans de relations diplomatiques, la conversation téléphonique entre Xi Jinping et le président colombien a permis de saluer les échanges entre les deux pays et de signaler cet anniversaire comme le début d’une « nouvelle étape historique ».

Brèves

Série d’entretiens de Wang Yi avec différents ministres étrangers (MAE) Sur la période du 2 février au 8 février, Wang Yi a été très actif d’un point de vue diplomatique pour communiquer sur le coronavirus. Dans l’ordre chronologique (du 2 février au 8 février)

  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de l’Allemagne (QdP)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères du Soudan (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de l’Iran (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de la Thaïlande (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de la Tanzanie (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de la Syrie (MAE)
  • Communication avec le ministre en charge de la Chine de l’Indonésie (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères de l’Egypte (MAE)
  • Communication avec le conseiller présidentiel aux affaires extérieures de la France (MAE)
  • Communication avec le ministre des affaires étrangères du Sénégal (MAE)

Militaire

Promotion de plusieurs officiers (Caixin € – pastebin) Le 4 février, un article de Liaoning Daily a éclairé sur la récente promotion de plusieurs personnalités militaires au grade de lieutenant général (中将). Parmi les quels, Jia Guoping, commandant en second du Théâtre Militaire Nord (北部战区的副司令员姜国平), Miao Wenjiang, vice commissaire politique et directeur du bureau du travail politique [théâtre Nord] (副政委兼政治工作部主任缪文江). Wang Qiang est vice commandant du théâtre Ouest (西部战区副司令员王强), tandis que Zhao Ruibao est vice-commissaire politique et directeur du bureau du travail politique [théâtre Ouest] (副政委兼政治工作部主任赵瑞宝). Enfin, Zheng Xuan est vice-commissaire politique et directeur du bureau du travail politique du théâtre Central (中部战区的副政委兼政治工作部主任郑璇) tandis que Yang Xiaoyang est commissaire politique du district militaire du Zhejiang (任浙江省军区政委的杨笑祥)

APL en charge de la distribution de marchandises et ravitaillement (WeChat / Twitter) Selon le compte WeChat ‘Chang’anjie knowledge’, c’est désormais l’APL qui est en charge de l’approvisionnement des ressources à Wuhan, sur ordre directe la Commission Militaire Centrale.

Equipments

Pourquoi le Z-10 n’a pas été exporté au Pakistan ? (Sina) La Chine a essayé d’exporter son hélicoptère d’attaque Z-10 au Pakistan, sans succès toutefois. En cause, le prix : le double de celui de ses concurrents russes pour des capacités en termes de résistance et emport d’armes supérieures.

Block III du JF-17 et la guerre des radars (WeChat) Dans son long article WeChat, Sinodef revient sur le choix de radar pour le Block III du JF-17 qui a réalisé son premier vol au mois de décembre. Le choix ne fut pas évident car le CETC 14 (中国电科14所 – centre de recherche n°14 du CETC) et AVIC 607 (航工业607 – le centre de recherche n°607 d’AVIC, consacré aux radars) étaient en concurrence pour fournir leurs solutions respectives. D’après l’article le Pakistan a d’abord cherché à se doter d’un radar européen, mais la proposition du CETC l’a fait reconsidérer. Les deux entreprises proposent des radars à balayage actif (AESA) type LKF-601E (AVIC 607) ou KLJ-7A (CETC-14). La principale différence tient dans le mode de refroidissement : refroidissement par air dans le premier cas (pour le LKF-601E) ou refroidissement liquide (KLJ-7A). D’après un article récent de Janes, le CETC 14 aurait développé une version refroidie par air de son radar, et aurait fini par remporter la compétition.

Diplomatie militaire

33e flottille en visite aux Emirats-Arabes Unis (MINDEF) La flottille est arrivée dans le port d’Abu Dhabi le 26 janvier, elle y restera 5 jours.

Vers une base militaire au Cambodge ? (Twitter) Le C4ADS, centre de recherche américain proche du ministère de la défense s’est penché sur les récents développements chinois dans la région de Koh Kong, au Cambodge, alors qu’un port en eaux profondes concentre les spéculations sur une hypothétique base chinoise dans le pays.

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