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Passe Muraille n°57 – semaine du 6 avril

Passe Muraille n°57 – semaine du 6 avril

Editorial

Le Passe Muraille entame une nouvelle mue. Notre publication phare devient plus léger et plus court. Ce 57e numéro poursuit l’exploration d’un nouveau format. Nous abandonnons la volonté d’être exhaustifs pour au contraire entrer davantage dans le détails des articles choisis.

Pour celles et ceux qui en demandent davantage, pas de panique : notre service de veille personnalisée est opérationnel. N’hésitez pas à l’essayer : nous vous proposons une première veille gratuite !

Nous remercions Quentin Genaille, auteur de la section relations sino-européenne.

Bonne lecture,

Pierre, directeur d’EastIsRed

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Affaires intérieures

L'essentiel

COVID-19 : une sortie de crise en trompe l'oeil ?

L’épidémie apparaît sous contrôle en Chine, du moins si on s’en réfère aux annonces du gouvernement. Toutefois, derrière la propagande, les autorités sont inquiètes du risque d’une deuxième vague : qu’elle soit importée ou qu’elle émane de foyers locaux – GlobalTimes. Ce risque est bien présent dans les consignes officielles et les mesures prises au niveau local.

Le 8 avril, le président chinois Xi Jinping a présidé une réunion de travail du comité permanent du politburo. Le communiqué de Xinhua (ici retranscrit sur le compte WeChat ‘creditChina’) met en exergue plusieurs éléments.

Le premier concerne la reprise de l’activité économique. Si le président note des “progrès importants”, la conjoncture mondiale pèsera sur les entreprises et l’économie chinoise. Le communiqué souligne l’urgence de la situation et demande aux comités locaux du Parti de se mobiliser pour venir en aide aux entreprises. Notons que le 10 avril, le président Xi Jinping a donné de nouvelles instructions relatives à la sécurité de la production (安全生产 – c’est à dire les consignes de sécurité au travail). Si une partie des consignes ont trait aux règles de sécurité sur le lieu de travail, le texte indique qu’en “cette période d’épidémie, les mesures de sécurité et prévention sur le lieu de travail ne doivent être relâchées sous aucun prétexte”. Une indication importante qui vise à éviter que les cadres locaux ne sacrifient la sécurité pour une reprise accélérée du travail.

Sur le plan de la lutte contre l’épidémie, la formule “se prévenir contre un rebond intérieur et contre les importations [de cas]” est toujours d’actualité.  Ainsi, les infrastructures portuaires et les points de transit terrestres seront particulièrement surveillés. A l’intérieur du pays, le président demande aux autorités du Hubei de “continuer le suivi étroit des personnes soignées, maintenir les mesures de prévention et de quarantaine des cas suspects”. Le communiqué en chinois, à la différence de celui en anglais, souligne l’importance “d’unifier le système de code santé” en vigueur dans le pays – à l’heure actuelle, les différents échelons administratifs ont chacun un code relatif à leur province, tandis que certaines entreprises ont également le leur : par exemple, une personne habitant à Pékin disposera d’un code santé relatif à la ville de Pékin et d’un code “national”. Voir le témoignage des conséquences de cette situation ubuesque sur Twitter. Il semble que le travail de standardisation a été lancé / sources.) Enfin, le président chinois a tenu à rassurer sur les réserves alimentaires : le pays ne risque pas de pénurie et les prix resteront stables – le ministère du commerce se prépare à la mise sur le marché de près de 20.000 tonnes de porc des réserves.

Le 10 avril, le petit groupe dirigeant relatif à la lutte contre l’épidémie publie une liste de nouvelles décisions relatives à “l’efficacité des mesures de préventions tout en soutenant activement l’économie” (creditchina) Le document précise en partie les mesures annoncées par Xi Jinping et le politburo en particulier au regard de la diversité des situations locales (entre des zones plus ou moins touchées par l’épidémie) – le lien renvoie le document complet.

Les scientifiques chinois restent prudents sur les suites de l’épidémie. Zhang Wenhong, que nous avons déjà présenté, met en garde : le pic des cas importés n’est pas encore atteint. Il spécule (et insiste sur l’imprévisibilité des chiffres) qu’en fonction de l’augmentation des cas à travers le monde et le risque d’une augmentation saisonnière, l’épidémie pourrait disparaître d’ici un à deux ans (hors vaccination généralisée. – Ifeng). Le professeur Zhang a également accordé une autre interview avec ReferenceNews le 11 avril, au ton plus assertif. S’il dit que l’épidémie est sous contrôle en Chine, une deuxième vague n’est pas impossible et le risque reste important. Il balaie cependant les accusations portées à l’encontre de la Chine sur la réalité des chiffres : selon lui, il n’est pas possible de “cacher” de nombreux nouveaux cas. De son côté, Zhong Nanshan incite sur le fait que les personnes asymptomatiques présentent bel et bien un risque de transmission. (Ifeng).

Par ailleurs, les nouvelles qui remontent des échelons montrent en effet que les autorités prennent leurs dispositions face au risque d’une seconde vague. La municipalité de Shanghai rapportait 80 nouveaux cas importés pour la seule journée du 11 avril. (Caixin) Si certaines provinces préparent le retour à l’école (selon Caixin, toutes les provinces hors Hubei et Pékin – réouverture dans des conditions … particulières – WhatsOnWeibo), la situation est loin d’être uniforme dans le pays. A Pékin par exemple, les autorités ont demandé aux habitants de ne pas se regrouper au restaurant, en particulier durant les heures de pointe, éviter de discuter et dans la mesure du possible prendre son plat à emporter (ChinaNews). Dans le même temps, la capitale chinoise ne laisse venir de Wuhan que 1000 personnes chaque jour, à condition que leur tests aient été négatif dans les 7 jours précédents (Ifeng).

Dans le Hubei, malgré le prétendu déconfinement, les personnes ne sont toujours pas autorisées à sortir de leur quartier, sauf nécessité absolue. En effet, le gouvernement provincial craint les cas asymptomatiques et a ordonné le renforcement du contrôle des communautés (小区) et le strict contrôle des personnes dans les gares, ports, péages mais aussi dans les supermarchés ou les hôpitaux. (BeijingNews). La réouverture des écoles n’est pas à l’ordre du jour. La reprise du travail pour les personnes venant de la région est aussi difficile : les médias font état de personnes qui se sont vues refuser un emploi car originaires de la province. (XJB)

Brèves

Discipline, inspection, et politique

Selon PoliticsCircle, les travaux consacrés à la suite de la campagne “balayer les gangs et éliminer les groupes mal intentionnés” (扫黑除恶) se sont tenus à Pékin le 8 avril, en présence de Guo Shengkun. Ce type de campagne, qui ne s’est jamais vraiment arrêté depuis 2018 entre dans sa troisième année. Les objectifs de l’année concernent le nettoyage de 10 filières stratégiques, résoudre une “centaine d’affaires majeures”, l’arrestation de “milliers de criminels”, terminer les procès dans 10000 affaires pour atteindre la “victoire totale”. L’article présente un tableau résumant les objectifs et méthodes des six sous catégories de la campagne. KnowPolitics signale par ailleurs de nombreux remaniements aux seins des organes centraux chargés des inspections disciplinaires – et donc de lutte contre la corruption mais aussi contre les dérives politiques. Sur le plan politique, notons que Ren Zhiqiang (任志强) qui a écrit un essai au vitriol contre le pouvoir, est désormais mis en examen pour violation de la discipline du Parti (dont il est membre) et crimes économiques (Sina)

Ces étrangers stars de l'internet chinois

Huxiu consacre un long format à une catégorie d’étrangers présents en Chine bien connue : les célébrités des réseaux sociaux, majoritairement connues parce qu’ils ou elles ne font que clamer leur amour pour la Chine. Les vidéos qui manquent souvent de subtilités n’en finissent pas moins par flatter un public nationaliste qui y voit une confirmation de l’attrait du pays. Pour d’autres, le message passe mal, et à raison. Les entreprises à la recherche de talents pour en faire des stars (trop souvent) blanches arriveraient-elles en bout de course ? Bientôt un article sur ceux qui servent de relais d’opinions à la propagande chinoise en France et ailleurs ? 

Economie

L'essentiel

Produire, mais pour qui ?

Pour les lecteurs assidus du Passe Muraille, ce n’est plus un secret : la reprise en Chine est menacée par les faibles commandes de l’étrangers. La baisse des commandes est un défi pour le gouvernement, alors que 19% du PIB chinois est lié aux exportations et que des millions d’emploi en dépendent.

Caixin Weekly a publié le 6 avril un long récit de la tourmente économique vécue par de nombreuses entreprises. Les journalistes se sont rendus dans plusieurs régions pour enquête. A Yiwu (Zhejiang), capitale du e-commerce, la situation est compliquée. Pour certaines usines, comme celle d’un fabricant de stylos et crayons interrogé par Caixin, les deux tiers des commandes viennent de l’étranger : depuis le 20 mars, la plupart de ses clients ont reporté ou annulé leurs achats. “La situation est pire qu’en 2008”, dit-il. La filière de l’habillement est durement touchée : la paralysie des marchés étrangers est l’équivalent du seconde vague de difficultés après celle venue du marché intérieur, en janvier – février. Pour l’habillement, les industriels interrogés dans l’article parlent d’un coup “fatal” pour les usines spécialisées pour l’export : avec l’arrêt des commandes, le doute persiste sur les livraisons à venir pour les collections d’automne, qui sont généralement expédiées en mai. A Dongguan (Guangdong), centre de production des habits en laine, ou à Putian (Fujian), pour les chaussures de sport, la pression s’accroît sur les PME. Dans le cas de Putian, les “petites structures peuvent tenir un ou deux mois sans nouvelles commandes, les grosses peut être six mois”. En moyenne, les entreprises ont licencié 40% de leurs staffs. Des chiffres similaires sont rapportés par SouthernWindow, qui est également allé interroger des employés dans Jiangxi et Guangdong. Pour les filières où la demande résiste, d’autres problèmes émergent : pour les producteurs de principes actifs et médicaments, le risque est de voir l’approvisionnement en composés se tarir, faisant augmenter les prix. L’autre problème est celui de l’expédition des commandes. Le transport aérien est réquisitionné par les autorités gouvernementales pour acheminer des produits médicaux et les coûts ont augmenté. Si bien que pour certaines entreprises, il n’est presque plus rentable d’expédier ses produits (SouthernWindow). Pour le transport maritime, certains pays (comme l’Australie) imposent des quarantaines obligatoires de 14 jours aux navires en provenance de Chine, ce qui par conséquent retarde déchargements et chargements dans les ports. De manière générale, les personnes familières avec la filière anticipent une baisse d’un niveau égal ou pire que celui de 2008. Les dernières craintes évoquées par l’article sont celles due au remodelage de la chaîne de valeur : en 2008, dans le textile, les produits bas de gammes ont commencé à être produit en Asie du Sud et du Sud-Est. Si le textile haut de gamme n’est pas menacé, d’autres secteurs peuvent l’être : dans la médecine, alors que les autres pays appellent au rapatriement des activités ou encore dans l’électronique de pointe. (JapanTimesune mesure qui pourrait faire des émules ?) De manière générale, comme le note un vétéran de l’import export : “[comme en 2008], de nombreuses entreprises vont y rester : ceux qui ne peuvent tenir sont finis, ceux qui peuvent continuer auront un petit espoir”.

Brèves

Agriculture : s’inquiéter ou ne pas s’inquiéter ?

Comme ailleurs dans le monde, le risque de pénuries alimentaires inquiète la population chinoise. Toutefois, pas de raisons de s’inquiéter, rapporte Caixin. Les réserves sont largement suffisantes et la Chine n’est dépendante de l’extérieur que pour 2% de sa consommation de céréales. Les prix devraient rester stables, selon le gouvernement. Toutefois, une lecture critique des annonces gouvernementales par DimSum donne lieu à des inquiétudes pour l’agriculture chinoise : de nouveaux cas ou foyers de grippe porcines ont été détectés, l’agriculture est de moins en moins rentables pour les agricultures, si bien que le ministère déploie ses équipes dans tous le pays pour faire face à différentes crises locales.

Augmentation des prix de certains restaurants

L’emblématique chaîne de fondue chinoise Haidilao (海底捞), les restaurants Xibei Youmian (西贝莜面村) se sont retrouvés sous le feu de la critique pour avoir augmenté leur prix. (Caixin / NewCapital). Les patrons des deux entreprises se sont excusés auprès du public, mais citent comme raison à l’augmentation des prix “l’augmentation des coûts de certaines matières premières et l’augmentation des salaires.”

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Entreprises

L'essentiel

Automobile

Depuis décembre 2018, la filière automobile est en difficulté en Chine. Alors que les autorités cherchent à relancer la consommation, le marché automobile est au coeur des réflexions.

Selon un long format publié par Yi’ou, après la chute drastique des ventes que nous avions rapportés dans un précédent Passe Muraille, les chiffres de mars sont “moins mauvais”, en partie grâce aux mesures de soutien prises par le gouvernement. La politique du gouvernement pour le soutien de la filière consiste d’une part à relancer la production et à soutenir la consommation.

Concernant la production, nous n’allons pas détailler les mesures prises, qui sont similaires à celle présentées dans les éditions de février et mars du Passe Muraille, consultables ici : vérification systématique du personnel, désinfections, etc. Nous en parlions par exemple dans les numéros du mois de février et mars. Yi’ou, dans son article, propose également une infographie des principales mesures prises entre le 13 mars et le 31 mars. Toutefois les risques persistent si les usines chinoises viennent à manquer de pièces détachées d’origines étrangères. Selon un article paru le 7 avril, 26 usines automobiles dans le pays seraient à l’arrêt (Toutiao). L’article cite plusieurs responsables d’usines et d’entreprises de la filière qui avancent que les premières difficultés pourraient être ressenties d’ici mai. Les problèmes d’approvisionnement touchent en particulier les boîtes de vitesses et les moteurs (Toutiao)

Concernant la consommation, les deux leviers du gouvernement sont la levée des restrictions à l’achat (voir PM n°52) et les subventions. Les autorités ont publié dès le 13 mars des mesures visant à doper la consommation, dont de très attendus relâchement des quotas de plaques d’immatriculation dans certaines villes du pays. Pour l’instant, Beijing, Shanghai, Guangzhou, Shenzhen, Shijiazhuang, Tianjin, Hangzhou et la province de Hainan ont annoncé de telles mesures. Côté subventions, le 31 mars, Li Keqiang annonce l’extension des subventions allouées aux véhicules propres, pouvant aller jusqu’à 25 000 CNY par véhicule (3 240 EUR) pour les constructeurs. Ces subventions s’accompagnent d’une dispense de la taxe à la consommation ; la prise en main par l’Etat central des subventions, transformées en récompenses (以奖代补) visant à éliminer les véhicules les plus polluants et enfin une baisse de la TVA à partir de main sur les véhicules d’occasion. Ces mesures sont complétées, selon Yi’ou, par des subventions locales. Ainsi plus d’une dizaine de villes ont réactivé les mécanismes de subventions précédemment annulés. Yi’ou propose une liste précise des mesures dans l’article.

L’épidémie a également modifié les techniques de ventes, et 36kr se penche sur l’usage du live-streaming pour vendre des voitures. La pratique n’est pas nouvelle, précise de l’article et cela fait plusieurs années que les concessionnaires ont tenté d’investir les plateformes comme douyin ou de live streaming. Mais l’affaire n’est pas simple : si une voiture à 200.000CNY peut rapporter jusqu’à 20.000CNY pour les live-streameurs, vendre un véhicule est une gageure. En témoigne l’échec de Li Jiaqi, qui malgré les cinq millions d’auditeurs ayant assisté à son émission, n’en a pas vendu une seule. La question est donc posée de l’intérêt du live-streaming pour la vente de ce type de bien.

Brèves

Semiconducteurs

Yi’ou présente Anji Technologies (安集科技), spécialisé dans des fluides utilisés pour la Planarisation mécano-chimique, c’est à dire la phase d’élimination des impuretés sur les plaquettes (wafers, “gaufrettes”) de matériaux semi-conducteurs. Anji a été l’une des premières entreprises chinoises à proposer ces produits et est aujourd’hui un fournisseur de SMIC (qui lui fournit 50% de son chiffre d’affaire). L’entreprise va certainement bénéficier de l’expansion des lignes de productions de micro-processeurs en Chine (au moins une vingtaine) pour renforcer sa position. Toutefois, ses produits sont destinés aux processeurs de la catégorie des 14 et bientôt 10 nm (les leaders mondiaux travaillent aujourd’hui au développement des 5 nm).  Plus haut dans la chaîne de valeur des micro-processeurs, les acquisitions chinoises ont subi un coup d’arrêt au Royaume Uni avec l’échec de l’achat de Imagination Technologies, une entreprise très prometteuse dans la R&D et le design des processeurs IA. Les entreprises chinoises essaient de “sauter” leur déficit dans les technologiques actuelles en arrivant directement à développer et maîtriser les nouveaux processeurs IA.

Séminaire ouvert sur l'IA

Le titre de cette brève est un peu mensonger. En réalité, l’association pour le développement de la filière de l’IA organise un “salon Zoom” consacré aux technologies de protection/sécurité du contenu sur internet. Le terme porte à confusion, il pourrait s’agir des technologies utilisées pour analyser en masse le contenu sur internet ou en vérifier la sécurité; les différents séminaires verront défiler ingénieurs de Tencent et NetEase ainsi que des chercheurs dans des centres de recherche du MIIT. Le lien vers le salon “Tencent Meeting” est dans l’article, ainsi que le mot de passe.

Affaires extérieures

L'essentiel

Relations sino-européennes

Les médias chinois continuent de vanter les dons prodigués par la Chine et des organisations chinoises, tels qu’au Royaume-Uni et en Slovénie, tout en s’assurant de contrecarrer les récentes critiques vis-à-vis de la qualité du matériel reçu. Ainsi, le China Daily souligne la “confiance” du gouvernement néerlandais alors même que ce dernier déplorait leurs défauts de fabrication la semaine dernière. Parallèlement, la Chine fournit aussi des services et de l’aide d’ordre scientifique comme le montre par exemple l’organisation d’un forum en ligne visant à partager l’expérience des médecins chinois avec des équipes médicales italiennes. De même, le gouvernement chinois, par le biais de ses ambassadeurs notamment, persiste à combattre la désinformation dont il s’estime victime alors que de leur côté, les médias chinois martèlent les messages de remerciement des leaders européens et prônent la solidarité afin de déminer les accusations ciblant sa gestion de la crise et son unilatéralisme intéressé.

Un rapport publié cette semaine par la plateforme collaborative China Observers in Central and Eastern Europe (CHOICE) souligne d’ailleurs la nature complexe du projet 17+1, une plateforme initiée par la Chine prétendant favoriser le multilatéralisme avec les pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Une analyse plus globale du projet montre qu’en huit ans, la Chine a réussi à créer un réseau de relations dans la région, principalement orienté vers elle-même, la mettant au centre d’une stratégie économique et politique que le think tank qualifie de “bilatéralisme multilatéral”. Via la plateforme, la Chine essaierait d’imposer progressivement son propre langage diplomatique. Mais la diplomatie de ces pays reste fortement européenne, la Hongrie et la Serbie font figures d’exceptions en soutenant publiquement certaines politiques chinoises. Sur son modèle habituel, la Chine recourt à divers satellites pour entretenir des relations privilégiées avec l’élite politique locale, relais de l’idéologie du Parti. Alors que le projet est perçu comme un facteur de renforcement de la fracture Est/Ouest en Europe, le rapport montre que non seulement ses effets sont pour l’instant limités, mais c’est aussi nier les efforts individuels des PECO dans leur gestion de l’ingérence étrangère. Ainsi, les relations économiques avec le groupe restent mineures mais en croissance constante, et les desseins idéologiques de la Chine ne semblent pour l’instant pas avoir abouti. C’est finalement l’aspect culturel qui s’est le plus développé, avec une augmentation conséquente du tourisme chinois dans les PECO qui bénéficient d’une meilleure visibilité en Chine, accompagnée d’un plus grand nombre d’Instituts Confucius, de bourses, et de programmes de formation pour la jeunesse et les leaders politiques. Néanmoins, le rapport invite à une surveillance accrue du 17+1 par la société civile, les États et l’UE avec qui les relations doivent être approfondies en conséquence, afin d’assurer une juste répartition des influences dans un contexte de déplacement des pôles géopolitiques qui commence à se faire remarquer en Occident.

Brèves

Taiwan & l'OMS

L’île de Taiwan, pays de facto indépendant, au grand dam de Pékin, s’est illustré depuis janvier dans la gestion du COVID-19. Sa gestion de la crise lui offre une visibilité nouvelle, alors que le pays n’est pas reconnu par l’ONU et est exclu de nombreuses instances internationales, dont l’OMS. L’OMS et en particulier son président sont, depuis le début de la crise, critiqués pour leur proximité voire une certaine complaisance vis à vis de Pékin. Certains pays accusent l’OMS de ne pas avoir fait son travail, mais aussi de ne pas avoir pris en compte les informations de Taiwan, faisant ainsi perdre du temps au monde entier. Si il est difficile de vérifier cette information, le président de l’OMS a contre-attaqué de manière étrange. Il annoncé être la cible d’une campagne d’insulte raciste à son encontre organisée par des taïwanais. Le gouvernement Taïwanais  aurait alors laissé faire, sans se désolidariser des insultes. Il y a bien eu des commentaires racistes sur internet (il y en a toujours) mais une campagne d’envergure avec le soutien des autorités semble … étrange (source). Il n’est pas impossible que Pékin soit à la manoeuvre. Le régime chinois s’est à l’inverse illustré dans son traitement des étrangers africains, les autorités locales de Guangzhou ayant expulsés (à la rue) de nombreux africains résidant dans la ville, provoquant la colère des médias nigérians ou kenyans

L'essentiel

Manoeuvres autour de Taiwan

L’activité de l’APL autour de l’île de Taiwan n’est pas nouvelle, mais en ce début 2020, elle est particulièrement intense. Jamestown publie un long format consacré aux différents exercices menés généralement par l’armée de l’air (PLARF) depuis janvier. Près de 5 missions (en excluant les manoeuvres engagées en réaction à des mouvements d’avions ou navires américains) ont été menées en trois mois, la plupart engageant des groupes d’aéronefs contenant des bombardiers H-6 et dans certains cas des appareils de détection avancées (AWACS) KJ-500, voir notamment AirForceKnowledge. Ces avions réalisent généralement le tour de l’île. Sur les premières semaines d’avril, plusieurs autres exercices ont été mené. Le 10 avril, alors qu’un destroyer américain traverse le détroit de Taiwan (suivi de près par une frégate Type-054A), la Chine a reconduit une de ses patrouille aérienne autour de l’île : un groupe de J-11, de KJ-500 et de H-6 (le nombre précis n’est pas annoncé). Le 11 avril, le groupe aéronaval du porte avion Lioaning a franchi le détroit de Bashi vers le Pacifique. Le porte avion était accompagné d’un navire ravitailleur, de deux destroyers Type-052D et deux frégates Type-054A, selon le ministère japonais de la défense. Cette liste devrait néanmoins être incomplète puisque un ou deux sous-marins devraient raisonnablement faire partie du groupe.

Brèves

Exports

Norinco a annoncé avoir livré les chars VT-4 commandés par le Nigéria. La commande d’un montant de 1,52 milliards de dollars américains, portait sur des chars VT-4, des véhicules anti-chars ST-1 (ST1反坦克战车) ainsi que leur entretien et la formation correspondante.

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