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Passe Muraille n°58 – semaine du 13 avril

Passe Muraille n°58 – semaine du 13 avril

Editorial

Pas de commentaires particuliers cette semaine. Une petite note cependant : la semaine a été chargée à Hong-Kong, entre les répercussions de la journée pour la sécurité nationale et les arrestations de plusieurs figures pro-démocraties en fin de semaine. Comme l’information est disponible dans les médias anglophones et francophones et que nous n’avons pas les connaissances pour être pertinent sur le sujet, nous ne l’avons pas mentionné.

Pour celles et ceux qui en demandent davantage, pas de panique : notre service de veille personnalisée est opérationnel. N’hésitez pas à l’essayer : nous vous proposons une première veille gratuite !

Nous remercions Quentin Genaille, qui rédige la partie “relations sino-européennes”.

Bonne lecture,

Pierre, directeur d’EastIsRed

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Affaires intérieures

L'essentiel

La Chine lutte pour maintenir l’épidémie sous contrôle

Dès la mi-mars, le gouvernement chinois a décrété la victoire sur l’épidémie. A grand renfort de propagande, il a imposé ce récit d’un succès dans la lutte contre le virus, succès permis grâce au président Xi Jinping et la centralisation du pouvoir. Comme nous l’expliquons depuis plusieurs semaines, la situation sur le terrain reste complexe.

Cette semaine, plusieurs nouveaux cas ont été enregistrés dans le pays. Le principal foyer “actif” est situé dans le Heilongjiang, au Nord-Est du pays. Les premiers cas ont été enregistrés en début de semaine, à en fin de journée le 17 avril ce cluster comprenait 32 cas confirmés et 20 cas asymptomatiques. Six infirmières étaient également contaminées (Twitter). La situation sur place est complexe, des vidéos circulent montrant la construction de barricades dans la ville et des queues devant les hôpitaux à Harbin. Des renforts ont été envoyés sur place tandis que les autorités médicales appellent à la transposition du modèle de Wuhan à Suifenhe (l’autre ville touchée dans le Heilongjiang – Huizhong Wu, journaliste de Reuters, explique que cette ville est devenu le point d’entrée en Chine depuis la Russie voisine). Le risque est important que le virus sorte de la province et se répande dans la province du Jilin voisin : la prévention est d’autant plus difficile que certains personnes sont testés plusieurs fois négativement avant que les résultats ne soient finalement positifs (twitter). Des cas ont par ailleurs été enregistrés dans le Liaoning, a Fushun, depuis Harbin (Caixin). Conscient de la gravité de la situation, les autorités locales sont déjà poursuivies : le 17 avril, la Commission d’Inspection et de Discipline provinciale annonçait “tenir responsable 18 officiels” de la province dont le vice-maire de Harbin (Jiemian). La commission juge qu’ils n’ont pas été assez combatifs pour prévenir la contagion dans la ville.

A Canton, les autorités locales ont enregistré quatre nouveaux cas. Les personnes infectées, originaires du Hubei, affichaient un code santé (健康码) “vert” et étaient donc considérés comme “personnes saines”. Le 16 avril, le Shanxi confirmait 61 nouveaux cas, parmi lesquels 56 revenaient de Russie (Caixin). Dans le Yunnan, les autorités locales s’inquiètent de la porosité de la frontière avec le Myanmar, le Laos et le Vietnam, par conséquent les travaux de préparation d’hôpitaux de campagne ont été accélérés, et les capacités de tests dans 25 districts frontaliers seront augmentés à 10.000 par jours (NewCapital).

Alors que la France planifie la réouverture des écoles, la situation des établissements scolaires en Chine est plus contrastée. Nous le disions la semaine dernière, la majorité des écoles en dehors du Hubei et de Pékin ont rouvert. Toutefois, les mesures prises pour éviter de nouvelles contagions sont parfois très strictes : déjeuners seuls, distances de sécurité, etc. Le journal ‘NewCapital’ rapporte les instructions officielles du Conseil des Affaires de l’État : décontaminations régulières des locaux, tests et suivis réguliers des professeurs voire des élèves, lavage de mains réguliers, etc. Des mesures doivent être prises aussi pour lutter contre les décrochages scolaires et le manque de cours. Notons également qu’à Pékin, les parents d’élèves scolarisés dans les écoles privées internationales demandent un remboursement des frais, alors que les écoles expliquent avoir besoin des paiements en avance pour assurer leur survie. (Caixin)

Sur le plan politique, le 15 avril, Associated Press explique avoir eu accès à un mémo interne du gouvernement, indiquant que celui-ci était informé de la gravité de la situation dans le Hubei dès le 14 janvier, soit 6 jours avant l’annonce officielle à la nation. Au-delà de la preuve supplémentaire quant à la conscience au plus au sommet de l’État de l’existence de la situation épidémique, il est notable de constater que des sources au sein du Parti communiste ont fait fuité ce mémo à Associated Press.

Brèves

Discipline, inspection, et politique

Sun Lijun (孙力军) vice ministre de la sécurité publique (公安局), second commandant de la police chinoise a été mis en examen (ifeng). La commission centrale de discipline et d’inspection (CCDI) a annoncé que l’enquête portait sur “violations graves de la discipline et de la loi”. Il faisait parti du groupe central envoyé dans le Hubei pour maintenir l’ordre. Selon RFI, c’est le deuxième cadre du MSP (ministère de la sécurité publique) sur lequel la CCDI enquête. Le 12 avril, le membre du politburo (et vice gouverneur) de la province du Fujian Zhang Zhinan (张志南) a été mis en examen.

Journée de la sécurité nationale

Le 15 avril 2020 était le 5e jour de la sécurité nationale, journée de propagande destinée à faire prendre conscience des impératifs et problématiques liées à la sécurité nationale. Nous recommandons deux articles pour ce jour, l’un issu du Quotidien du Peuple, revient sur le besoin d’une éducation à la sécurité nationale sur le long terme, tant vis-à-vis des menaces extérieures que intérieures. La sécurité politique est marquée comme fondamentale (以政治安全为根本). Le second article est un article écrit par le Ministre de la Sécurité d’Etat (MSS) qui reprend des morceaux de discours de Xi Jinping au sujet de la sécurité nationale.

Consignes au sujet des ressortissants étrangers à Guangzhou

Le compte WeChat “politics circle” (ZZQ) revient sur les accusations de mauvais traitements à l’encontre des ressortissants africains à Guangzhou, que nous avions évoquées la semaine passée. Alors que plusieurs ministres des affaires étrangères africains ont critiqué la Chine, à travers des lettres communes à destination des autorités chinoises, les médias chinois mettent un spin positif sur ces événements. Ainsi, l’article présenté balaie d’un revers de la main les accusations, les plaçant sous le signe du travail de prévention et de lutte contre l’épidémie et citant des “expatriés africains dans le Guangdong” qui assurent “ne jamais avoir subis de discriminations en Chine” Le 14 avril, le gouvernement provincial a tout de même publié de nouvelles consignes insistant sur le besoin de “traiter tout le monde avec égalité”.

Economie

L'essentiel

Chiffres et situation économique

Le 17 avril, le bureau des statistiques chinois a publié les chiffres du premier trimestre. L’économie chinoise a régressé de 6.8%. C’est la plus forte récession enregistrée depuis que la Chine dispose de données, selon Caixin. Dans un autre article publié juste avant l’annonce officielle, Caixin interrogeait différents économistes sur leurs prédictions. La plupart d’entre eux tablaient sur une récession comprise entre -7 à -10% du PIB au premier trimestre, malgré le léger rebond des indicateurs en mars. En cause, les chutes dramatiques des exports, qui selon les domaines varient entre -5 à -30%. Bien que des doutes unanimes entourent le calcul des données macroéconomiques chinoises, la communication d’une si forte baisse indique que le gouvernement reconnaît la gravité de la situation économique et pourrait renoncer à son objectif de doublement du PIB entre 2010 et 2020.

Le même jour, le Politburo s’est réuni (CCTV / MOFCOM). Le communiqué souligne la situation inédite et périlleuse dans laquelle se trouve la Chine. Bill Bishop a noté sur son compte Twitter certains phrases marquantes du communiqué, qui soulignent le sentiment d’urgence désormais affiché par les autorités. Plus tôt dans la semaine, un document publié par le comité central du PCC et le Conseil des Affaires de l’Etat appelaient à des réformes “structurelles” dans l’allocation des facteurs de productions et d’allocations des ressources. Il s’agirait selon certains d’un signal en faveur de réformes économiques “libérales” (c’est à dire un renforcement du marché au détriment des entreprises et de l’économie d’Etat). Toutefois, même si la volonté est là, la possibilité de mener à bien ces réformes dans un délai court n’est pas assurée.

Alors que l’économie est en berne, les médias discutent des moyens à disposition du gouvernement pour la reprise. Le SouthernWeekend s’intéresse à la question des infrastructures. Début février, des signaux ont commencé à émerger quant à la possibilité d’une relance par les infrastructures. La réalité est toutefois plus complexe et a été “mal comprise”. Il ne sera pas question d’un plan massif similaire à ceux que l’on a déjà connus. Tout d’abord, la plupart des sommes annoncées (3,6 trillions de CNY dans le Yunnan, 3,8 trillions dans le Fujian) incluent en réalité des projets en partie financés et seront étalées sur plusieurs années, tandis que dans d’autres provinces les sommes réellement engagées ne constituent qu’une fraction des chiffres annoncés. Deuxièmement, fait largement documenté, les finances des gouvernements locaux, exsangues, ne permettent pas de dépenser des sommes trop importantes. De plus, les infrastructures “classiques” (voies ferrées, réseau routier, immobilier) sont déjà saturées. Par conséquent, le troisième point de l’article se pose la question des “nouvelles infrastructures” (infrastructure 5G, transport ferroviaire à grande vitesse et interurbain, piles de recharge des véhicules à énergie renouvelable, grands centres de données, intelligence artificielle, Internet industriel) dont nous parlions dans les précédents Passe Muraille. Ces nouvelles infrastructures ont effectivement reçu la priorité gouvernementale (Xinhua), mais l’ampleur de l’investissement n’est pas décidé. Ainsi, pour relancer l’économie, les auteurs se demandent si la meilleure solution ne serait pas de “subventionner” les individus pour relancer la consommation.

Cette reprise de la consommation que tout le monde attend tant ne reviendra pas. Du moins c’est que prédit cette colonne écrite dans Huxiu. En effet, pour l’auteur, la situation est différente de celle qui a suivi le SRAS : “les trentes glorieuses” chinoises se sont achevées, la demande mondiale est à l’arrêt, et les citoyens chinois ne comptent pas dépenser leur argent. Parmi les exemples qu’il cite : malgré la réouverture des centres commerciaux, personne ne dépense de grosses sommes. Le e-commerce limite la casse, mais on est loin des niveaux normaux en cette saison. Enfin, note-t-il, le seul secteur qui fonctionne est celui de l’assurance …

Brèves

Une attaque informatique sur les banques ?

Des millions d’informations bancaires issues des grandes banques d’État chinoises ont fuité et sont en ventes sur l’Internet, annonce Caixin. Parmi les données en vente, 800 000 informations clients de la Banque de Shanghai, 460 000 informations des cartes de crédit de la Banque industrielle (兴业银行), 100 000 informations clients des assurances Ping An, 100 000 informations clients de la Banque de développement Pudong, 63 000 informations clients de la China Merchants Bank. Ces “informations”, incluent notamment le téléphone, le nom, le numéro d’identification et l’adresse personnelle, voir ce Tweet pour illustration. Caixin a contacté les différentes banques incriminées, celles ci se défendent en disant qu’une majorité des informations en lignes sont fausses, là où des clients affirment qu’elles sont vraies.

La monnaie virtuelle chinoise en approche

La monnaie numérique développée par la banque centrale chinoise, répondant au doux nom de DCEP (Digital Currency, Electronic Payment) sera testée à partir du mois de mai. Le test sera toutefois réservé à quelques clients nommés sur une “liste blanche” et restreint aux villes de Shenzhen, Chengdu, Xiong’an et Suzhou. Le Renminbi électronique à proprement parlé, n’est pas une cryptomonnaie garantissant anonymat à ses utilisateurs : au contraire, sa “traçabilité” est l’un de ses avantages, selon la banque centrale. Cette monnaie numérique, couplée à la popularité croissante d’Alipay à l’étranger, peut offrir à la Chine une puissance monétaire inespérée dans les pays en développement. D’où les inquiétudes chinoises quant au développement de Libra.

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Industries et Technologies

L'essentiel

Semiconducteurs et circuits intégrés

Au cours des deux dernières semaines, plusieurs articles discutaient ce sujet hautement stratégique. D’un point de vue global, le marché des semi-conducteurs traverse une période difficile à cause de l’épidémie de COVID-19 (Jiqizhineng). Signe des temps : les principales entreprises coréennes, japonaise et taïwanaise abaissent toutes leurs prévisions de croissance pour l’année 2020.  En Chine, l’industrie des semi-conducteurs est dans une phase de croissance, et par conséquent “fragile”. Les auteurs analysent l’état du marché par segment dans la chaîne de production : entre ceux en amont (entreprises de design de microprocesseurs), au centre (la production) et en aval (test et intégration). En amont, les auteurs notent que la pression est importante sur les entreprises chinoises de design. En effet, si près de 2000 entreprises sont sur ce segment, à peine plus de 200 ont des ventes supérieures à 100 millions de CNY.  Les nombreuses startups et PME de ce segments seront fortement impactées et risquent de ne pas survivre à une crise prolongée. Pour le secteur de la production, le segment intermédiaire, l’impact est mitigé. Les installations (fonderies) pour microprocesseurs sont des usines à l’environnement extrêmement contrôlé : le risque d’infection y est faible. Ainsi, alors que Wuhan est un centre de production conséquent pour l’industrie, les principales usines ont continué de fonctionner durant la quarantaine de la ville et de la province. Le danger est à moyen terme : une grande partie des matières premières utilisées pour la production provient de Corée, du Japon ou d’autres Etats. Or, les stocks des entreprises chinoises ne permettront une production continue que pendant deux à trois mois. Une coupure prolongée des chaînes logistiques peut amener à des pénuries. Enfin, en aval, le processus de tests et d’optimisation est le plus touché car très demandeur en main d’oeuvre. Durant le pic de l’épidémie dans le Hubei, les usines chinoises ne fonctionnaient qu’à 50%. Cette épidémie intervient dans un contexte difficile : Jiangsu Changjiang Electronics (长电科技) l’une des principales entreprise chinoise du segment enregistrait un déficit de 900 millions de CNY. Cette situation est encore compliquée par une baisse anticipée de la demande mondiale au deuxième ou troisième trimestre. Les commandes sont en effet au plus bas depuis 10 ans, et la pandémie n’arrange rien. La 5G ne va pas prendre la relève avant 2021. Toutefois, note Jiqizhixin, cette crise est une opportunité pour certaines entreprises de la filière, puisque certaines entreprises chinoises cherchent des alternatives domestiques à des fournisseurs étrangers.

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Huawei

Depuis 2019 et la création d’une entreprise dédiée à l’investissement dans l’IA et les circuits intégrés, Huawei a investi dans 8 entreprises, alors que dans les 10 dernières années, l’entreprise de Ren Zhengfei n’avait investi que dans 14 entreprises. Les questions que se pose “Jiqizhineng” sont donc “pourquoi autant d’investissements ?” et “dans quelles entreprises ?”. Les réponses à la première questions ne sont pas surprenantes : l’épée de Damoclès que représente les interdictions d’utilisation de composants contenant de la propriété intellectuelle américaine (mesures qui risquent d’être encore durcies) et la compétition avec Alibaba ou encore Xiaomi sur le développement de l’IoT. Les auteurs notent qu’avant 2019, les investissements étaient limités : voir tableau ci-dessous. Pour les investissements post-2019, ils sont détaillés dans le tableau suivant.

Xiaomi

Au delà de Huawei, Leifeng publie un article dédié à la stratégie de Xiaomi en matière de microprocesseurs. En ce début 2020, Xiaomi a 10 ans. Il y a quelques semaines, l’entreprise de Lei Jun a publié son rapport trimestriel et dévoilé une dizaine d’investissements dans le 5G / la Wifi-6, les processeurs analogiques et d’autres. Si Xiaomi n’a pas autant de succès de Huawei en matière de développement de processeurs, l’entreprise reste très active pour résoudre sa faiblesse sur ce segment. En 2018, Xiaomi a mis en place un fond d’investissement qui en 2 ans a investi dans une vingtaine d’entreprises du secteur (voir le tableau dans l’article). Selon la direction, Xiaomi se contente de prendre des petites participations et laisse se développer les petites entreprises. Notons enfin que BYD renforce également son portfolio en matière d’entreprises du secteur, en particulier pour ses ambitions de voitures autonomes. (Yicai)

Petite ligne bonus : nous parlions de l’échec de la tentative de prise de contrôle de la société britannique Imagination, spécialisée dans les processeurs ‘IA’ (Passe Muraille n°57). La China Reforms Holding explique ‘noir sur blanc’ sur son site internet que le but du rachat était le transfert des technologies vers la Chine, contrairement à l’engagement passé avec l’ancienne direction et le gouvernement britannique (Twitter).

Brèves

Vie privée et lutte contre le coronavirus, un conflit inévitable

Long format par “Rhinofinance” publié par (AISociety) sur les différentes applications et techniques de surveillance utilisées dans la cadre de la lutte contre le COVID-19. La section la plus pertinente de l’article est celle mentionnant “l’après COVID” : en Chine, certains municipalités (en l’occurrence Guangzhou) réfléchiraient à des options pour convertir ou du moins s’inspirer des codes santés pour d’autres applications.”

Zone pilote pour le développement de nouvelles bases industrielles

Le ministère de l’industrie publie sur WeChat l’évaluation des nouvelles “bases industrielles de nouveau type” (国家新型工业化产业示范基地) lancées en 2019. L’évaluation repose sur la qualité des industries présentes dans ces “bases industrielles” : respect des réglementations de sécurité et environnementale, taux de valeur ajoutée créée par produit, etc. 381 de ces bases existent dans le pays. La liste complète des zones évaluées est disponible dans l’article.

Affaires extérieures

L'essentiel

Entre feu des critiques et feu de la rampe

Dans un entretien en chinois, le président de la délégation de l’Union européenne en Chine Nicolas Chapuis a rendu compte du pan européen de la crise sanitaire. Si le sommet UE-Chine prévu en septembre reste pour l’instant incertain, il assure que les négociations de l’accord sur les investissements (27ème round) avancent toujours.

Le MERICS et Rhodium Group ont d’ailleurs publié un rapport sur les investissements directs étrangers chinois en Europe pour 2019. Si les IDE ont globalement chuté, les produits de consommation et les services sont restés les cibles principales des investisseurs, le rapport soulignant également la très faible proportion d’investissements émanant d’entreprises (officiellement) publiques. À noter que les collaborations avec les entreprises, les universités et les gouvernements européens dans la recherche et le développement ont, quant à elles, progressé.

Le gouvernement estonien a également publié son rapport annuel sur la sécurité qui souligne l’intérêt grandissant des services de renseignement chinois pour le pays, notamment depuis son adhésion à l’OTAN et à l’UE en 2004, et son accession en tant que membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU en janvier 2020. Le rapport mentionne aussi les enjeux stratégiques de l’Estonie dans le développement des nouvelles routes de la soie en Scandinavie.

Plus à l’Ouest, le quotidien Die Welt, en dépit de l’absence de confirmation officielle, a accusé le gouvernement chinois d’avoir poussé des officiels allemands à faire l’apologie de la gestion de la crise par la Chine. Cette dernière a réfuté et réitéré sa volonté de ne pas entrer dans une “guerre de propagande” face aux dénonciations de plus en plus vocales du côté de l’Europe. Si le président tchèque a rencontré l’ambassadeur chinois local afin de remercier formellement la Chine pour son aide (les voix critiques dénoncent un business juteux), en France par exemple, l’ambassadeur chinois a été rappelé à l’ordre par Jean-Yves Le Drian, accusé de propager des fausses informations diffamatoires en dissonance avec la “qualité de la relation bilatérale” entre les deux pays. Emmanuel Macron a d’ailleurs rétorqué directement à l’occasion d’un entretien au Financial Times dans lequel il fustige le manque de transparence du gouvernement chinois. La Chine a bien sûr réfuté avoir masqué toute donnée.

Alors que la presse chinoise couvre largement le retrait de Donald Trump de l’OMS et rapporte les réactions de condamnation de la décision côté européen et le soutien réaffirmé à l’organisation internationale, il semble de plus en plus indéniable que la crise représente une opportunité inestimable pour le gouvernement chinois d’amener son idéologie sur le devant de la scène diplomatique.

L'essentiel

L’APL a rempli sa mission de lutte contre le COVID-19

L’armée a enfin terminé sa mission, selon les médias chinois. Xi Jinping a signé un décret visant à féliciter l’APL pour son engagement dans le combat contre le coronavirus au cours des derniers mois (MOST). Engagée sur différents fronts, notamment sur les plans des soins médicaux et de la recherche, l’armée est désormais appelée à se retirer (DTT). Elle aurait achevé avec succès la mission “mener la bataille, zéro infection” (“打胜仗、零感染”) en réalisant le diagnostic de 7198 personnes, grâce au déploiement à Wuhan d’un premier lot de 3 équipes de 450 personnes le soir du Nouvel An chinois, puis, sur la période du 25 janvier au 8 mars, d’un total de 346 équipes sur l’ensemble du territoire dont 42 600 personnes sur Hubei et Wuhan. Officiellement, aucun soldat de l’APL n’a été atteint du COVID 19, et les termes soigneusement choisis des communiqués ici traduits ne donnent pas la moindre information sur des martyrs de l’armée.

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