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Passe Muraille n°64 – semaine du 25 mai

Passe Muraille n°64 – semaine du 25 mai

Editorial

Nouvelle semaine, nouveau Passe Muraille. Ce nouveau numéro se focalise sur les problématiques intérieures, et nous ne reviendrons pas sur le discours de Donald Trump du vendredi 29 mai, ni sur l’opposition hongkongaise au projet de loi sur la sécurité nationale dont nous avons parlé la semaine dernière. Ces deux sujets sont largement analysés dans la presse. Au menu donc, un morceau du nouveau code civil, les étudiants chinois bloqués à l’étranger, les nouvelles infrastructures et bien sur les relations sino-européennes présentées par Quentin Genaille.

Nous remercions Quentin Genaille, qui rédige la partie “relations sino-européennes” et Clémence de Gail pour la relecture.

Bonne lecture,

Pierre,

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Affaires intérieures

L'essentiel

Deux sessions - suite et fin

Les deux sessions se sont achevées mardi et mercredi avec la définition des objectifs économiques pour l’année et la publication des principales décisions de la semaine passée. Au-delà de la question hongkongaise, sur laquelle nous ne reviendrons pas cette semaine, d’autres sujets de société nous paraissent intéressants. Tout d’abord, nous le mentionnions, la Chine s’est désormais doté d’un code civil, après 6 ans de travail. Ce code civil, s’il devrait garantir certains droits et libertés, a d’ores et déjà fait parler de lui en ce qui concerne les divorces. En effet, le texte prévoit une période de “réflexion” (cool off period – 冷静期) de 30 jours avant de commencer la procédure afin de laisser aux couples le temps de “réfléchir” aux conséquences d’un divorce. Cette disposition, prévue pour “éviter les divorces irréfléchis” risque surtout de faire baisser le taux de marriage. En tout cas son impopularité a été rapidement perçue en ligne vu les débats qu’il suscite. Plus généralement, SixthTone a produit une excellente explication et infographie qui explique les conséquences de ce code pour le citoyen chinois.

La Chine a-t-elle abandonné ses étudiants à l'étranger ?

L’épidémie de coronavirus a eu un impact conséquent sur les déplacements internationaux et de nombreux étudiants chinois à l’étranger se sont retrouvés livrés à eux mêmes. En effet, contrairement à l’Inde, que les internautes chinois les plus nationalistes aiment critiquer et moquer, la République populaire de Chine n’a pas mis en place de vols de rapatriement. Ainsi, comme nous en parlions il y a plusieurs semaine, les étudiants chinois à l’étrangers, qui pour une partie d’entre eux sont (étaient) de fervents soutiens du PCC, ont connu une certaine désillusion. En effet, le récit du PCC est que “la patrie n’abandonne pas les siens”, mais dans les faits, c’est ce qui s’est produit. Avec sa politique “five one” (五一) qui restreint dramatiquement les liaisons aériennes au point que Etats-Unis et Union européenne soient furieux, les billets d’avions vers la Chine s’arrachent pour plusieurs centaines voire milliers d’euros (début juillet, des vols Paris-Pékin s’achetaient à plus de 2000€). Des étudiants ayant acheté de tels vols se sont ensuite retrouvés bloqués dans des pays tiers. Une histoire virale sur Weibo racontait le calvaire d’une fille partie d’Angleterre finalement bloquée en Biélorussie depuis plusieurs jours, sans réaction de l’ambassade. Certains étudiants qui finissent finalement par rentrer sont accueillis par les insultes et le mépris des internautes nationalistes, qui les considèrent comme des traîtres (pour être partis à l’étranger), qui mettent en danger le pays (en ramenant le virus depuis leur lieux d’études). Comme si cela ne suffisait pas, un député chinois de la Commission politique consultative du peuple proposait que les étudiants revenant de l’étranger n’ayant pas terminé leurs diplômes pourraient entrer dans les “écoles techniques” (écoles spécialisées dans l’enseignement de compétences techniques). La proposition du député a été accueillie avec colère et il s’est rattrapé en expliquant que cette proposition ne ciblait que des étudiants en difficulté. Néanmoins, cette saga des étudiants bloqués à l’étranger représente pour certains étudiants un problème de légitimité de l’Etat et du gouvernement, dans la mesure où l’une des missions de l’Etat est bien sur la protection des citoyens.

Economie

L'essentiel

Objectifs pour l'année 2020

Le 29 mai, Li Keqiang a présenté les missions importantes du travail du gouvernement de l’année 2020. Pour le premier ministre chinois, “nous sommes en mai et le temps presse”. Ainsi, le Conseil des Affaires de l’Etat a attribué 51 tâches dans près de 45 domaines. Comme nous l’expliquions la semaine dernière, la priorité gouvernementale telle que reflétée par le rapport de travail va au maintien de l’emploi et au soutien à l’économie. Ainsi la tâche prioritaire est la répartition des fonds réservés au soutien de l’économie, l’émission des obligation spéciales, la réduction des charges fiscales, etc. Li Keqiang a insisté sur le besoin pour les collectivités locales d’agir vite. Pour s’assurer la bonne utilisation des fonds, le premier ministre a parlé d’une “nouvelle voie” (新路子) : des comptes spéciaux seront créés pour cette occasion, afin que les fonds qui y sont versés soient ensuite directement transférés aux entreprises. Un “mécanisme de contrôle” sera aussi mis en place via la banque centrale de Chine ainsi que d’autres autorités financières. Si le gouvernement n’a pas, comme nous l’avons expliqué, annoncé d’objectifs de croissance pour cette année, Li Keqiang a déclaré que “se focaliser sur les six garanties” et les “six stabilités” constituent les principaux objectifs en termes de développement économiques. Le discours de Li Keqiang confirme la gravité de la situation économique, justifiant selon lui la “compression de la plupart des dépenses non essentielles” (dans le budget central) et enjoint les autorités locales à se focaliser sur le plus important.

Nouvelles infrastructures

Une partie de la relance chinoise prendra la forme d’investissements dans les “nouvelles infrastructures” (新基建). Les nouvelles infrastructures correspondent aux bases de données et serveurs, 5G, internet industriel, intelligence artificielle et “smart city”. En un mot, le gouvernement compte financer une modernisation massive des équipements et infrastructures “IT” du pays. Ce projet particulièrement ambitieux représente des centaines de milliards de dollars de commandes pour les grandes entreprises (chinoises) du secteur : Huawei, Alibaba, Inspur, et bien d’autres. Toutefois, il faut encore relever de nombreux défi, comme par exemple développer les bases de données nationales. Aux yeux des autorités, les fournisseurs étrangers (Oracle, IBM, MySql, SAP) détiennent une part trop importante sur le marché chinois, alors que leurs compétiteurs nationaux détiennent à peine 7% du marché. Il n’existe pas actuellement de contrainte pesant sur les entreprises chinoises pour faire appel à des entreprises locales et les géants étrangers restent prépondérant y compris au sein de l’armée, du gouvernement des grandes entreprises. Ainsi, durant les deux sessions, le député Tan Jieqing (檀结庆) a proposé de renforcer les mesures de soutien aux entreprises chinoises de ce secteur, à travers un fond de guidage,  de capitaliser sur les expériences menées avec HotDB dans le domaine financier et enfin de mettre en commun les technologies et informations des entreprises chinoises pour que les entreprises puissent mieux innover.

Un autre aspect de cette course aux nouvelles infrastructures est révélé par un article de Jiqizhineng qui s’intéresse au manque de “talents” disponibles pour construire et développer ces infrastructures. L’article de Jiqizhineng donne un aperçu des salaires moyens dans le secteur, avec notamment un tableau résumant les rémunérations moyennes par poste dans le secteur. En particulier, les compétences les plus demandées sont celles de la gestion de base de données et dans les télécommunications (通信), l’algorithmique est également un secteur porteur. Sans surprise, les provinces qui recrutent le plus sont le Guangdong (n°1), la région de Pékin (n°2) puis le Jiangsu et Shanghai (n°3 et 4).

Brèves

Reconfiguration de la géographie économique

Yi’ou nous gratifie d’un article intéressant sur les mutations de la géographie économique. Selon ce média et centre de recherche non gouvernemental chinois, le Sud du pays devient plus attractif pour les entrepreneurs que le Nord. Et pour cause, de nombreuses PME sont attirées par les politiques plus accommodantes des provinces du Guangdong, du Zhejiang, du Jiangsu ou encore de Chongqing (ces provinces sont souvent considérées comme appartenant au “Sud”) : loyers préférentiels, villes plus vivables, mais aussi écosystèmes industriels et spécialisations régionales plus attrayantes. Yi’ou se penche donc sur cette réorganisation spatiale du travail au sein du pays : de “l’Est fort et l’Ouest faible” (东强西弱) au “Sud ascendant et le Nord descendant” (南升北降). Cette tendance s’observe tout d’abord à travers les mouvements de population : parmi les 16 provinces qui “perdent” des habitants, 10 sont au Nord du pays, de même pour celles qui enregistrent une sortie net de capitaux. Plus généralement, les provinces du “Sud” contribuent à plus de 60% du PIB chinois et l’écart s’accroît.

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Industries et Technologies

Brèves

Tencent

Tencent a annoncé un investissement de près de près de 65 milliards d’euros sur cinq ans pour développer les “nouvelles infrastructures”. En particulier, l’entreprise va investir dans le cloud, l’intelligence artificielle, les supercalculateurs ou encore la cybersécurité, la 5G, l’IoT etc. Sur les serveurs, l’entreprise veut déployer des datacenters qui regrouperaient un million de serveurs sur le territoire. Tencent veut travailler avec la communauté scientifique chinoise et soutenir cette dernière dans la R&D. Les centres de recherche de l’entreprise seront mis à contribution, comme celui de “Youtu Lab” (优图实验室), AI Lab, “WeChat AI Lab”, etc. Ces efforts permettront de soutenir l’éducation en ligne, alors que l’entreprise travaille déjà avec 30 département municipaux et fournit ses services à près de cent millions d’écoliers. Dans la blockchain, les investissements visent à continuer le développement de technologies utilisées dans la finance, dans l’émission de facture et reçus numériques, ou encore dans les archives juridiques. Dans le domaine de la sécurité, Tencent s’appuiera sur son réseau de laboratoire et partenaires (voir la fiche de l’entreprise) pour proposer ses solutions de cybersécurité. Enfin, des investissements seront consentis dans les domaines de pointe, dans le “edge computing”, l’ordinateur quantique, la robotique, etc.

L’industrie ``noire” de l’internet

Cette industrie fait travailler près d’1,5 millions de personnes et génère plus de cent milliards de CNY de revenus, et pourtant elle est mal comprise. Huxiu se penche sur “l’industrie sombre” (黑产 plus exactement “production noire”) et fait référence aux fraudes, à la vente d’informations obtenues illégalement, aux pyramides de ponzi, etc. On divise généralement cette industrie en deux : avec d’une part les activités qui ciblent les individus et celles qui visent les entreprises. Les individus sont bien entendu les plus touchés. Or, comme le note Huxiu, l’évolution technologique entraîne inévitablement un jeu du chat et de la souris entre les criminels et les autorités, les premiers ayant souvent une certaine “avance”. Pour mieux comprendre comment les sociétés se protègent, Huxiu a interviewé le vice président d’Ant Financial, directeur du laboratoire de cybersécurité de Alipay Zhao Wenbiao (赵闻飙). Il revient sur le modèle de gestion des risques intitulé “IMAGE” (Interactive Risk Management (交互式风控), Multi-Party Risk Management (多方风控), Artificial Intelligence (人工智能), Global Security Network (全球安全网络), Edge2Cloud Cooperation (端云协同风控). L’idée, si elle peut être résumée en quelques mots, est d’être plus vigilant sur l’ensemble de la chaîne de transaction pour permettre une meilleure veille, une meilleure réponse et enfin de briser la tendance des données “en silo” (信息孤岛). L’intelligence artificielle est un outil précieux pour évaluer des “groupes de transaction” dans le cas de fraudes, c’est notamment le cas de “AlphaRisk”, l’algorithme d’Alipay. Ainsi cet algorithme permettrait de contrer des individus utilisant plusieurs terminaux pour conduire leurs transactions.

Hisilicon, SMIC et les autres

La semaine dernière nous avons longuement discuté des conséquences des nouvelles restrictions américaines à l’encontre de Huawei. Ainsi, bientôt privé de l’accès aux fonderies de TSMC, Hisilicon devrait se tourner vers SMIC pour une partie de sa production (en particuliers les processeurs avec une finesse de gravure supérieure à 10 nm, que SMIC sait réaliser en nombre suffisant). La nouvelle n’a pas fait que des heureux. En effet, les “petits producteurs” voient leurs commandes repoussées ou annulées. Dans l’industrie des semiconducteurs, les fonderies donnent en général la priorité aux grosses commandes, qui sont plus rentables. Néanmoins SMIC s’est illustré, selon les personnes interviewées dans l’article, par son manque de tact et ses plans d’expansion “peu rationnels”. “En reportant ses commandes de wafer en 12 pouces ou 8 pouces sur SMIC, Hisilicon a ainsi occupé la quasi totalité du carnet de commande de celle-ci, et pour les PME qui ne peuvent faire fabriquer leurs processeurs, “c’est la fin” explique un chef d’entreprise, parlant d’une “grande colère contre Hisilicon dans l’industrie, mais qui ne peut s’exprimer”. Ainsi un représentant explique que seule 10% de sa commande passée chez SMIC pourra être honorée cette année. Si SMIC a bien sûr des plans et commencé à augmenter ses capacités de production, certaines PME de la filière devront probablement revoir leurs plans pour les mois à venir.

Kuaishou et Jingdong s’allient dans le e-commerce

Kuaishou (快手) et Jingdong Retail (京东零售) ont annoncé un partenariat pour développer le e-commerce sur la plateforme de vidéo courte et live streaming. Une annonce intéressante alors que Kuaishou compte une base d’utilisateur relativement plus “campagnarde” et moins éduquée que son concurrent Douyin. Mais selon 36Kr, la popularité croissante de Kuaishou l’a amené à diversifier sa base d’utilisateur, dont une partie importante demande aussi un choix de produits de gamme plus élevée. Dans tous les cas, entre les 16 et 18 juin, un festival de e-commerce sera organisé sur kuaishou avec l’aide de Jingdong, pour lancer le partenariat.

See Also

Affaires extérieures

L'essentiel

Chine - Europe

Par Quentin Genaille

Malgré la crise et les tensions politiques, la Chine continue son opération séduction en Occident. En Croatie par exemple, la construction d’un pont stratégique par une entreprise chinoise a provoqué l’ire de constructeurs privés qui y voient de la concurrence déloyale. Catégorisé sous l’éventail des nouvelles routes de la soie, le projet semble toutefois respecter les normes environnementales et solliciter de la main d’œuvre locale pour l’assemblage, selon China Dialogue.

Cette semaine est marquée par l’annonce d’Angela Merkel qui a qualifié les relations avec la Chine de “priorité de la politique étrangère” tout en reconnaissant les efforts de la Chine dans sa quête de leadership à l’international.

Cette prise de position concorde avec la volonté de maintenir le dialogue entre l’UE et la Chine, qui devraient s’entretenir lors d’un sommet par visioconférence fin juin. Le sommet de Leipzig prévu pour septembre prochain est quant à lui toujours sur la sellette, Berlin redoutant de ne pas pouvoir l’organiser physiquement. Une détermination toutefois bienvenue selon China Daily, qui dépeint l’Europe comme un allié dans cette nouvelle “guerre froide”, et comme indépendante face aux velléités coercitives des États-Unis. Si Jean-Yves Le Drian ne s’est pas dit prêt à y prendre part, un tel point de vue laisserait presque penser que pour la Chine, les nouvelles routes de la soie sont autant une manœuvre pour exercer son contrôle sur la majeure partie du globe qu’une manière d’ostraciser les Américains.

Pourtant, les sujets de discorde continuent de proliférer tant à l’échelle européenne que nationale. En Belgique, le député nationaliste flamand Theo Francken a reçu une lettre de l’ambassadeur chinois local suite à son appel à une enquête indépendante sur l’origine du virus auprès de son Parlement. Au diplomate, outré par cette “stigmatisation” et la “politisation” d’un sujet scientifique justifiées par “l’incompétence” de la Belgique face à la crise, le député a répondu avec ironie et réaffirmé sa requête.

Au niveau européen, une enquête interne va être lancée afin d’identifier le personnel impliqué dans les récentes fuites dont le service d’action extérieure a été victime vis-à-vis des rapports publique et interne sur la désinformation chinoise. Le porte-parole de l’agence européenne a refusé de donner plus de détails alors que dans le même temps, le doute s’installe quant aux accusations de cooptation avec la Chine visant l’ancien diplomate allemand Gerhard Sabathil.

Angela Merkel a toutefois exprimé son désir de maintenir ses relations économiques avec Hong Kong, à l’instar de Josep Borrell qui, au nom de l’UE, s’est montré peu enclin à engager des sanctions économiques contre la région (contrairement aux Américains). Vendredi, le ministre des Affaires Étrangères allemand s’est quand même montré solidaire envers Borrell qui a averti qu’il ne laisserait pas l’autonomie de Hong Kong s’éroder, un sujet dont il n’est pas fait état par le MAE chinois lors de l’appel entre l’UE et la Chine plus tôt dans la semaine. De son côté, le président serbe aurait envoyé une lettre à Xi Jinping saluée par les médias chinois qui, si cela se confirme constituerait le premier soutien public à la politique de sécurité par un pays européen.

Le journaliste Noah Barkin, qui critiquait la faiblesse de la position de l’Europe, réaffirme cette semaine qu’il s’agit pour l’Union de protéger ses valeurs sur la scène internationale mais que “du point de vue de ses intérêts, elle ne va sûrement pas le faire”. Il serait dès lors essentiel de faire comprendre aux investisseurs que le business à Hong Kong dépend plus de l’État de droit que de la mainmise du PCC, selon lui.

Le ministre des Affaires Étrangères chinois Wang Yi s’est par ailleurs entretenu avec le conseiller diplomatique français Emmanuel Bonna, soulignant la haute “coopération” entre la Chine et la France, notamment lors de l’assemblée à l’OMS de la semaine dernière. Le ministre a également mentionné le rôle des deux pays dans leur relation tripartite avec le continent africain ainsi que le “respect” de l’initiative chinoise à Hong Kong par la France, cette dernière “n’ayant aucune intention d’intervenir dans les affaires [de la région]”.

S’agissant d’un positionnement peut-être un peu trop stratégique pour un simple conseiller, il est nécessaire de prendre du recul sur cette information. Certains observateurs ont appelé l’Elysée à réagir, sans réponse officielle à ce stade. Par ailleurs, le sinologue François Godement évoque l’inquiétant écho de la déclaration jusque dans les médias francophones, reflétant le pouvoir du narrative chinois. Ces inquiétudes corroborent un graphique impressionnant publié par le think tank tchèque CHOICE montrant que le nombre de comptes Twitter d’ambassades chinoises en UE est passé de 5 en 2018 à 28 en 2020.

Brèves

Kenya

Le média Ifeng revient sur une controverse au Kenya. Les autorités judiciaires kenyanes auraient proposer “d’arrêter les projets ferroviaires du pays exploités par des sociétés chinoises”. En l’occurrence, le différent est autour de la Mombasa–Nairobi Standard Gauge Railway. Au coeur de la controverse les revenus jugés trop faibles. Un imbroglio politico-juridique est en cours pour savoir si il faut étendre la concession ou au contraire l’annuler.

Affaires militaires

L'essentiel

Entraînement et COVID-19

Durant les deux sessions, Xi Jinping a rencontré la délégation de l’Armée Populaire de Libération. Il a insisté sur le maintien des objectifs de la défense chinoise tout en maintenant les mesures de prévention contre le coronavirus. Il a demandé à l’armée de renforcer et d’accélérer l’entraînement, et de maintenir la préparation pour la guerre. Il a aussi ordonné de maintenir la “supériorité médicale” de l’APL, de renforcer le développement des vaccins et des médicaments. Par ailleurs, il a rappelé que l’épidémie avait prouvait que l’unité entre l’APL et le Parti etentre l’APL et le Peupletémoignentd’une supériorité politique certaine.

Brèves

L’artillerie automotrice Type-181

Le Type-181 est une artillerie automotrice montée sur camion, fortement similaire au Caesar. Sinorusdef y consacre un petit article. Les Type-181 remplaceront les Type-66, et promet d’offrir davantage de puissance de feu, davantage de manoeuvrabilité et de flexibilité. Là où les Type-66 peuvent tirer de 3 coups par minutes là où le nouveau Type-181 peut en tirer 6 par minutes. Par rapport aux équipements qu’il remplace, le Type-181 promet également un niveau de numérisation plus avancé. Surtout, le Type-181 permet de compléter les obusiers Type-05, obusiers automoteurs lourds. Le “petit” Type-181 fait seulement la moitié du Type-05, avec 25 tonnes il peut rentrer dans les Y-9 de l’armée de l’air chinoise et est plus adapté au transport ferroviaire. Le progressif déploiement du Type-181 permettra aussi d’harmoniser les calibres dans l’armée : les 130 et 152 mm seront progressivement remplacés. Il ne restera que du 122 mm et du 155 mm. Pouvant être opéré par 6 hommes au total, il permettra un gain de mobilité en particulier dans les hauts plateaux de Gobi ou du Tibet.

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