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Passe Muraille n°66 – semaine du 8 juin

Passe Muraille n°66 – semaine du 8 juin

Editorial

Pas de commentaires particuliers cette semaine, allons droit au but.

Nous remercions Quentin Genaille, qui rédige la partie “relations sino-européennes” et Clémence de Gail pour la relecture.

Bonne lecture,

Pierre, rédacteur du Passe Muraille

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Affaires intérieures

L'essentiel

Histoire officielle du COVID-19

L’Etat-parti a publié dimanche dernier un “livre blanc” de l’histoire de l’épidémie de COVID-19 en Chine. Ce document de 37 000 caractères constitue “l’histoire officielle” du COVID, relate le déroulement de l’action gouvernementale et fait la part belle aux réussites de l’exécutif. Bien entendu un certain nombre de faits et de questions sur les origines de l’épidémie, la gestion locale, les imbroglios et conflits administratifs sont laissés de côté. Mais la publication du rapport est une “preuve” de la confiance du gouvernement dans sa gestion de l’épidémie.

Toutefois, une ombre plane sur le tableau, depuis quelques jours il semble que le sud de la capitale abrite un nouveau foyer. Ainsi, le 13 juin, 45 cas asymptomatiques ont été détectés sur le marché de Xinfadi, dans le sud de la capitale. Le marché a été bouclé dans la nuit selon Caixin alors qu’une désinfection massive est mise en place. Ce foyer a été détecté entre les 11 et 12 juin après qu’une personne ayant fréquenté le marché ait eu des symptômes. Après que cinq cas aient été enregistrés en quelques jours, les autorités du district de Fengtai ont pris les mesures nécessaires : tests massifs, isolement des malades, nettoyage des zones infectées, fermeture des écoles, etc. Une image a beaucoup circulé sur Weibo, qui illustre plutôt bien l’état d’esprit d’une partie de l’opinion publique nationaliste : une personne reçoit sur son compte weibo un message de l’agence AP l’enjoignant de partager des images de la situation au marché de Xinfadi. La personne répond en renvoyant des images du meurtre de George Floyd par la police, accompagné du message “j’ai vu un policier étrangler un malade du covid”. S’il ne faut pas faire de cet image un symbole, elle donne le ton d’une partie de l’opinion, viscéralement anti-américaine.

Xi Jinping en inspection

Le président Xi Jinping s’est rendu en début de semaine dans la province du Ningxia. Les images et vidéos de propagande ont commencé à apparaître à partir du mercredi 10 et jeudi 11 juin. Outre une attendrissante photo et un commentaire exalté de Xi Jinping face à un bovin, les thèmes abordés sont classiques : la majorité de la tournée est consacrée à la lutte contre la pauvreté, qui, rappelons le, est au coeur du programme politique de Xi Jinping. Ainsi, du 8 au 10 juin, Xi Jinping a visité plusieurs villages, dont les habitants ont récemment été “relocalisés” pour se voir offrir de meilleurs logements. Il a ainsi visité les logements de la minorité ethnique Hui, pour s’enquérir de leurs conditions de vie. Il a rappelé que “tous les groupes ethniques de Chine doivent profiter du développement économique de  manière égale”. Pour un aperçu concret des conséquences de la politique de lutte contre la pauvreté sur les populations pauvres, voir le webinaire de l’Institute of Current World Affairs.

Le président Xi s’est également rendu dans une exploitation viticole du Ningxia. Son inspection a également traité de la protection de l’environnement, notamment la protection de la biodiversité du Fleuve Jaune. A cet égard, la communication reprend une des maximes favorite du président,  “les eaux et montagnes vertes sont des monts d’ors et d’argents” (绿水青山就是金山银山 – voir l’explication et l’origine de cette expression sur le ChinaMediaProject). En un mot, cette nouvelle formule, à l’origine employée par Jiang Zemin, rappelle que l’on ne peut sacrifier l’environnement sur l’autel du développement économique.

Brèves

Vers un renforcement de l’éducation politique dans l’enseignement ?

Le lundi 8 juin, le ministère de l’éducation nationale a publié un document ayant trait à la construction idéologique au sein des institutions de l’enseignement supérieur. Si il y a toujours eu en Chine un enseignement “politique et idéologique” à chaque étape de la scolarité d’un étudiant, avec la nouvelle ère, ces enseignements deviennent plus, voire beaucoup plus  “intensifs.” Pour citer le porte parole du ministère de l’éducation : “ce nouveau curriculum a pour but de guider les étudiants dans la construction d’une conscience politique saine et correcte”. Les cours incluront la pensée de Xi Jinping et d’autres éléments du marxisme léninisme.

Economie

L'essentiel

Tencent lance son “Tencent Credit” et s’attaque à Alibaba

Le Crédit Sésame d’Ant Financial est un score allant jusqu’à 850 qui évalue la “crédibilité financière” de l’utilisateur, du moins en fonction de ses habitudes de consommation en ligne et de son utilisation des services financiers de l’entreprise Ant Financial. Le Crédit Sésame est souvent confondu avec le fameux “système de crédit social”. On le qualifie souvent comme étant le score donné à chaque chinois “qui détermine place dans la société”. Si son statut est effectivement particulier, le Crédit Sésame donnait à Alibaba un avantage certain dans le domaine de la fintech. En évaluant la crédibilité des utilisateurs d’Alipay volontaires, et en leur offrant en contrepartie l’accès à un certains nombre de services financiers (micro-crédit, plan épargne) l’entreprise a renforcer sa position en tant que fintech. Mais Alibaba a désormais un concurrent : le crédit Tencent, enfin disponible après une gestation compliquée.

Le principe est le même que celui d’Alipay : développer un historique de la crédibilité des utilisateurs, matérialisé par  un score allant jusqu’à 850 (ou peut-être plus haut, mais Tencent n’a pas communiqué dessus). Pour le moment, le meilleur moyen de gagner des points est d’emprunter des batteries portables et de les reposer à leur emplacement (signe que vous respectez le matériel emprunté – un service décliné avec des purificateurs d’air, par exemple). Pour être tout à fait exact, il semblerait que le produit soit limité dans son déploiement : il n’est disponible que pour les utilisateurs vérifiés et n’a pas été mis en avant sur WeChat pour encourager une adoption massive par exemple.

Ainsi, dans un habile article de Huxiu, on comprend que la signification réelle de ce déploiement se situe dans la guerre prolongée que se livre Alibaba et Tencent dans la finance. En fonction de son score Tencent, l’utilisateur pourra accéder à l’un des 1038 services financiers partenaires, qui permettent par exemple d’éviter de déposer des garanties pour des locations. Mais Tencent vise plus loin, et compte bien rivaliser avec Ant Financial dans le domaine du crédit. Le service de micro-crédit Huabei (花呗) d’Ant a connu un succès impressionnant en permettant aux utilisateurs d’emprunter d’un mois à l’autre de petite somme (de quelques centaines à plusieurs milliers de RMB) ; chaque remboursement en temps voulu permet d’augmenter le score Sésame et d’emprunter plus la fois suivante. Tencent compte bien concurrencer Alipay sur ce point.

Et Tencent a bien fourbi ses armes : le nombre de paiement opérés sur WeChat Pay atteint aujourd’hui 2.5 fois ceux d’Alipay et la finance représente 27% des revenus de Tencent (contre 30% pour le jeu vidéo). Ainsi, même si Tencent Pay est lancé avec cinq ans de retard sur Alipay, il bénéficie d’une solide base d’utilisateurs potentiels. Pour Huxiu, si Tencent gagne sur le plan du nombre d’utilisateurs, Ant Financial aurait à sa disposition des données de meilleure qualité. En effet, sur le plan des habitudes financières de ses utilisateurs, Alipay offre davantage de profondeur grâce à l’intégration de mini-pogramme tels que ceux de Taobao (Alibaba) ou encore de Eleme (le service de livraison de repas d’Alibaba). Si Tencent a également développé ces programmes, avec notamment un partenariat avec Pinduoduo, l’écart reste important.

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Industries et Technologies

Brèves

Du rififi chez ARM

Le groupe ARM, spécialisé dans l’élaboration et le design de microprocesseurs et circuits intégrés, est en conflit avec sa filiale chinoise. En effet, Allen Wu, citoyen américain et directeur d’ARM China devait quitter son poste sur ordre de la “maison mère” à cause de doutes sur son intégrité et de conflits d’intérêts présumés. Selon Caixin, il serait accusé d’avoir lancé des partenariats ou investissements sans en informer les autres membres du directoire et serait également soupçonné d’avoir son propre fond d’investissement en parallèle de ses activités. Il semblerait toutefois que la branche chinoise du groupe a refusé le remplacement de son chef, arguant qu’ARM China est indépendante du groupe. La branche est effectivement une joint venture avec le fond d’investissement chinois Houpu (厚朴投资), qui a créé avec ARM une structure qui détient ARM Chine. Ainsi, ARM ne détient que 49% des parts dans ARM China. Selon Jiqizhineng, un des facteurs qui a pu amener à cette situation serait lié aux nouvelles restrictions américaines imposées à Huawei. La Chine compte pour près de 25% des revenus d’ARM et a plus de 200 clients dans le pays qui utilisent l’architecture de l’entreprise britannique. Elle avait également vendu un accès permanent à la licence ARM v8 à Huawei. En outre, la plupart des brevets sont détenus par ARM et non par son partenaire chinois dans la joint venture.

Alibaba, Cloud et DingTalk

Dans l’histoire de l’informatique, des couples sulfureux et féconds ont permis des avancées cruciales. C’est notamment le cas du couple PC + Windows, ou aujourd’hui ARM + Android,  deux couples qui allient hardware et système d’exploitation permettant le développement d’un écosystème prolifique. Il semblerait que dans le Cloud, Alibaba souhaite proposer son propre couple : AliCloud et DingTalk. (云钉一体). En effet, pour développer ses services de Cloud, Alibaba s’est rendu compte que le service était essentiel : fournir au client non seulement l’hébergement, la puissance de calcul mais aussi la possibilité de développer des applications compatibles. Ainsi, selon l’article de Huxiu, DingTalk est bien plus qu’un outil de communication, mais la pierre angulaire qui permet aux clients de développer de petits programmes compatibles avec le Cloud et spécifiques à leurs besoins. A cet égard, AliCloud se rapproche de ses concurrents américains, Amazon Web Service ou Azure, et de Microsoft, qui disposent de systèmes similaires.

Kuaishou & Cloud

Kuaishou, entreprise spécialisée dans le live-streaming et dans la vidéo courte a investi des centaines de millions de RMB dans la construction de datacenters dans la bourgade de Ulanqab (乌兰察布) en Mongolie intérieure. Cette ville abrite déjà des datacenters d’Apple, d’Alibaba et d’autres entreprises de la tech chinoise. Le projet de datacenter Kuaishou à Ulanqab devrait contenir 300.000 services, le positionnant sur le deuxième échelon (avec Baidu, Bytedance, JD, etc.) et donc après Alibaba et Tencent dont le nombre de serveur dépasse le million. La question est : pourquoi Kuaishou investit-t-elle dans ces infrastructures physiques ? Selon Leiphone et Huxiu, Kuaishou prévoit à l’avance son besoin en capacité de calcul et de stockage, puisque son activité est bien plus gourmande que celle d’un service de messagerie par exemple. De plus, comme Kuaishou propose également des services de e-commerce, les informations doivent être plus sécurisées. Enfin, c’est un moyen d’être moins dépendant des acteurs institutionnels du secteur, d’autant que la location de serveurs revient très cher à des entreprises dont la masse de contenu est en augmentation très rapide.

Vers une nouvelle ère du livestreaming

La diffusion en direct (livestreaming) a gagné en popularité en Chine depuis 2019, en particulier dans la vente de produits de consommation, et inévitablement, de produits de luxe. Ainsi, de plus en plus de marques de luxe ont recours au livestreaming pour doper leurs ventes. Toutefois, certaines marques se demandent si ce médium n’est pas un peu grossier ou “vulgaire” et si, pour se démarquer, il ne faut pas proposer une autre expérience de vente en direct. Ainsi, de plus en plus de célébrités entrent dans les salles de diffusion en direct, interagissent et discutent avec des animateurs, ce qui fait que le livestreaming ressemble de plus en plus à un talk-show.

See Also

Zhang Mofan (张沫凡) est l’une des pionnières qui a fait entrer le live streaming dans une “nouvelle ère”. Elle a lancé le premier “festival de produits chinois Zhang Mofan” le 26 septembre 2019, afin de promouvoir les produits fabriqués en Chine. Le chiffre d’affaires total a atteint 39,86 millions de CNY, ce qui prouve que les diffuseurs en direct peuvent également créer leur propre propriété intellectuelle. Le deuxième “Zhang Mo Fan Chinese goods festival” s’est tenu fin mai 2020, les vues sur ce sujet atteignant plus de 3 milliards sur Yizhibo. En outre, le nouveau programme de déballage “Mo Fan parle des produits chinois”, l’émission de variétés “Great Chinese goods” et d’autres émissions dérivées sont en cours de préparation. Cette tendance montre que l’intérêt des spectateurs et consommateurs s’est déplacé vers le contenu interactif, la fidélité des fans et l’expérience de l’utilisateur.

Affaires extérieures

L'essentiel

Chine - Europe

Par Quentin Genaille

La Chambre de commerce européenne en Chine a publié les conclusions d’un sondage effectué auprès des entreprises d’Europe opérant sur le territoire chinois. Sans surprise, le manque d’avancées concrètes et substantielles vers l’ouverture et la transparence du marché chinois est rapporté par une grande partie et certains sondés dénoncent même le fait de devoir faire face aux difficultés posées par un système administratif opaque, compliqué, voire discriminatoire. En général, le commerce en Chine est décrit comme de plus en plus difficile par la moitié des entreprises. Un autre rapport des Young China Watchers mentionne l’impact négatif de l’influence grandissante du PCC perçu par les personnes interrogées sur les politiques intérieures et extérieures, notamment en ce qui concerne les affaires commerciales.

Ces enquêtes illustrent bien la pression pour l’Union européenne et la Chine de s’accorder sur les investissements étrangers, un accord en négociation depuis 2013 censé être scellé en 2020 et victime du conflit systémique qui caractérise les relations UE-Chine depuis plusieurs mois. La question est d’ailleurs revenue lors d’un appel  entre Angela Merkel et Li Keqiang mais aussi entre Xi Jinping et Emmanuel Macron le 5 juin dernier (il n’est par contre pas fait état de la question de Hong Kong alors qu’un conseiller avait fait part de son soutien à la politique chinoise la semaine dernière).

Pourtant, il semble que le représentant de la diplomatie européenne refuse de qualifier la Chine d’ennemie. Revenant sur l’expression “rival systémique” utilisée l’année dernière par le Service européen d’action extérieure, Josep Borrell a réaffirmé que la Chine ne représentait pas une “menace à la paix mondiale”, et qu’on ne pouvait nier son rôle dans un monde multilatéral. Une approche qui ressemblerait presque à un pas en arrière, accueillie comme un pied-de-nez par la Chine qui y voit l’émancipation en cours de l’Europe vis-à-vis des États-Unis et le signe d’une coopération renforcée dans un monde post-COVID.

Borrell a en effet répété que la Chine “n’a pas d’ambitions militaires et qu’elle ne veut pas user de la force ni s’impliquer dans des conflits militaires” alors qu’un positionnement plus ferme de l’UE sur les questions de Hong Kong était attendu. Paradoxalement, celui-ci, avec Thierry Breton, a dénoncé la “naïveté” de l’Europe dans Le Figaro (terme  que Borrell avait déjà utilisé dans le JDD quelques semaines auparavant), témoignant une nouvelle fois des dysfonctionnements internes de la diplomatie de l’UE. La rhétorique de la “guerre froide”, également redondante, semble à la fois diviser et rassembler, Borrell martelant qu’il ne veut y prendre part alors que la Chine y fait des rappels réguliers notamment pour alimenter la théorie d’un front sino-européen contre les États-Unis.

C’est finalement la vice-présidente de la Commission aux valeurs et à la transparence Věra Jourová qui, pour la première fois, a  accusé sans détour la Chine d’être une source de désinformation, évoquant des “preuves” et “l’agressivité” de la communication chinoise. Cette annonce répond au récit chinois qui accuse de son côté les gouvernements étrangers de participer à une “pandémie politique”, insistant sur sa coopération avec l’Italie qui semble être le point d’entrée choisi par le PCC. Une nouvelle enquête a d’ailleurs démontré cette semaine l’explosion des comptes Twitter d’officiels chinois et de leur activité en constante augmentation alors qu’un article a étudié le cas de campagnes de propagande internes sur la mise en valeur de héros nationaux sponsorisée par Alibaba. Jourová a par ailleurs demandé aux principaux réseaux sociaux de partager régulièrement leurs outils de lutte contre la désinformation, une initiative à laquelle Tik Tok a également été invitée à participer.

Tik Tok avait déjà appelé la vice-présidente en avril pour se défendre de respecter les mesures de vie privée européennes et de lutter activement contre les fausses informations sur la COVID-19. Thierry Breton, commissaire au marché intérieur, s’est par ailleurs entretenu avec le nouveau PDG de la branche européenne de l’entreprise, Kevin Mayer, assurant que Tik Tok allait signer le Code européen de bonnes pratiques contre la désinformation. La nouvelle intervient alors que l’entreprise entend étendre son influence dans l’autre capitale mondiale du lobbying, Washington D.C., par la mise en place d’un second “centre de transparence” (Huawei en a déjà quelques uns en Europe).

L’OTAN s’est abondamment étendu sur les relations “détériorées” avec la Chine lors du lancement de la stratégie de renforcement de l’Alliance pour 2030 à Bruxelles. Là encore cela dit, le secrétaire général Jens Stoltenberg a affirmé que “l’OTAN ne voit pas la Chine comme le nouvel ennemi”, faisant écho à la position européenne. Celui-ci a d’ailleurs rappelé que l’OTAN n’était pas l’UE et que cette dernière ne pouvait remplacer une alliance militaire dont 80% des fonds émanent de non-membres de l’Union.

Deux jours plus tard, Stoltenberg a appelé le Royaume-Uni à protéger ses réseaux alors que le rôle de Huawei dans le pays est de plus en plus remis en question après que l’accès au réseau non-stratégique lui avait été autorisé en janvier dernier. Dans le même temps, l’application Zoom, basée aux États-Unis, est accusée une nouvelle fois d’avoir coopéré avec les autorités chinoises en supprimant des comptes de militants critiques de la Chine, laissant penser que les “différences de système” soulignées par Borrell ne seraient qu’un moyen de justifier l’inaction et la frilosité européenne à attaquer de front les problèmes d’ingérence étrangère.

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