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Pourquoi mon patron n’est-il jamais satisfait ?

Pourquoi mon patron n’est-il jamais satisfait ?

Qui ne s’est jamais plaint au moins une fois dans sa vie de son patron ? Trop exigeant, injuste, de mauvaise humeur, toujours en train de tout surveiller, les reproches n’en finissent pas ! Les dirigeants ne sont certes pas parfaits, et pourtant, sont-ils aussi tyranniques que nous les dépeignons ?

Pour le découvrir, Huxiu 虎嗅, média chinois spécialisé dans les informations commerciales et technologiques, a mené l’enquête. Fin juillet, un peu plus de 800 internautes ont participé à un sondage en ligne qui nous révèle les principales sources de conflits entre employés et employeurs, ainsi que leurs attitudes et valeurs au travail.

Le sentiment d’être harcelé

 

Premier constat : les salariés se comportent différemment avec leurs supérieurs et leurs collègues. Environ les deux tiers d’entre eux affirment ne pas être complètement satisfaits de leur patron, alors qu’ils jugent leurs relations avec leurs collègues plutôt bonnes.
Ensuite, 90% des personnes interrogées déclarent avoir déjà subi plusieurs comportements typiques d’intimidation sur leur lieu de travail : directives incohérentes, exigences déraisonnables, blâmes injustifiées ou surveillance excessive. Dans la plupart des cas, le mauvais manager est le N+1. Certains dénoncent un manque d’équité « Lors du versement de la prime de fin d’année, mon patron n’a pas respecté le principe ‘travailler plus, gagner plus’ et certains de mes collègues ont été traités avec trop d’indulgence ». D’autres accusent un manque d’organisation « Il n’y a aucune règle pour déléguer les tâches ».

63% des employés victimes déclarent avoir s’être défendu, principalement en protestant. Une majorité souhaite protéger ses droits et intérêts en tentant d’établir un dialogue d’égal à égal avec son patron. Cependant, en raison du manque de confiance, de la hiérarchie et de la crainte de représailles, un tiers des travailleurs préfère souffrir en silence.

Par ailleurs, il semble que les dirigeants n’aient pas autant conscience de la persécution au travail que leurs employés, ou du moins qu’ils n’en aient pas la même conception. Plus de la moitié des cadres interrogés affirment en effet ne pas considérer le fait de surveiller leurs salariés comme du harcèlement. Certains patrons vont même jusqu’à se sentir eux-mêmes intimidés lorsque leurs employés refusent de faire ce qu’on leur demande : « Mes subordonnés ne suivent pas mes habitudes de travail, je perçois leur attitude comme du rejet envers les tâches que je leur confie et je me sens moi-même intimidé » commente un dirigeant. D’après les données, les comportements des employés qui donnent le plus de maux de tête aux patrons sont le fait de se dérober en évitant ses responsabilités (51%), de ne pas terminer les tâches dans les temps (49%) et l’insubordination (39%).

Un regard différent sur le travail

 

La plupart des employés sont clairement en faveur du principe « Je travaille en fonction de combien je suis payé ». Par ailleurs, si certains considèrent le travail comme un simple gagne-pain, d’autres y voient un moyen d’exprimer leur créativité et de montrer leur valeur, ce qui explique parfois certaines frictions avec les dirigeants. Le travail a une signification différente pour eux.

Employés et dirigeants ont une attitude différente envers l’entreprise, ce qui peut parfois conduire à des malentendus. « Je refuse de gaspiller mes week-ends à assister à des formations qui plaisent à mes supérieurs, je veux défendre mon droit aux congés » déclare un employé. Un comportement que certains dirigeants verront comme un manque d’intérêt pour ce qui se passe dans leur entreprise. De même, certains employés ne comprennent pas pourquoi leur patron s’implique autant dans l’entreprise et consacre aussi peu de temps à ses loisirs, « Ce sont des bourreaux de travail, ils aiment faire des heures supplémentaires, n’ont pas de passe-temps, pas de vie. » Les dirigeants craignent cependant moins la pression au travail (21%) que leurs employés (44%), préférant une vie faite de défis et de changements. Bien qu’ils soient sujets à des sautes d’humeur, ils se sentent également moins frustrés que leurs subordonnés.

Les patrons sont-ils si grincheux ?

 

Parmi les comportements décrits par les personnes sondées, les tempéraments imprévisibles et le mauvais caractère semblent être monnaie courante chez les patrons. Les employés comprennent évidemment qu’ils soient sous pression mais se disent que cela est normal vu le poste qu’ils occupent. Les employés indiquent aussi avoir le sentiment que leur patron grossit leurs erreurs de manière inexplicable et excessive… une attitude parfois délibérée. En effet, beaucoup de managers estiment qu’il faut à la fois recourir à la carotte et au bâton au travail.

Faut-il pour autant obéir au doigt et à l’œil  ? À cette question, les avis restent partagés. Environ un tiers des employés pensent qu’il ne faut pas se conformer à tous les souhaits de de son supérieur contre près de la moitié pour les dirigeants, certains d’entre eux expliquent en effet qu’ils préfèrent que les employés leur disent directement leurs opinions.

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Alors, à quoi ressemble le patron ou l’employé idéal ? Pour les cadres, les qualités les plus appréciées chez les subalternes sont la capacité à mener à bien les tâches (76%), à travailler en équipe (42%) et la prise d’initiatives (40%). Les employés attendent quant à eux de leur supérieur qu’il ait le sens des responsabilités et sache gérer les affaires de l’entreprise (66%), et qu’il se montre juste (40%).

 

Employés et dirigeants sont-ils condamnés à être toujours divisés ? Il semblerait que non ! Une majorité de cadres et d’employés s’accordent sur le fait que l’argent est le meilleur moyen de mesurer le succès et aspirent à être respectés et reconnus par la société.

Titre original: 为什么我的老板永远不满意

Lien: ici

Traduction et synthèse: Amandine Dodo-Viennet.

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