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Passe Muraille n°100 – Passe-sanitaires, BYD & véhicules électriques, infrastructures

Passe Muraille n°100 – Passe-sanitaires, BYD & véhicules électriques, infrastructures

Editorial

Nous célébrons le 100e Passe Muraille, lancé il y a maintenant plus de deux ans. C’est l’occasion de vous remercie de nous lire semaine après semaine. Ce 100e numéro marque également la fin de la saison, puisque successivement, vos rédacteurs s’autorisent quelques vacances. Nous vous retrouverons à la rentrée pour de nouvelles éditions!

Le Passe Muraille est une newsletter hebdomadaire dédiée à l’actualité chinoise. Elle ne se veut pas exhaustive, mais représentative de sujets qui agitent le monde chinois mais ne reçoivent pas d’attention dans l’espace francophone. D’un monde à l’autre, à travers les murs, nous vous apportons une information unique. Attentifs à vos besoins, n’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires et retours, par email

Bonne lecture!

Noé & Pierre

Politique & société

L'essentiel

Vers un passe sanitaire national ?

La fin d’un système ou le début d’un nouveau ?

Il y a trois semaines, l’usage détourné des codes QR utilisés pour le contrôle épidémique par les autorités locales du Henan a déclenché une série de discussions et de réformes autour de la pérennité du système. Les premières mises à jour viennent du Conseil des Affaires de l’Etat qui modifie son mécanisme : jusqu’ici, son système de traçage national distinguait les quartiers d’une ville où une infection était reportée du reste de celle-ci. Concrètement, cette fonctionnalité servait souvent de prétexte pour des autorités locales qui ainsi peuvent refouler tout arrivant d’une ville “infectée”, quand bien même la personne n’habite pas dans le quartier touché. A titre de comparaison, un habitant de Drancy serait refouler de Lyon car un cas aurait été détecté à Bourg-la-Reine. Attention toutefois, ces aménagements ne visent pas à “relâcher” la politique zéro-COVID, mais bien à prévenir des abus des autorités locales.

 

Surtout, cet aménagement ne concerne qu’un système de passe sanitaire, en l’occurrence le plus “simplifié” de tous et le seul unifié à l’échelle nationale. Dès lors se pose la question : pourquoi il n’existe pas de passe sanitaire unique et unifié à l’échelle nationale ? Rappelant que les codes QR ont été construits au niveau local, les provinces ont en théorie conclu des accords de reconnaissance mutuelle (Shanghai s’engageant à reconnaître le système pékinois, par exemple), les autorités tentent cependant depuis deux ans de “forcer la centralisation du système” en demandant aux autorités locales de partager leurs données.

Cette volonté se heurte néanmoins à plusieurs problèmes : le premier est celui de l’infrastructure informatique. Si nombre de codes QR ont été conçus par le même groupe d’entreprise – au premier rang duquel AliCloud – le flot de données en constante augmentation nécessite une capacité de stockage importante. De plus, les conflits politiques compliquent la donne : le maintien du zéro COVID étant une priorité pour les cadres, il est plus simple d’en faire “trop” en matière de prévention épidémique plutôt que prendre le risque d’un foyer dans sa région. Dès lors, restreindre les déplacements est plus “sûr” que de faire confiance aux provinces voisines. Plus fondamentalement encore, les experts font remarquer qu’une politique de gestion épidémique cohérente est forcément “globale”, et implique donc de clarifier les responsabilités de chaque département. Une gageure au regard des luttes bureaucratiques en Chine.

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